Archive du 2011

L’Asie des marques

Lundi 19 décembre 2011 | Protection des informations | Un commentaire

En septembre 2011, l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) a publié un rapport sur l’activité mondiale en matière de propriété intellectuelle. Cette compilation de données statistiques émanant de 90 Offices nationaux place le droit des marques largement en tête des modes de protection du droit de propriété intellectuelle au niveau mondial. Les chiffres soulignent surtout la forte croissance des dépôts de marque en Asie, tout particulièrement en Chine. Depuis 2005, un quart des trois millions de demandes d’enregistrement de marques est d’origine chinoise.

Cette croissance chinoise se retrouve également en matière de dessins et modèles industriels (50 % des dépôts mondiaux y ont été effectués en 2009) et de brevets d’invention (augmentation de 8,5% du nombre de demandes entre 2008 et 2009). En 2010, les demandes internationales provenant de la Chine, de la République de Corée et du Japon ont augmenté respectivement de 55%, 20,3% et 8% par rapport à l’année précédente. Au cours de la période 2002-2010, le taux d’accroissement annuel moyen des dépôts en provenance de ces trois pays s’est établi à 15,1%, contre 1,1% pour l’Amérique du Nord et 3,1% pour l’Europe occidentale.

 

Post to Twitter

Tags: , , , , ,

La main invisible de la Chine

Lundi 12 décembre 2011 | Protection des informations | Pas de commentaire

Les médias évoquent régulièrement la piste de la compromission des secrets industriels et commerciaux au profit des intérêts chinois. Il faut dire que la figure emblématique du chinois « conquérant et dominateur » marque en profondeur l’opinion publique française. Ce stéréotype repose sur un mélange d’attraction et de répulsion. La puissance économique de la Chine inquiète autant qu’elle fascine. La nature anxiogène de la mondialisation économique et le stress de l’hyper compétition plaident en faveur de la main invisible de la Chine… Le chinois est partout…

Bien sûr, il y a sans doute une part de vrai dans la menace chinoise mais on trouverait des preuves beaucoup plus tangibles en cherchant dans trois directions: la prédation des matières premières (notamment main mise sur les « terres rares ») ; la captation de l’innovation technologique et la contrefaçon industrielle. Pour servir ses ambitions et soutenir son développement, la Chine peut assurément compter sur une diaspora mondiale pratiquant le renseignement d’opportunité et sur le talent prodigieux de ses hackers.

Au bout du compte, même si les menaces extérieures et l’espionnage industriel existent, la fuite de données confidentielles est le plus souvent d’origine « interne ». Le risque d’un salarié qui parle trop (par bêtise, par méconnaissance ou par malveillance), l’échange d’informations confidentielles par mail ou par les réseaux sociaux provoquent d’avantage de dégâts que les manœuvres offensives chinoises. Les risques sont donc essentiellement humains. Et le mirage puissant des stéréotypes ne saurait occulter cette réalité.

Post to Twitter

Tags: , , , , ,

IE obligatoire pour tous les étudiants

Vendredi 9 décembre 2011 | Actualité de l'IE, Formation | 2 commentaires

Nous l’avions annoncé dans un précédent billet en mars 2011: L’intelligence économique va devenir une matière obligatoire dans l’enseignement supérieur. Le journal Le monde Universités et grandes écoles, dans son édition du jeudi 8 décembre titre « L’intelligence économique pour tous les étudiants ». A partir de 2013, Universités et grandes écoles proposeront une sensibilisation ou une formation en Intelligence économique.

Une phase dite de «sensibilisation» est mise en place pour les étudiants en licence d’une durée de 24 heures minimum de cours durant le cycle, une phase dite de « formation » de 16 heures durant le cycle master; de 40heures minimum durant les trois ans de cycle pour les écoles d’ingénieurs et le doctorat. Une phase d’expérimentation de deux ans a été lancée à la rentrée. Une vingtaine d’établissements d’enseignement supérieurs se sont déjà portés volontaires, des Universités mais aussi des écoles… »

Post to Twitter

Tags: , ,

Ce blog fait peau neuve

Lundi 5 décembre 2011 | Actualité de l'IE | Pas de commentaire

Vous l’avez sans doute remarqué, le blog « Intelligence économique, Information et Influence » fait peau neuve avec un nouveau graphisme et de nouvelles fonctionnalités de recherche en archives. La ligne éditoriale, elle, ne change pas et ce blog continuera de vous donner une actualité pertinente sur des thèmes variés de l’intelligence économique comme le lobbying, la veille stratégique, l’intelligence territoriale, la sécurité économique… Il fournira de nouvelles analyses, des liens utiles et enrichira ses ressources documentaires sur l’intelligence économique.

