Lancement du DU « Intelligence économique et dynamique territoriale »
Jeudi 26 janvier 2012 | Actualité de l'IE, Evènement, Formation | Pas de commentaire
En partenariat avec le « Comité Régional d’intelligence économique et territoriale » (CRIET) et la Préfecture de Région Aquitaine, l’IAE de Bordeaux vient de lancer un Diplôme d’université « Intelligence économique et dynamique territoriale ».
L’objectif du DU « Intelligence économique et dynamique territoriale » est d’arrimer une formation professionnelle spécialisée en intelligence économique à l’échelon régional par la voie de la formation continue. Ce projet répond donc directement à une nécessité de croisement, entre la valorisation d’un échelon géographique (celui de la Région) et la performance de grands secteurs économiques (spécialisation industrielle et technologique) . Elle se fonde sur l’expérience réussie du Master 2 « Intelligence économique et management des organisations » à l’IAE de Bordeaux qui permet de constituer un réseau solide fondé sur les échanges de pratiques, la mutualisation des expertises et des savoirs. Cette démarche concourt directement à l’affermissement et la diffusion d’une authentique culture d’intelligence économique auprès des administrations déconcentrées de l’Etat, des collectivités territoriales et des acteurs du développement économique local (organismes consulaires, agence de développement économique). › Lire la suite
Management stratégique de l’information
Lundi 23 janvier 2012 | Knowledge management, Veille stratégique | Pas de commentaire
Dans ses travaux de 2003, le professeur Fayard démontre que le cycle consistant à définir des besoins stratégiques, collecter, traiter, analyser et diffuser l’information est un mouvement itératif et presque sans fin. Dans notre société de la connaissance, « les informations, au même titre que le temps, ne peuvent pas plus être arrêtées par une main que l’eau d’une rivière ». C’est pourquoi la valeur intrinsèque et stratégique d’une information pour une entreprise « se situe plus dans le flux que dans le stock ». Finalement, l’information n’a aucune valeur statique, en elle-même ou pour elle-même. C’est bien dans l’échange qu’elle va vivre, se transformer et prendre sens pour les acteurs économiques.
Contrairement aux idées reçues, l’information ne se dégrade pas dans l’échange. La contextualisation et la temporalité sont essentielles. L’information doit être transmise à la bonne personne au bon moment pour prendre de la valeur. Elle inscrit son intelligibilité dans le cadre d’un projet ou d’une séquence stratégique. Et l’utilisateur ultime doit pouvoir se l’approprier pour prendre des décisions. Au final, c’est ce qui différencie le chef d’entreprise du bibliothécaire. Les experts appellent cela le management stratégique de l’information.
Faire nom et faire nombre
Lundi 16 janvier 2012 | Lobbying | Pas de commentaire
Le management des perceptions passe désormais par l’activisme des organisations publiques. Afin de soutenir activement leur réputation, certains Etats n’hésitent plus à intervenir directement ou faire intervenir sur le Web. La stratégie de l’action oblique s’impose nolens volens. L’ancien correspondant du New York times Thomas Crampton a ainsi pointé le rôle des «50 cents agents». Ces internautes sont recrutés et rémunérés 50 cents de Renminbis par avis favorable déposé sur le web (environ 0,05 euros) en faveur du gouvernement chinois. L’efficacité de ce type d’enrôlement cyber militant repose sur l’apparente spontanéité et l’anonymat des réponses, la participation massive aux forums et aux sites d’avis en ligne.
Cette mobilisation collective peut même s’avérer totalement factice, lorsqu’un groupe de pression obtient l’inscription d’une cause sur l’agenda politique, en avançant un nombre astronomique de soutiens imaginaires. Faire nom et faire nombre à tout prix… la démarche est qualifiée d’Astroturf lobbying (du nom d’un célèbre gazon synthétique) pour bien marquer la différence avec un véritable processus de Grassroots lobbying, c’est-à-dire une mobilisation collective bien réelle de l’opinion publique.
Bien sûr, de telles démarches peuvent légitimement choquer par leur absence d’éthique. C’est oublier finalement une caractéristique fondamentale de l’influence sur le Web. Est désormais vrai ce que les internautes citoyens, clients ou consommateurs considèrent comme vrai. Chacun dispose d’un porte-voix et la notoriété tient désormais lieu de vérité.
L’Asie des marques
Lundi 19 décembre 2011 | Protection des informations | Un commentaire
En septembre 2011, l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) a publié un rapport sur l’activité mondiale en matière de propriété intellectuelle. Cette compilation de données statistiques émanant de 90 Offices nationaux place le droit des marques largement en tête des modes de protection du droit de propriété intellectuelle au niveau mondial. Les chiffres soulignent surtout la forte croissance des dépôts de marque en Asie, tout particulièrement en Chine. Depuis 2005, un quart des trois millions de demandes d’enregistrement de marques est d’origine chinoise.
