Information
Management stratégique de l’information
Lundi 23 janvier 2012 | Knowledge management, Veille stratégique | Pas de commentaire
Dans ses travaux de 2003, le professeur Fayard démontre que le cycle consistant à définir des besoins stratégiques, collecter, traiter, analyser et diffuser l’information est un mouvement itératif et presque sans fin. Dans notre société de la connaissance, « les informations, au même titre que le temps, ne peuvent pas plus être arrêtées par une main que l’eau d’une rivière ». C’est pourquoi la valeur intrinsèque et stratégique d’une information pour une entreprise « se situe plus dans le flux que dans le stock ». Finalement, l’information n’a aucune valeur statique, en elle-même ou pour elle-même. C’est bien dans l’échange qu’elle va vivre, se transformer et prendre sens pour les acteurs économiques.
Contrairement aux idées reçues, l’information ne se dégrade pas dans l’échange. La contextualisation et la temporalité sont essentielles. L’information doit être transmise à la bonne personne au bon moment pour prendre de la valeur. Elle inscrit son intelligibilité dans le cadre d’un projet ou d’une séquence stratégique. Et l’utilisateur ultime doit pouvoir se l’approprier pour prendre des décisions. Au final, c’est ce qui différencie le chef d’entreprise du bibliothécaire. Les experts appellent cela le management stratégique de l’information.
Les amis de mes amis…
Vendredi 24 septembre 2010 | Knowledge management, Protection des informations | Pas de commentaire
Les conclusions d’une étude du cabinet Sophos de 2009, auprès de 500 entreprises françaises, montrent que 72% des firmes estiment que le comportement de leurs salariés sur les réseaux sociaux peut « mettre en danger la sécurité de leur activité ». Cette étude confirme que les réseaux sociaux sont devenus « l’un des principaux vecteurs pour la fuite de données et le vol d’identifiants » (article sur ZDNet). Des études similaires menées aux Etats-Unis par Proofpoint vont dans le même sens. Même si l’e-mail reste le principal vecteur de fuites de données confidentielles, 25% des entreprises interrogées enquêtent sur la divulgation d’informations confidentielles causées par des messages laissés sur des blogs, des sites de discussions et des réseaux sociaux (article disponible en anglais).
Une expérience récente menée par Bitdefender auprès d’un échantillon de 2000 personnes utilisatrices (toutes professions confondues) des réseaux sociaux consistait à soumettre une « friend request » (« une jeune femme blonde de 21 ans » qui demandait à « devenir ton amie »). Les résultats révèlent que 86% des usagers ayant accepté la demande de cette amie « test » travaillaient dans le secteur des technologies de l’information. La principale justification invoquée pour accepter cette demande était que « c’est une personne charmante » pour 53% des personnes interrogées… Après une demi-heure de test, 10% des utilisateurs ayant accepté la demande communiquaient des informations personnelles comme leur adresse et numéro de téléphone. Deux heures plus tard, 73% commençaient à révéler des informations de nature confidentielle : projet de nouvelles technologies, projets en développement, plans et stratégies (cf. l’article en anglais, sur BitDefender.com).
Ces conclusions montrent que si le Web social permet aux entreprises des détecter des opportunités, il est aussi un facteur de menaces pour le patrimoine informationnel. Autrement dit, les amis de mes amis ne sont pas toujours mes amis…
Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 24/09/2010
Ne pas tout dire à tout le monde, tout le temps…
Vendredi 10 septembre 2010 | Protection des informations | Pas de commentaire
A l’heure du Web 2.0, l’entreprise « ne peut pas ne pas communiquer ». Pour être compétitive, elle doit avoir des relations avec ses clients, ses fournisseurs, ses partenaires, et plus généralement avec l’ensemble des parties prenantes. Cela signifie qu’un filet de protection sur la communication externe des informations ne saurait avoir pour conséquence de transformer littéralement l’entreprise en « cage de Faraday ». La démarche méthodique de protection des informations reposera avant tout sur une posture intermédiaire, mesurée et équilibrée, c’est-à-dire « sans fausse naïveté, ni paranoïa ». Elle consistera notamment à inventorier le patrimoine immatériel de l’organisation pour pointer les informations les plus importantes. Elle permettra de déterminer la valeur propre de chaque information pour fixer des priorités de protection sur certaines d’entre elles. La protection ne peut être « chirurgicale ».