Le blog de Jacques Breillat créé en 2007 vous propose aujourd’hui une base de 234 articles et reçoit actuellement 10.000 visites par mois en moyenne. Cette bonne fréquentation confirme les résultats d’une étude indépendante sur la « Cartographie des acteurs de l’IE en France », conduite en 2010 sous la direction  d’A.Schoen et L.Villard à l’Université de Paris-Est/ESIEE. L’étude de l’ESIEE Paris répertorie les 50 premiers blogs d’influence de l’Intelligence Economique en France. Elle place le blog de Jacques Breillat à la 6ème  place au niveau national dans la catégorie Intelligence économique.

J’adresse un grand merci aux lecteurs et aux abonnés RSS pour leur fidélité.

Post to Twitter

Tags: , , , , , , ,

Un phare sur un puits

Lundi 28 novembre 2011 | Outils pratiques PME/PMI | Pas de commentaire

Contrairement à une idée reçue, l’intelligence économique n’est pas une démarche réservée aux grandes entreprises. Les PME/PMI peuvent parfaitement développer des actions d’intelligence économique. Simplement, elles le feront avec leur propre culture organisationnelle. Il faut donc se méfier des biais de transposition qui visent à lire la réalité des PME/PMI, comme si elles n’étaient finalement que des grandes entreprises « en miniature ».

Les PME/PMI déploient une intelligence économique reposant essentiellement sur la veille concurrentielle et commerciale. Elles orientent leurs pratiques vers ce que les anglo-saxons appellent Business intelligence. Ces démarches dites offensives cherchent prioritairement à détecter de nouvelles opportunités de marché, mieux connaître les fournisseurs, prévenir la concurrence de nouveaux entrants ou définir des nouveaux besoins clients. Pour être crédibles, elles doivent se traduire par des gains concrets, en parts de marché ou en accroissement de chiffre d’affaire.

Un dispositif d’intelligence économique en PME/PMI repose largement sur le leadership et sur la volonté du chef d’entreprise. Chaque dirigeant doit donner envie à ses équipes de faire circuler une information souvent présente de façon diffuse et informelle. La dynamique d’intelligence économique repose avant tout humaine et managériale. C’est pourquoi il arrive fréquemment que certains chefs d’entreprise formulent un désir paradoxal d’intelligence économique. Ils voudraient en fait que l’information remonte vers eux, sans participer activement à sa diffusion et à sa redistribution. C’est un peu comme si l’on mettait un phare sur un puits. L’information qui remonte est aussitôt engloutie… et oubliée.

Post to Twitter

Tags: , , ,

War room

Samedi 12 novembre 2011 | Concepts et conceptions | Pas de commentaire

Les spécialistes de communication traduisent littéralement le terme War room par « cellule de crise ». Le recours généralisé à l’expression Anglaise permet surtout de souligner la topographie particulière et l’ambiance martiale d’une telle cellule. On met ainsi en exergue combien la détermination et la volonté sont nécessaires lorsqu’il s’agit de combattre la crise. En effet, la crise a pour propriété de brouiller les repères habituels des organisations. Elle va sidérer les équipes dirigeantes et déboussoler les décideurs. Elle modifie les canaux de communication externe et interne. Elle altère l’image et la confiance dans l’institution. Un tel chambardement radical d’environnement nécessite une réponse ad hoc appropriée: à circonstance exceptionnelle, organisation d’exception. C’est pourquoi la War room doit rassembler et concentrer toutes les forces de réaction d’une organisation. Sur le plan humain, elle devient un centre névralgique regroupant une équipe restreinte de gestionnaires et d’experts de la crise. Sur le plan logistique, elle nécessite un équipement approprié : des moyens de communication (téléphone, ordinateur, fax…), des bases de données sur les parties prenantes et les journalistes, des scenarii et des éléments de langage.

Dans une version plus offensive, il est toujours possible de constituer une War room pour promouvoir ses intérêts et détecter des opportunités: conquérir un marché, déstabiliser un concurrent ou influencer des décideurs publics.

Post to Twitter

Tags: , , ,

Lobbying européen : entre transparence et conflits d’intérêts

Samedi 29 octobre 2011 | Lobbying | Un commentaire

Avec ses centaines d’experts en Public affairs, ses spécialistes de relations publiques, ses cabinets d’avocats et ses représentants socio-professionnels, Bruxelles demeure indéniablement la capitale du lobbying polyglotte. La communication d’influence s’est installée confortablement, au cœur même des institutions européennes.

