Influence
Ce blog fait peau neuve
Lundi 5 décembre 2011 | Actualité de l'IE | Pas de commentaire
Vous l’avez sans doute remarqué, le blog « Intelligence économique, Information et Influence » fait peau neuve avec un nouveau graphisme et de nouvelles fonctionnalités de recherche en archives. La ligne éditoriale, elle, ne change pas et ce blog continuera de vous donner une actualité pertinente sur des thèmes variés de l’intelligence économique comme le lobbying, la veille stratégique, l’intelligence territoriale, la sécurité économique… Il fournira de nouvelles analyses, des liens utiles et enrichira ses ressources documentaires sur l’intelligence économique.
Le blog de Jacques Breillat créé en 2007 vous propose aujourd’hui une base de 234 articles et reçoit actuellement 10.000 visites par mois en moyenne. Cette bonne fréquentation confirme les résultats d’une étude indépendante sur la « Cartographie des acteurs de l’IE en France », conduite en 2010 sous la direction d’A.Schoen et L.Villard à l’Université de Paris-Est/ESIEE. L’étude de l’ESIEE Paris répertorie les 50 premiers blogs d’influence de l’Intelligence Economique en France. Elle place le blog de Jacques Breillat à la 6ème place au niveau national dans la catégorie Intelligence économique.
J’adresse un grand merci aux lecteurs et aux abonnés RSS pour leur fidélité.
Spin Doctor: la fabrique de l’opinion ?
Lundi 11 avril 2011 | Concepts et conceptions, Lobbying | Pas de commentaire
L’intelligence économique s’intéresse à la maîtrise et à la protection des informations stratégiques utiles aux décideurs publics et privés. Pour autant, l’intelligence économique ne délaisse pas la réflexion sur les logiques d’influence, celles qui consistent à utiliser l’information pour promouvoir des intérêts économiques (lobbying, public affairs) ou pour mettre un concurrent en difficulté (désinformation, buzz).
Dans le champ de l’influence, certains experts tiennent une place à part. Ils sont appelés les « spin doctors ». Ces spécialistes élaborent des plans d’action pour modeler l’opinion publique. Ces professionnels sont parfaitement rompus aux techniques de l’art de raconter des histoires (storytelling). A l’heure du Web 2.0, les spin doctors sont des créateurs d’images, des producteurs de slogans et des marchands de symboles.
Le spin doctor se présente le plus souvent sous le visage rassurant et affable du spécialiste de relations publiques ou de marketing. Il est doté de deux qualités professionnelles essentielles. Premièrement, le spin doctor est un stratège qui sait définir des axes de travail et articuler l’action de terrain. Deuxièmement, il est un « médiologue » qui sait manipuler les codes sociaux et choisir les bons vecteurs d’expression. On traduit littéralement le terme de spin doctor par « Docteur Folimage ». En effet, le génie de ces professionnels de la communication est d’instiller « le bon message, au bon moment » pour rencontrer le temps social. La démarche n’est pas très morale. Certains parlent même de manipulation. Mais pour les spin Doctors: « l’opinion publique ne reçoit que l’information avec laquelle elle a rendez-vous ».
« Café de l’académie » en Aquitaine
Lundi 21 février 2011 | Actualité de l'IE | Pas de commentaire
Le 3 février dernier, j’organisais à l’IAE de Bordeaux un « Café de l’académie », un petit-déjeuner en partenariat avec l’Académie des Dirigeants d’Aquitaine sur le thème suivant : « Intelligence économique : un nouvel outil d’influence pour les décideurs publics et privés ? ». Les 23 décideurs présents ont été accueillis par un discours de bienvenue du Professeur Gérard Hirigoyen, Directeur du Pôle universitaire des sciences de gestion (PUSG). Le Professeur Serge Evraert, Directeur de l’IAE en déplacement à l’étranger était officiellement excusé. Retour sur événement…
« Comment la collecte d’informations ouvertes, par des moyens légaux, peut-elle contribuer utilement à la compétitivité des entreprises et à la performance des services publics ? » J’ai pu longuement développer les apports de l’intelligence économique à la stratégie des organisations, loin des accents «pathologiques » et des confusions si souvent entretenues entre « intelligence économique » et « espionnage industriel » par les médias. L’intelligence économique permet à la fois de nourrir la prise de décision en stratégique en alimentant le cycle de la veille, de protéger les richesses immatérielles de toute organisation (compétences, marque, réputation, savoir-faire…) et d’anticiper en déployant des techniques d’influence pour retarder, susciter ou amender des décisions publiques.