Une fois réalisée cette phase de marquage des informations à valeur ajoutée (on parle de classification), l’entreprise devra adopter une organisation et des procédures internes permettant de détecter d’éventuelles attaques extérieures ou des compromissions des informations sensibles (mise en place de veille, réalisation des tests d’intrusion…). Cette démarche de management de l’information stratégique consiste donc à inclure la sécurité de l’information dans le processus décisionnel. Elle revient à résoudre une équation simple : « Comment ne pas tout dire, à tout le monde, tout le temps ».
Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 10/09/2010
Collecte d’informations par Internet : utiliser le Dublin Core
Samedi 22 août 2009 | Méthode | Pas de commentaire
Chercher sur Internet est une chose, trouver en est une autre… Face à la quantité exponentielle de documents et à la grande variété de contenus (sons, textes, données chiffrées, podcast, images…), le traqueur d’informations sur Internet doit désormais savoir utiliser des méthodes de segmentation permettant de sélectionner le type de fichier recherché. Les spécialistes considèrent que cette démarche de segmentation doit s’appuyer sur « l’interopérabilité structurelle des métadonnées », c’est-à-dire sur l’existence de dénominations et de standards permettant de trier les sources avec pertinence (voir en ce sens Gilles Balmisse, La recherche d’information en entreprise, ed.Lavoisier, 2007, p.76 et suiv.). Au sein de ces standards, la norme de Dublin Core présente 15 éléments utiles faisant l’objet d’un certain consensus.
Gestion de l’information : risquer le partage
Lundi 3 août 2009 | Knowledge management, Protection des informations | Pas de commentaire
L’information est désormais au centre de la vie des entreprises. L’information « opérationnelle » fournit de précieux indicateurs de gestion (tableaux de bord, procédures qualité…) et permet d’enrichir le management de projet (conquête de nouveaux marchés, lancement de nouveaux produits…). L’information stratégique aide à définir les avantages concurrentiels et à assurer la compétitivité des entreprises à long terme (positionnement stratégique). Si nous prenons une image, pour toute organisation l’information est donc à la fois un carburant (c’est-à-dire un moyen) et une étoile (c’est-à-dire un objectif).
Evaluer ses sources
Vendredi 24 juillet 2009 | Méthode | 2 commentaires
Les spécialistes de l’Intelligence économique (IE) sont confrontés à une difficulté majeure : « Comment évaluer la pertinence et la crédibilité d’une source ? ». En effet, il convient d’adopter systématiquement un recul critique sur toute information recueillie. Cette posture s’impose lorsque l’on travaille sur Internet, car le meilleur côtoie le pire… D’un côté, on trouvera le point de vue scientifique de l’expert ou l’étude de marché réalisée dans les règles de l’art. De l’autre, l’opinion du quidam, la rumeur (Hoax) et le mauvais exposé du mauvais étudiant…
Par rapport à l’évaluation des sources, on pourra commencer par analyser les qualités intrinsèques du document recueilli. Des éléments comme la date, l’auteur ou l’organisation peuvent fournir de précieuses indications.
S’informer pour prospecter
Vendredi 5 juin 2009 | Renseignement commercial | Pas de commentaire
L’information est souvent la clef de l’avantage concurrentiel. Elle peut notamment rendre les équipes commerciales plus compétitives et faciliter la prospection de clientèles nouvelles. En effet, la compétition forte entre les produits et les services entraîne un nivellement et une certaine indifférenciation des offres commerciales. Dans ce contexte, la connaissance de la cible commerciale s’avère déterminante et incontournable.
Plus le commercial connaît l’entreprise cliente, plus il est à même de formuler une proposition adaptée. En comprenant mieux les orientations d’un marché clé, le commercial peut définir des cycles d’achat pour peser au moment le plus opportun. L’équipe de vente a donc besoin de disposer de moyens de collectes d’informations commerciales. Certaines entreprises ont compris l’avantage décisif qu’elles peuvent tirer d’un couplage entre des tableaux de bord d’information et des pratiques de gestion des connaissances (knowledge management). Elles présentent ainsi les informations en tenant compte du profil de chaque commercial afin de rendre l’information intelligible et utile sur le plan opérationnel.