Cette croissance chinoise se retrouve également en matière de dessins et modèles industriels (50 % des dépôts mondiaux y ont été effectués en 2009) et de brevets d’invention (augmentation de 8,5% du nombre de demandes entre 2008 et 2009). En 2010, les demandes internationales provenant de la Chine, de la République de Corée et du Japon ont augmenté respectivement de 55%, 20,3% et 8% par rapport à l’année précédente. Au cours de la période 2002-2010, le taux d’accroissement annuel moyen des dépôts en provenance de ces trois pays s’est établi à 15,1%, contre 1,1% pour l’Amérique du Nord et 3,1% pour l’Europe occidentale.
La main invisible de la Chine
Lundi 12 décembre 2011 | Protection des informations | Pas de commentaire
Les médias évoquent régulièrement la piste de la compromission des secrets industriels et commerciaux au profit des intérêts chinois. Il faut dire que la figure emblématique du chinois « conquérant et dominateur » marque en profondeur l’opinion publique française. Ce stéréotype repose sur un mélange d’attraction et de répulsion. La puissance économique de la Chine inquiète autant qu’elle fascine. La nature anxiogène de la mondialisation économique et le stress de l’hyper compétition plaident en faveur de la main invisible de la Chine… Le chinois est partout…
Bien sûr, il y a sans doute une part de vrai dans la menace chinoise mais on trouverait des preuves beaucoup plus tangibles en cherchant dans trois directions: la prédation des matières premières (notamment main mise sur les « terres rares ») ; la captation de l’innovation technologique et la contrefaçon industrielle. Pour servir ses ambitions et soutenir son développement, la Chine peut assurément compter sur une diaspora mondiale pratiquant le renseignement d’opportunité et sur le talent prodigieux de ses hackers.
Au bout du compte, même si les menaces extérieures et l’espionnage industriel existent, la fuite de données confidentielles est le plus souvent d’origine « interne ». Le risque d’un salarié qui parle trop (par bêtise, par méconnaissance ou par malveillance), l’échange d’informations confidentielles par mail ou par les réseaux sociaux provoquent d’avantage de dégâts que les manœuvres offensives chinoises. Les risques sont donc essentiellement humains. Et le mirage puissant des stéréotypes ne saurait occulter cette réalité.
IE obligatoire pour tous les étudiants
Vendredi 9 décembre 2011 | Actualité de l'IE, Formation | 2 commentaires
Nous l’avions annoncé dans un précédent billet en mars 2011: L’intelligence économique va devenir une matière obligatoire dans l’enseignement supérieur. Le journal Le monde Universités et grandes écoles, dans son édition du jeudi 8 décembre titre « L’intelligence économique pour tous les étudiants ». A partir de 2013, Universités et grandes écoles proposeront une sensibilisation ou une formation en Intelligence économique.
Une phase dite de «sensibilisation» est mise en place pour les étudiants en licence d’une durée de 24 heures minimum de cours durant le cycle, une phase dite de « formation » de 16 heures durant le cycle master; de 40heures minimum durant les trois ans de cycle pour les écoles d’ingénieurs et le doctorat. Une phase d’expérimentation de deux ans a été lancée à la rentrée. Une vingtaine d’établissements d’enseignement supérieurs se sont déjà portés volontaires, des Universités mais aussi des écoles… »
Ce blog fait peau neuve
Lundi 5 décembre 2011 | Actualité de l'IE | Pas de commentaire
Vous l’avez sans doute remarqué, le blog « Intelligence économique, Information et Influence » fait peau neuve avec un nouveau graphisme et de nouvelles fonctionnalités de recherche en archives. La ligne éditoriale, elle, ne change pas et ce blog continuera de vous donner une actualité pertinente sur des thèmes variés de l’intelligence économique comme le lobbying, la veille stratégique, l’intelligence territoriale, la sécurité économique… Il fournira de nouvelles analyses, des liens utiles et enrichira ses ressources documentaires sur l’intelligence économique.
Le blog de Jacques Breillat créé en 2007 vous propose aujourd’hui une base de 234 articles et reçoit actuellement 10.000 visites par mois en moyenne. Cette bonne fréquentation confirme les résultats d’une étude indépendante sur la « Cartographie des acteurs de l’IE en France », conduite en 2010 sous la direction d’A.Schoen et L.Villard à l’Université de Paris-Est/ESIEE. L’étude de l’ESIEE Paris répertorie les 50 premiers blogs d’influence de l’Intelligence Economique en France. Elle place le blog de Jacques Breillat à la 6ème place au niveau national dans la catégorie Intelligence économique.
J’adresse un grand merci aux lecteurs et aux abonnés RSS pour leur fidélité.
Un phare sur un puits
Lundi 28 novembre 2011 | Outils pratiques PME/PMI | Pas de commentaire
Contrairement à une idée reçue, l’intelligence économique n’est pas une démarche réservée aux grandes entreprises. Les PME/PMI peuvent parfaitement développer des actions d’intelligence économique. Simplement, elles le feront avec leur propre culture organisationnelle. Il faut donc se méfier des biais de transposition qui visent à lire la réalité des PME/PMI, comme si elles n’étaient finalement que des grandes entreprises « en miniature ».
