Protection des informations
Protéger la propriété intellectuelle : zoom sur le colloque franco-chinois de l’ENM (2/2)
Vendredi 29 octobre 2010 | Evènement, Protection des informations | Un commentaire
Le Colloque Franco-chinois sur « la propriété intellectuelle, sa protection, ses fraudes : la lutte contre la contrefaçon », organisé par l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM), à Paris, le 20 et 21 octobre 2010 réunissait des spécialistes de la propriété intellectuelle : juristes français et chinois (Ecole Nationale des Procureurs de Chine), représentants des entreprises françaises (UNIFAB) (cf. l’article de présentation de mon intervention). Je partage avec vous quelques réflexions sur la contrefaçon.
La contrefaçon est une activité criminelle
Comme l’a rappelé le Procureur adjoint de Naples Fausto ZUCARELLI : « la résolution 55/25 de l’Assemblée générale de l’ONU (en date du 15 novembre 2000) rappelle qu’il est nécessaire de lutter contre la contrefaçon en coordonnant les efforts des États au niveau international ». En effet, la contrefaçon est non seulement une activité préjudiciable sur le plan économique, mais c’est aussi une activité criminelle. La contrefaçon se développe car c’est une activité « rentable » pour le criminel, « infiniment moins risquée et beaucoup plus rémunératrice par exemple que le trafic de drogue ». Elle sert à « financer les mafias » (Triades chinoises, Mafias russes, Camorra napolitaine, Yakuza japonais) et à « couvrir le blanchiment d’argent ». › Lire la suite
Protéger la propriété intellectuelle : zoom sur le colloque franco-chinois de l’ENM (1/2)
Jeudi 28 octobre 2010 | Evènement, Protection des informations | 2 commentaires
J’intervenais mercredi dernier au Colloque Franco-chinois sur « la propriété intellectuelle, sa protection, ses fraudes : la lutte contre la contrefaçon », organisé par l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM), à Paris, les 20 et 21 octobre 2010. Cet événement réunissait des spécialistes de la propriété intellectuelle : juristes français et chinois (Ecole Nationale des Procureurs de Chine), représentants des entreprises françaises (UNIFAB). Vous pouvez voir le programme, et mon intervention (L’Intelligence économique, outil de protection de la propriété intellectuelle).
L’intelligence économique : un outil de protection de l’entreprise ?
Au cours de ma présentation, j’ai essayé de mettre en relief les apports spécifiques de la démarche d’intelligence économique en matière de protection du patrimoine informationnel de l’entreprise. En effet, depuis vingt ans, la part des actifs tangibles dans la capitalisation boursière des entreprises industrielles est passée de 62% à moins de 25%… Aujourd’hui, la véritable richesse de l’entreprise ne repose plus prioritairement sur ses infrastructures, ses machines-outils ou ses bâtiments, mais sur sa capacité à maîtriser « l’immatériel ». La richesse patrimoniale repose principalement sur ce ce que l’on appelle « l’infovaleur » : savoir-faire techniques (« tour de mains »), gestion du portefeuille de compétences (GPEC), cohésion des équipes (team building), management des connaissances (Knowledge management), réseaux de distribution commerciale, techniques de vente, marketing, publicité, gestion des relations clients (CRM, SAV), contrôle de la qualité, respect des standards de la responsabilité sociétale et environnementale (RSE), protection de la propriété industrielle (dépôts de marques, de brevets, de dessins et modèles), image corporate et réputation des produits. › Lire la suite
Les amis de mes amis…
Vendredi 24 septembre 2010 | Knowledge management, Protection des informations | Pas de commentaire
Les conclusions d’une étude du cabinet Sophos de 2009, auprès de 500 entreprises françaises, montrent que 72% des firmes estiment que le comportement de leurs salariés sur les réseaux sociaux peut « mettre en danger la sécurité de leur activité ». Cette étude confirme que les réseaux sociaux sont devenus « l’un des principaux vecteurs pour la fuite de données et le vol d’identifiants » (article sur ZDNet). Des études similaires menées aux Etats-Unis par Proofpoint vont dans le même sens. Même si l’e-mail reste le principal vecteur de fuites de données confidentielles, 25% des entreprises interrogées enquêtent sur la divulgation d’informations confidentielles causées par des messages laissés sur des blogs, des sites de discussions et des réseaux sociaux (article disponible en anglais).