Il faut dire que l’Europe réglemente des domaines de plus en plus techniques et de plus en plus vastes. Ainsi, 80% de notre législation nationale est directement ou indirectement d’inspiration européenne. Ce périmètre d’intervention élargi soulève nécessairement des questions de plus en plus complexes, aussi bien sur la compatibilité normative que sur l’interpénétration des intérêts économiques. L’écosystème institutionnel  européen, parce qu’il produit des zones d’incertitude et de multiples interstices organisationnels, se révèle profondément perméable aux échanges public/privé. On ne voit pas qui pourrait finalement reprocher à l’administration européenne d’écouter la société civile et de chercher à mesurer les conséquences de ses décisions bureaucratiques. Depuis 2008, l’Union européenne a institué un registre pour recenser les lobbies agissant auprès de la Commission et du Parlement Européen. Même si ce registre demeure « facultatif » (du coup 60% des cabinets de lobbying ne sont pas inscrits), l’objectif est d’assurer une meilleure transparence du processus d’influence et d’organiser la publicité pour prévenir tout dérapage. Le lobbying est devenu un métier à part entière, avec son référentiel de compétences, son expertise et ses formations d’enseignement supérieur. Mais les efforts louables de professionnalisation et de transparence ne suffisent pas toujours à lever certaines ambiguïtés…

Les cas d’anciens commissaires européens qui se reconvertissent dans des cabinets privés de lobbying ne se comptent plus. Sur  treize commissaires ayant quitté la Commission européenne  de février 2010 plus de la moitié travaillent désormais au service de groupes privés recevant des aides ou subsides européens. Alors que les textes prévoient une période de carence de  douze mois avant de s’établir lobbyiste, le Comité d’éthique de la Commission européenne accorde systématiquement des dérogations aux anciens commissaires. Alors avant de s’attaquer à la transparence des circuits de décision, certains observateurs pensent qu’il serait préférable de commencer par prévenir les conflits d’intérêt.

Post to Twitter

Tags: , , , , ,

Web 2.0: Small business intelligence

Mardi 18 octobre 2011 | Actualité de l'IE, Bibliographie, Outils pratiques PME/PMI, Web 2.0 | Pas de commentaire

Nous avons rencontré Claude Lepère à l’occasion de la sortie de son ouvrage  « Small business intelligence » aux éditions EDIPRO. La gestion d’une entreprise recouvre des activités nettement plus interactives qu’auparavant. En tant que nouveau média d’influence, le web, et singulièrement le web 2.0, induit des changements de comportement. Aujourd’hui, les employés passent la majeure partie de leur temps à chercher de l’information et le don d’ubiquité semble désormais devenir réalité puisqu’internet et les nouveaux outils qui s’y intègrent permettent d’être présents à différents endroits au même moment. La recherche d’information est la porte d’entrée la plus évidente pour accéder aux pratiques de l’intelligence stratégique car si le temps consacré à la recherche d’information augmente, c’est que ceux qui la cherchent sont convaincus de pouvoir la trouver. Au-delà de la recherche d’information, c’est la capacité d’analyser, d’enrichir et d’utiliser cette information qui va être déterminante pour les décisionnaires, dans les PME comme au sein d’organismes publics.

JB: « Claude Lepère, quelles sont selon vous les préoccupations des dirigeants d’entreprises aujourd’hui ? »

CL: « Ce qui caractérise le contexte économique, c’est que la seule constante est le changement. Nous observons une logique de vitesse qui s’impose parfois au détriment de la qualité de l’information. En conséquence, les chefs d’entreprises recherchent une plus grande maîtrise de leurs activités au quotidien en même temps qu’une visibilité sur le court-moyen terme. Les flux d’informations sont continus et multidirectionnels, ce qui constitue une difficulté supplémentaire pour les décideurs. Si on parle de croissance par exemple, le dirigeant cherchera à ce que cette évolution s’opère de façon contrôlée. »

JB: « Sans caricaturer, il s’agit-il de passer du rôle de dirigeant à celui de stratège ? »

CL: « Il s’agit de la difficulté pour les dirigeants de franchir ce fameux cap de croissance qui les oblige à se dégager de leurs tâches opérationnelles quotidiennes. Ils souhaitent consacrer plus de temps à la définition puis à la mise en œuvre de stratégies moyen et long terme car ils sont parfaitement conscients qu’ils doivent prendre du recul, mais ils considèrent en outre, et à juste titre, que cela demande un temps considérable. Or, leur objectif n’est pas non plus de devenir des experts en stratégie. » › Lire la suite