Dans un environnement économique mondialisé marqué par des relations de concurrence exacerbées, face aux développements exponentiels de l’information Web 2.0, aucune organisation publique ou privée ne peut se passer des outils de l’intelligence économique. Mon intervention était illustrée à partir de nombreux exemples concrets et opérationnels permettant de recourir à l’intelligence économique, aussi bien sur un plan défensif que sur un plan offensif.
Les chefs d’entreprises et les responsables de services publics participant à ce petit déjeuner se sont montrés particulièrement intéressés par les clefs de lecture et les outils de l’intelligence économique. Les échanges furent nourris et constructifs.
“Perception management” ou manipulation ?
Vendredi 23 juillet 2010 | Concepts et conceptions, Lobbying | Un commentaire
Le “management de la perception” (perception management) regroupe l’ensemble des actions légales permettant de modifier la perception d’une personne ou d’une organisation, afin de lui faire intégrer ou accepter un ensemble d’informations ou de valeurs. Ces techniques de communication font partie intégrante de l’Intelligence économique car elles permettent de renforcer la position d’une entreprise, d’un produit ou d’une marque en influençant durablement les consommateurs.
Avec ce type d’approche sophistiquée, il ne s’agit plus d’orchestrer une manœuvre de désinformation ou d’intoxiquer les partenaires d’un concurrent par une campagne de dénigrement. En effet, la désinformation agressive expose ses initiateurs à un risque judiciaire pour diffusion de fausses informations, à une détérioration de l’image de l’entreprise et à l’effet boomerang d’actions offensives mal maîtrisées.
A l’inverse, le perception management s’impose presque imperceptiblement par sa discrétion, puisqu’il s’insère dans un cadre de références cognitives. Il s’agit d’agir sur les perceptions d’une cible (individu / groupe / communauté…) pour obtenir des actions (soutien / adhésion / consommation) favorables aux objectifs de l’émetteur. Mis en œuvre par de grands groupes, le perception management combine donc les méthodes complexes de la psychologie et du marketing pour conforter une logique d’intérêts privés. Pour caractériser ces techniques, certains n’hésiteront pas à parler de manipulation des perceptions…
Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 23/07/2010
Lobbying : la faute à Rousseau !
Vendredi 28 mai 2010 | Lobbying | 2 commentaires
Le lobbying est un ensemble coordonné d’actions destinées à influencer directement ou indirectement le processus d’élaboration, d’application ou d’interprétation des mesures législatives, des normes et des règlements. Plus généralement, le lobbying peut s’appliquer à toute intervention ou décision des pouvoirs publics locaux, nationaux ou internationaux.
Les techniques du lobbying visent à apporter de l’information à une personne ou une institution publique que l’on désire influencer, à partir d’argumentaires ciblés (« position paper »). Bien évidemment, cette information est « mise en forme » pour promouvoir une logique d’intérêt privé ou corporatiste. Dans un processus de veille, on collecte, traite et diffuse une information extraite dans l’environnement de l’entreprise pour nourrir une prise de décision stratégique en interne. Avec le lobbying, c’est symétriquement l’inverse. On essaye d’« injecter » certaines informations issues des choix stratégiques de l’entreprise dans un environnement de politique publique.
Selon sa stratégie, chaque « influenceur » cherchera à promouvoir un texte, à en obtenir le retrait, à l’édulcorer pour en neutraliser les effets ou encore à gagner du temps en différant son application. Dans une démocratie pluraliste, la démarche de lobbying participe donc à la construction des décisions publiques, en « éclairant » les administrations sur les conséquences de leurs choix. On est bien loin du mythe désincarné de la Loi expression désincarnée de la volonté générale. Autant dire que les manuels français demeurent relativement muets sur les techniques de lobbying… C’est sans doute la faute à Rousseau.
Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS du 28/05/2010
Boycott : le nouveau pouvoir d’achat ?
Mardi 6 avril 2010 | Lobbying | Un commentaire
Le boycott apparaît au 19ième siècle lorsqu’en 1879, Charles Cunningham Boycott exige un prix élevé et parfaitement prohibitif, en contrepartie de terres en location. Nous sommes en pleine famine irlandaise dans le Comté de Mayo. Les fermiers et les ouvriers agricoles décident alors de geler la récolte pendant une année et refusent de payer. Ils provoquent ainsi la ruine de leur propriétaire.
