communication

War room

Samedi 12 novembre 2011 | Concepts et conceptions | Pas de commentaire

Les spécialistes de communication traduisent littéralement le terme War room par « cellule de crise ». Le recours généralisé à l’expression Anglaise permet surtout de souligner la topographie particulière et l’ambiance martiale d’une telle cellule. On met ainsi en exergue combien la détermination et la volonté sont nécessaires lorsqu’il s’agit de combattre la crise. En effet, la crise a pour propriété de brouiller les repères habituels des organisations. Elle va sidérer les équipes dirigeantes et déboussoler les décideurs. Elle modifie les canaux de communication externe et interne. Elle altère l’image et la confiance dans l’institution. Un tel chambardement radical d’environnement nécessite une réponse ad hoc appropriée: à circonstance exceptionnelle, organisation d’exception. C’est pourquoi la War room doit rassembler et concentrer toutes les forces de réaction d’une organisation. Sur le plan humain, elle devient un centre névralgique regroupant une équipe restreinte de gestionnaires et d’experts de la crise. Sur le plan logistique, elle nécessite un équipement approprié : des moyens de communication (téléphone, ordinateur, fax…), des bases de données sur les parties prenantes et les journalistes, des scenarii et des éléments de langage.

Dans une version plus offensive, il est toujours possible de constituer une War room pour promouvoir ses intérêts et détecter des opportunités: conquérir un marché, déstabiliser un concurrent ou influencer des décideurs publics.

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Ne pas tout dire à tout le monde, tout le temps…

Vendredi 10 septembre 2010 | Protection des informations | Pas de commentaire

A l’heure du Web 2.0, l’entreprise « ne peut pas ne pas communiquer ». Pour être compétitive, elle doit avoir des relations avec ses clients, ses fournisseurs, ses partenaires, et plus généralement avec l’ensemble des parties prenantes. Cela signifie qu’un filet de protection sur la communication externe des informations ne saurait avoir pour conséquence de transformer littéralement l’entreprise en « cage de Faraday ». La démarche méthodique de protection des informations reposera avant tout sur une posture intermédiaire, mesurée et équilibrée, c’est-à-dire « sans fausse naïveté, ni paranoïa ». Elle consistera notamment à inventorier le patrimoine immatériel de l’organisation pour pointer les informations les plus importantes. Elle permettra de déterminer la valeur propre de chaque information pour fixer des priorités de protection sur certaines d’entre elles. La protection ne peut être « chirurgicale ».

Une fois réalisée cette phase de marquage des informations à valeur ajoutée (on parle de classification), l’entreprise devra adopter une organisation et des procédures internes permettant de détecter d’éventuelles attaques extérieures ou des compromissions des informations sensibles (mise en place de veille, réalisation des tests d’intrusion…). Cette démarche de management de l’information stratégique consiste donc à inclure la sécurité de l’information dans le processus décisionnel. Elle revient à résoudre une équation simple : « Comment ne pas tout dire, à tout le monde, tout le temps ».

Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 10/09/2010

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“Perception management” ou manipulation ?

Vendredi 23 juillet 2010 | Concepts et conceptions, Lobbying | Un commentaire

Le “management de la perception” (perception management) regroupe  l’ensemble des actions légales permettant de modifier la perception d’une personne ou d’une organisation, afin de lui faire intégrer ou accepter un ensemble d’informations ou de valeurs. Ces techniques de communication font partie intégrante de l’Intelligence économique car elles permettent de renforcer la position d’une entreprise, d’un produit ou d’une marque en influençant durablement les consommateurs.

Avec ce type d’approche sophistiquée, il ne s’agit plus d’orchestrer une manœuvre de désinformation ou d’intoxiquer les partenaires d’un concurrent par une campagne de dénigrement. En effet, la désinformation agressive expose ses initiateurs à un risque judiciaire pour diffusion de fausses informations, à une détérioration de l’image de l’entreprise et à l’effet boomerang d’actions offensives mal maîtrisées.

A l’inverse, le perception management s’impose presque imperceptiblement par sa discrétion, puisqu’il s’insère dans un cadre de références cognitives. Il s’agit d’agir sur les perceptions d’une cible (individu / groupe / communauté…) pour obtenir des actions (soutien / adhésion / consommation) favorables aux objectifs de l’émetteur. Mis en œuvre par de grands groupes, le perception management combine donc les méthodes complexes de la psychologie et du marketing pour conforter une logique d’intérêts privés. Pour caractériser ces techniques, certains n’hésiteront pas à parler de manipulation des perceptions…

Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 23/07/2010

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Intelligence économique et PME/PMI

Jeudi 30 avril 2009 | Outils pratiques PME/PMI, Protection des informations | Pas de commentaire

intelligence-economique-guide-pme-pmiSous le titre « Le dirigeant de PME-PMI – L’Intelligence économique – Les précautions d’usage dans l’activité de la PME/PMI », la CGPME (Confédération Générale des PME) Ile-de-France propose un guide pour aider les chefs d’entreprises de la région (publié en 2008). Il pourra néanmoins intéresser tous ceux qui veulent mieux comprendre ce qu’est l’Intelligence économique, et ceux qui voudraient l’implanter dans leur entreprise.

Le point de vue adopté ici est assez original, reposant sur ce que l’on appelle storytelling : on suit le récit des actions d’une entreprise, confrontée à différents problèmes. Quatre parties présentent ainsi différentes dimensions de l’Intelligence économique :
- Accompagner les mutations de la PME/PMI.
- Protéger ses infrastructures et le personnel.
- Maîtriser et sécuriser le pôle informatique.
- Gérer l’information et la communication.

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Les pièges de l’infobésité

Mercredi 3 décembre 2008 | Concepts et conceptions | Pas de commentaire

Paradoxe de la société de communication, le monde dans lequel nous vivons balance entre sur-information  et sous-information. Les managers privés et publics sont tous informés, trop informés et finalement souvent mal informés… Qui n’a jamais ressenti ce fameux sentiment d’urgence: une boîte mail pleine, des messages sur son répondeur, des fax en instance ?

C’est ainsi, les canaux et les neurones s’engorgent. Nous devons déjouer les pièges de ce que le Professeur Roberto Di Cosmo appelle «  l’Infobésité  », c’est-à-dire la noyade sous un flot d’informations moyennement pertinentes que leur volume rend par définition inexploitables. Avec plus de 3000 messages par jour, nous sommes soumis au «  bombardement informationnel  ». 30% du temps de travail d’un cadre est déjà consacré à la collecte, au traitement et à la diffusion de l’information.

Ce mouvement de fond n’est pas près de s’arrêter… Les spécialistes de l’intelligence économique estiment que l’information nécessaire à la production des biens et des services double chaque année. Les décideurs qui se hasarderont dans ce labyrinthe sans fil d’Ariane risquent de s’y perdre. Il sera de plus en plus difficile de regarder à moyen terme pour renforcer sa stratégie, tenir le cap et atteindre ses objectifs. En proposant des outils et une méthode permettant de manager l’information stratégique, l’intelligence économique entend remettre un peu d’ordre et de lisibilité dans un monde économique décidément complexe.

Jacques Breillat

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