Une expérience récente menée par Bitdefender auprès d’un échantillon de 2000 personnes utilisatrices (toutes professions confondues) des réseaux sociaux consistait à soumettre une « friend request » (« une jeune femme blonde de 21 ans » qui demandait à « devenir ton amie »). Les résultats révèlent que 86% des usagers ayant accepté la demande de cette amie « test » travaillaient dans le secteur des technologies de l’information. La principale justification invoquée pour accepter cette demande était que « c’est une personne charmante » pour 53% des personnes interrogées… Après une demi-heure de test, 10% des utilisateurs ayant accepté la demande communiquaient des informations personnelles comme leur adresse et numéro de téléphone. Deux heures plus tard, 73% commençaient à révéler des informations de nature confidentielle : projet de nouvelles technologies, projets en développement, plans et stratégies (cf. l’article en anglais, sur BitDefender.com).
Ces conclusions montrent que si le Web social permet aux entreprises des détecter des opportunités, il est aussi un facteur de menaces pour le patrimoine informationnel. Autrement dit, les amis de mes amis ne sont pas toujours mes amis…
Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 24/09/2010
Ne pas tout dire à tout le monde, tout le temps…
Vendredi 10 septembre 2010 | Protection des informations | Pas de commentaire
A l’heure du Web 2.0, l’entreprise « ne peut pas ne pas communiquer ». Pour être compétitive, elle doit avoir des relations avec ses clients, ses fournisseurs, ses partenaires, et plus généralement avec l’ensemble des parties prenantes. Cela signifie qu’un filet de protection sur la communication externe des informations ne saurait avoir pour conséquence de transformer littéralement l’entreprise en « cage de Faraday ». La démarche méthodique de protection des informations reposera avant tout sur une posture intermédiaire, mesurée et équilibrée, c’est-à-dire « sans fausse naïveté, ni paranoïa ». Elle consistera notamment à inventorier le patrimoine immatériel de l’organisation pour pointer les informations les plus importantes. Elle permettra de déterminer la valeur propre de chaque information pour fixer des priorités de protection sur certaines d’entre elles. La protection ne peut être « chirurgicale ».
Une fois réalisée cette phase de marquage des informations à valeur ajoutée (on parle de classification), l’entreprise devra adopter une organisation et des procédures internes permettant de détecter d’éventuelles attaques extérieures ou des compromissions des informations sensibles (mise en place de veille, réalisation des tests d’intrusion…). Cette démarche de management de l’information stratégique consiste donc à inclure la sécurité de l’information dans le processus décisionnel. Elle revient à résoudre une équation simple : « Comment ne pas tout dire, à tout le monde, tout le temps ».
Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 10/09/2010
Charte de lutte contre la cybercontrefaçon
Mercredi 20 janvier 2010 | Actualité de l'IE, Protection des informations | Pas de commentaire
Nous publions ici les réflexions de Philippe Rodhain, Conseil en Propriété Industrielle, concernant la mise en place d’une charte de lutte contre la cybercontrefaçon :
« En cette période qui devrait confirmer l’omniprésence du commerce électronique, notamment dans l’échange et la revente de biens sur sur Internet, une Charte de lutte contre la cybercontrefaçon a été signée le 16 décembre dernier, sous l’égide des pouvoirs publics. Cette Charte associe titulaires de droits et plates-formes de commerce électronique, en définissant leurs modalités de coopération et les moyens à mettre en œuvre pour lutter contre la contrefaçon en ligne (cf.Liste des signataires).
Intelligence économique au Maroc
Mardi 22 décembre 2009 | Protection des informations, Renseignement commercial | Pas de commentaire
L’Intelligence économique est trop souvent présentée (à tort) comme un outil réservé aux grandes entreprises et l’apanage des seules économies développées. L’exemple marocain présenté par Abdelmalek Alaoui, associé gérant de « Global Intelligence Partners » dans l’émission « Intelligence économique » (janvier 2009) de France 24 est intéressant. Il pointe le fait que toutes les productions locales, y compris les plus artisanales, peuvent être durement concurrencées (cf. la production chinoise de babouches). Il montre aussi que les normes environnementales peuvent être instrumentalisées dans le cadre de la compétition internationale (cf. les polémiques concernant l’éco-impact du Port de Tanger-Med). Pour faire face à ces défis, A. Alaoui en appelle à l’émergence d’un modèle d’intelligence marocain qui permettrait de « Surveiller comme les chinois, analyser comme les français, agir comme les Anglo-Saxons… »
Mes traces sur la Toile
Lundi 7 décembre 2009 | Protection des informations | Un commentaire
Les dangers d’Internet concernant la vie privée et la gestion de son identité sont de plus en plus mis en lumière par les médias, et également par les hommes politiques (jusqu’à Barack Obama). Afin de replacer ces dangers à leur place, voici une étude intéressante à propos des traces laissées par les internautes sur Internet. Il s’agit d’un mémoire (Réputation numérique – Gestion de l’image de soi sur la Toile – Etude des traces laissées sur le Web par les internautes, revers et avantages) de Noam Perakis (66 pages), du Polycom Sawu Lausanne. Une très bonne introduction aux problématiques de « réputation numérique ».