Les PME/PMI déploient une intelligence économique reposant essentiellement sur la veille concurrentielle et commerciale. Elles orientent leurs pratiques vers ce que les anglo-saxons appellent Business intelligence. Ces démarches dites offensives cherchent prioritairement à détecter de nouvelles opportunités de marché, mieux connaître les fournisseurs, prévenir la concurrence de nouveaux entrants ou définir des nouveaux besoins clients. Pour être crédibles, elles doivent se traduire par des gains concrets, en parts de marché ou en accroissement de chiffre d’affaire.
Un dispositif d’intelligence économique en PME/PMI repose largement sur le leadership et sur la volonté du chef d’entreprise. Chaque dirigeant doit donner envie à ses équipes de faire circuler une information souvent présente de façon diffuse et informelle. La dynamique d’intelligence économique repose avant tout humaine et managériale. C’est pourquoi il arrive fréquemment que certains chefs d’entreprise formulent un désir paradoxal d’intelligence économique. Ils voudraient en fait que l’information remonte vers eux, sans participer activement à sa diffusion et à sa redistribution. C’est un peu comme si l’on mettait un phare sur un puits. L’information qui remonte est aussitôt engloutie… et oubliée.
War room
Samedi 12 novembre 2011 | Concepts et conceptions | Pas de commentaire
Les spécialistes de communication traduisent littéralement le terme War room par « cellule de crise ». Le recours généralisé à l’expression Anglaise permet surtout de souligner la topographie particulière et l’ambiance martiale d’une telle cellule. On met ainsi en exergue combien la détermination et la volonté sont nécessaires lorsqu’il s’agit de combattre la crise. En effet, la crise a pour propriété de brouiller les repères habituels des organisations. Elle va sidérer les équipes dirigeantes et déboussoler les décideurs. Elle modifie les canaux de communication externe et interne. Elle altère l’image et la confiance dans l’institution. Un tel chambardement radical d’environnement nécessite une réponse ad hoc appropriée: à circonstance exceptionnelle, organisation d’exception. C’est pourquoi la War room doit rassembler et concentrer toutes les forces de réaction d’une organisation. Sur le plan humain, elle devient un centre névralgique regroupant une équipe restreinte de gestionnaires et d’experts de la crise. Sur le plan logistique, elle nécessite un équipement approprié : des moyens de communication (téléphone, ordinateur, fax…), des bases de données sur les parties prenantes et les journalistes, des scenarii et des éléments de langage.
Dans une version plus offensive, il est toujours possible de constituer une War room pour promouvoir ses intérêts et détecter des opportunités: conquérir un marché, déstabiliser un concurrent ou influencer des décideurs publics.
Lobbying européen : entre transparence et conflits d’intérêts
Samedi 29 octobre 2011 | Lobbying | Un commentaire
Avec ses centaines d’experts en Public affairs, ses spécialistes de relations publiques, ses cabinets d’avocats et ses représentants socio-professionnels, Bruxelles demeure indéniablement la capitale du lobbying polyglotte. La communication d’influence s’est installée confortablement, au cœur même des institutions européennes.
Il faut dire que l’Europe réglemente des domaines de plus en plus techniques et de plus en plus vastes. Ainsi, 80% de notre législation nationale est directement ou indirectement d’inspiration européenne. Ce périmètre d’intervention élargi soulève nécessairement des questions de plus en plus complexes, aussi bien sur la compatibilité normative que sur l’interpénétration des intérêts économiques. L’écosystème institutionnel européen, parce qu’il produit des zones d’incertitude et de multiples interstices organisationnels, se révèle profondément perméable aux échanges public/privé. On ne voit pas qui pourrait finalement reprocher à l’administration européenne d’écouter la société civile et de chercher à mesurer les conséquences de ses décisions bureaucratiques. Depuis 2008, l’Union européenne a institué un registre pour recenser les lobbies agissant auprès de la Commission et du Parlement Européen. Même si ce registre demeure « facultatif » (du coup 60% des cabinets de lobbying ne sont pas inscrits), l’objectif est d’assurer une meilleure transparence du processus d’influence et d’organiser la publicité pour prévenir tout dérapage. Le lobbying est devenu un métier à part entière, avec son référentiel de compétences, son expertise et ses formations d’enseignement supérieur. Mais les efforts louables de professionnalisation et de transparence ne suffisent pas toujours à lever certaines ambiguïtés…
Les cas d’anciens commissaires européens qui se reconvertissent dans des cabinets privés de lobbying ne se comptent plus. Sur treize commissaires ayant quitté la Commission européenne de février 2010 plus de la moitié travaillent désormais au service de groupes privés recevant des aides ou subsides européens. Alors que les textes prévoient une période de carence de douze mois avant de s’établir lobbyiste, le Comité d’éthique de la Commission européenne accorde systématiquement des dérogations aux anciens commissaires. Alors avant de s’attaquer à la transparence des circuits de décision, certains observateurs pensent qu’il serait préférable de commencer par prévenir les conflits d’intérêt.
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