Post to Twitter

Tags: , , , ,

La mort du corporate

Vendredi 14 octobre 2011 | Actualité de l'IE, Web 2.0 | Un commentaire

Avec plus de 800 millions d’utilisateurs, Facebook regroupe aujourd’hui un dixième de l’humanité. En fait, deux internautes sur trois sont devenus des socionautes accros aux réseaux sociaux. Avec le Web 2.0 chacun de nous dispose d’un « porte-voix ». Alors il importe moins de communiquer verticalement que d’analyser ce que vos amis pensent de vous…

Désormais chaque entreprise doit savoir ce que l’on dit d’elle, de ses produits, de ses services ou de ses marques sur les réseaux sociaux. Le nouveau « consom’acteur » recommande sa marque préférée mais il peut aussi la critiquer ou se désabonner. Le Web est dominé par la volatilité, la vitesse et la viralité des points de vue. L’enjeu marketing est important car les socionautes dépensent en moyenne 40% de plus que les autres vers les produits qu’ils soutiennent. Ils sont devenus les ambassadeurs et les prescripteurs des marques qu’ils suivent. Pour autant, ils se montrent suspects à l’égard d’opérations trop commerciales (rejet du social shopping) et réfractaires à la géolocalisation jugée trop intrusive.

Les réseaux sociaux survalorisent l’égo et subliment l’estime de soi. C’est pourquoi on n’impose plus la fidélité à coup de slogan massue et de grosses ficelles mais en murmurant discrètement à l’oreille du client. Il faut savoir lui susurrer des mots doux, susciter son désir et son attachement sentimental à la marque. L’air du temps confine à l’amour courtois car chaque internaute entend demeurer radicalement libre d’aimer. La communication corporate est déjà morte.

Chronique « Les clefs de l’IE » parue dans APS, N°1780

Post to Twitter

Tags: , , , , , , ,

Lancement du CRIET « élargi » en Aquitaine

Mercredi 5 octobre 2011 | Actualité de l'IE, Intelligence territoriale, Politique publique | 2 commentaires

Le Préfet de la région Aquitaine, Patrick STEFANINI, a officiellement lancé les travaux du Comité Régional d’Intelligence Économique Territoriale (CRIET) dans un format « élargi » aux acteurs sociaux économiques, hier mardi 4 octobre 2011.

Depuis plusieurs années la politique française d’intelligence économique se structure et monte en puissance. Impulsée au plus haut niveau de l’État par un comité directeur placé auprès de la Présidence de la République, pilotée par la délégation interministérielle à l’intelligence économique dirigée par Olivier BUQUEN, son objectif est clairement de contribuer à la croissance de l’économie et à la création d’emplois. Elle est aujourd’hui plus que jamais l’un des volets à part entière de la politique d’appui au développement économique de l’État.

Durant ce comité régional, le Préfet a rappelé les trois priorités de la stratégie française d’intelligence économique définies dans la circulaire du Premier ministre publiée le 15 septembre 2011 :

  1. mener une veille stratégique sur les évolutions économiques d’intérêt majeur et sur les risques et menaces qui pèsent sur les entreprises et les établissements de recherche ;
  2. soutenir la compétitivité des entreprises en favorisant une meilleure valorisation de la recherche publique et une plus grande influence de la France dans les enceintes de normalisation et les forums économiques étrangers ;
  3. garantir la sécurité économique, en prévenant les risques d’ingérence pesant sur les entreprises françaises et les établissements de recherche.

Le préfet de région a également demandé une mobilisation de l’ensemble des acteurs (administrations, opérateurs, pôles de compétitivité, etc.) sur cette thématique prioritaire et clé pour la compétitivité de l’industrie française. Il a confié la mission au préfet délégué à la zone de défense, Marc BURG, en s’appuyant sur la Direction zonale du renseignement intérieur et la Direction Régionale des Entreprises de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) de piloter ce dispositif qui repose avant tout sur un partage étroit d’informations souvent sensibles et un travail commun coordonné entre les différentes administrations de l’État. Cette première réunion a associé les acteurs publics (services de l’État sous l’égide du préfet de région), les acteurs économiques (Pôles de compétitivité, Chambres consulaires, INPI, Ubifrance, entreprises, OSEO, CDC) ainsi que les Universités.

Post to Twitter

Tags: , , , , , ,

Follow jb2point0 on Twitter Follow jb2point0 on Twitter

Calendrier

mai 2012
L Ma Me J V S D
« avr    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Archives

  • 2012 (21)
  • 2011 (34)
  • 2010 (63)
  • 2009 (88)
  • 2008 (47)
  • 2007 (6)

Archives par mois