Surveillez vos marques
Vendredi 4 décembre 2009 | Protection des informations | Un commentaire
Le présent billet est publié dans la Rubrique « Propriété intellectuelle » d’Aquitaine Presse Service (APS), je remercie personnellement Philippe Rodhain (intervenant au Master 2 professionnel « Intelligence économique et management des organisations ») pour son autorisation à diffuser ces réflexions:
« La marque est un signe qui doit permettre à une clientèle potentielle d’identifier l’origine commerciale des produits ou services de son titulaire. Cette identification n’est efficace qu’à la double condition que soient mis en œuvre les moyens permettant de la diffuser et ceux permettant de la protéger. Trop nombreux sont ceux qui supposent que l’enregistrement de leur marque constitue une garantie suffisante pour empêcher tout dépôt ultérieur d’une marque concurrente. Ils semblent ignorer qu’en France, comme dans bon nombre d’autres pays d’ailleurs, l’Administration ne vérifie pas la disponibilité des signes déposés à titre de marque, avec pour conséquence que deux marques identiques ou très proches peuvent être enregistrées, sans que leurs titulaires respectifs n’en soient informés.
Publier ses bilans
Vendredi 4 décembre 2009 | Protection des informations, Renseignement commercial | Pas de commentaire
La Loi fait obligation aux sociétés commerciales de publier chaque année leur bilan financier. Pourtant, certains chefs d’entreprise décident volontairement de ne pas respecter cette obligation légale. Ils préfèrent commettre sciemment un délit ; assorti il est vrai d’une sanction pécuniaire modeste.
Il existe plusieurs raisons « objectives » à la non publication des bilans. On peut vouloir dissimuler ses profits ou au contraire cacher des pertes. Mais le plus souvent, l’objectif est de ne pas dévoiler à la concurrence ses résultats, sa structure de coûts ou son positionnement sur le marché. En effet, dans un contexte hyper concurrentiel, le bilan offre de précieuses informations « ouvertes » aux spécialistes d’intelligence économique : poids des effectifs, masse salariale, outil de production, évolution du chiffre d’affaires, recours à la sous-traitance… Dans un environnement international, la volonté de secret des chefs d’entreprise français sera d’autant plus forte que les autres pays Européens ou les Etats-Unis n’imposent pas de règles de transparence aussi draconiennes que les nôtres.
A contrario l’absence de communication des résultats annuels peut engendrer des doutes de la part des clients, des fournisseurs ou des banquiers concernant la solvabilité de l’entreprise. Si le secret protège effectivement des indiscrétions, le secret peut aussi inquiéter les partenaires commerciaux…
Article paru dans Aquitaine Presse Service (APS), N° 1692
Intelligence économique : Airbus versus Boeing (2/2)
Mardi 10 novembre 2009 | Protection des informations, Renseignement commercial | Pas de commentaire
Après la présentation de cette « affaire » qui touche l’aéronautique, voici les vidéos du reportage sur le duel Airbus – Boeing de France 24, disponibles sur YouTube et la chaîne Flyteamege (Aéronautique & Intelligence économique) :
Catégories
- Actualité de l'IE (31)
- Bibliographie (15)
- Concepts et conceptions (54)
- Divers (1)
- E-Reputation (7)
- Evènement (23)
- Formation (10)
- Intelligence territoriale (11)
- Knowledge management (18)
- Lobbying (26)
- Méthode (6)
- Note de lecture (13)
- Outils pratiques PME/PMI (29)
- Politique publique (32)
- Protection des informations (56)
- Renseignement commercial (16)
- Veille stratégique (47)
- Web 2.0 (5)
Le Portail de l’IE
- Mentions légales 2, juillet 2011
- Qui sommes-nous? 29, juin 2011
Le blog IE des Echos
- Pour une politique industrielle de "conquête" 19, mai 2012
- Economie : voie rapide, sens unique ou voie sans issue 7, mai 2012
- L'anglais en entreprise : à consommer avec modération 23, avril 2012