Pour tout commercial, il est vital de disposer de « la bonne information, au bon moment » afin d’identifier ses cibles, de brosser des propositions réalistes et de conclure des affaires. Les règles du démarchage ont profondément changé. Dans une société de l’information comme la nôtre, l’information est devenue une richesse et une source de valeur ajoutée.
Article paru dans la revue APS, « Les clés de l’IE »
« Incentives » et Intelligence économique (1/2)
Mardi 5 mai 2009 | Knowledge management | Pas de commentaire
Les incentives sont des actions qui ont pour finalité de motiver les équipes de l’entreprise en changeant radicalement de cadre et de décor pour permettre au personnel de se ressourcer. Cette logique managériale d’origine anglo-saxonne est fondée sur l’idée qu’il n’y a pas que le salaire qui permette de « remobiliser les troupes », et qu’en plaçant les équipes dans une ambiance différente on peut faire naître des relations humaines nouvelles. Parce qu’elle touche directement à l’humain, la démarche incentive peut devenir un excellent vecteur d’installation, de propagation et d’accélération pour la démarche d’Intelligence économique.
En matière de motivation des équipes, chaque manager doit mener une double réflexion, à la fois sur lui-même et sur ses collaborateurs. D’une part, il doit se pencher sur sa propre motivation. Cette auto-analyse un peu « narcissique » l’amènera à se poser les « bonnes questions » : « Pourquoi conduire cette démarche d’intelligence économique ? » ; « En quoi est-elle importante pour l’entreprise ? » ; « Quels sont nos objectifs à court et moyen terme ? » ; « Qu’est ce que je veux savoir ? » ; « Qu’est ce que je dois savoir ? »…
Intelligence économique et PME/PMI
Jeudi 30 avril 2009 | Outils pratiques PME/PMI, Protection des informations | Pas de commentaire
Sous le titre « Le dirigeant de PME-PMI – L’Intelligence économique – Les précautions d’usage dans l’activité de la PME/PMI », la CGPME (Confédération Générale des PME) Ile-de-France propose un guide pour aider les chefs d’entreprises de la région (publié en 2008). Il pourra néanmoins intéresser tous ceux qui veulent mieux comprendre ce qu’est l’Intelligence économique, et ceux qui voudraient l’implanter dans leur entreprise.
Le point de vue adopté ici est assez original, reposant sur ce que l’on appelle storytelling : on suit le récit des actions d’une entreprise, confrontée à différents problèmes. Quatre parties présentent ainsi différentes dimensions de l’Intelligence économique :
- Accompagner les mutations de la PME/PMI.
- Protéger ses infrastructures et le personnel.
- Maîtriser et sécuriser le pôle informatique.
- Gérer l’information et la communication.
Toujours imité… jamais égalé
Jeudi 16 avril 2009 | Veille stratégique | Pas de commentaire
La veille technologique consiste à mettre en œuvre des processus de collecte, de stockage et de traitement d’informations, concernant un produit spécifique ou un procédé technique original. Dans un premier temps, elle repose généralement sur un « état de l’art », une sorte de synthèse de la littérature scientifique. Elle prend aussi en compte les évolutions profondes de l’environnement scientifique, avec pour objectif de diffuser des informations pertinentes permettant d’anticiper les grandes mutations et de comprendre les cycles d’innovation.
La veille technologique est alimentée par des données qui proviennent de sources classiques diversifiées : banques de données, publications de brevets. Elle met aussi en œuvre des actions plus spécifiques comme le reverse engineering qui consiste à déconstruire et disséquer le produit d’un concurrent pour en analyser toutes les composantes.
Dans un contexte général d’économie de la connaissance, les avantages compétitifs stratégiques ne reposent plus simplement sur des éléments matériels (matières premières, sources d’énergie), mais sur des éléments immatériels (information, marque, image, savoir-faire). Les cycles des produits étant de plus en plus courts, la tentation est grande de copier les innovations des concurrents. Les entreprises se rassurent en se disant que la prime appartient encore au créateur… toujours imité mais jamais égalé !
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