Le boycott est un outil d’influence très utilisé dans les pays anglo-saxons pour contraindre des firmes à prendre en compte les attentes ou les impératifs éthiques des consommateurs. Ce mode de revendication tend aussi à se développer en France. En effet, tout produit ou composante d’un produit peut faire l’objet d’un refus de consommer. Par exemple, l’huile de palme utilisée par l’industrie agro-alimentaire et accusée d’être à l’origine de la déforestation en Indonésie, est placée dans le collimateur des ONG. Il en va de même pour les OGM récemment « blacklistés » par Greenpeace. En 2001, une campagne Internet « jeboycotteDanone.com » entendait dénoncer un plan social chez Danone.
La concurrence et les marchés n’échappent plus aux actions militantes de ces « consommacteurs ». Dans une logique d’influence, le Boycott est l’expression aboutie d’un pouvoir d’achat passant par l’appel au refus d’acheter. Les entreprises doivent donc surveiller Internet pour savoir ce que l’on dit de leur réputation corporate, de leurs marques, de leurs produits, de leurs pratiques sociales et environnementales…
Qui décide ?
Vendredi 29 janvier 2010 | Renseignement commercial | Un commentaire
Dans la vente de produits ou de services, tout vendeur est soumis à un impératif : connaître son donneur d’ordre réel. Or, le signataire de la commande ou la personne située en haut de l’organigramme n’est pas toujours le véritable décideur. Une question centrale est alors posée : « Qui décide ? », c’est-à-dire qui détient le pouvoir réel d’achat…
Pour identifier le donneur d’ordre réel, l’Intelligence économique propose des outils d’investigation et des méthodes de recueil d’information. Il s’agit essentiellement de techniques de questionnements et de renseignements humains. En périphérie du donneur d’ordre « apparent », on abordera des contacts professionnels ou plus personnels pour évaluer l’influence concrète du donneur d’ordre sur la prise de commande. En exploitant méthodiquement les réseaux humains internes ou externes, il est rare que l’on ne finisse pas par comprendre les subtilités du processus décisionnel d’une entreprise.
Une fois ciblé le véritable décideur, on pourra s’appuyer sur les collaborateurs qui permettent dans son environnement proche d’influencer la prise de décision. La démarche d’approche prend un peu de temps… mais en matière d’Intelligence commerciale, le chemin du succès n’est pas forcément le chemin le plus court…
Lobbying : l’exemple des lampes à incandescence
Mardi 23 juin 2009 | Lobbying | Pas de commentaire
« Souffrances aux nouvelles lampes à économie d’énergie« , tel est le titre d’un document réalisé par Jean-Sébastien Lemay, dans le cadre du cours dispensé par Bruno Gosselin à l’ISEL (Institut Supérieur Européen de Lobbying). Alors que le lobbying est souvent critiqué, parce qu’on pense toujours qu’il s’accompagne de pots-de-vin et autres malversations financières, pour le compte d’intérêts particuliers et bien souvent malhonnêtes, ce document possède l’intérêt de donner un exemple de ce qu’est le lobbying dans ses actions les plus courantes. Il s’agit ici, pour les personnes qui développent des maladies à cause des rayonnements d’UV et des rayonnements magnétiques, de demander une adaptation de la loi européenne organisant la disparition des ampoules à incandescence d’ici à 2016. L’enjeu pour ces personnes est simple, et devrait être entendu de tous : éviter d’être abandonnées, chez elles, dans le noir total…
Lobbying américain à Bruxelles
Mardi 16 juin 2009 | Lobbying | Un commentaire
Réalisé par Vincent Lheure sous la direction de Bruno Gosselin (directeur de l’Institut Européen du Lobbying), le document « La présence et l’influence des lobbies américains à Bruxelles » présente succinctement l’ampleur du lobbying américain mené à Bruxelles. Les quelques chiffres de l’introduction soulignent d’abord l’importance de la communication d’influence dans ce qui est la deuxième capitale mondiale du lobbying, où sont décidées 80 % des lois européennes.
Mais surtout, on y découvre l’importance de l’action menée par les entreprises américaines qui, via l’ICCF (International Council for Capital Formation) par exemple, peuvent agir directement non seulement sur des sujets précis (énergie, environnement, santé,…), mais aussi sur les grands choix politiques de l’Union.
Pour une entreprise européenne, il est important de prendre en compte cette influence réelle d’entreprises concurrentes, pour ne pas se voir imposer des règlements et autres normes favorables aux entreprises d’Outre-Atlantique. Il leuf faut pour cela d’abord accepter d’utiliser des méthodes de communication d’influence, puisque le fonctionnement de l’Union et l’élaboration des lois reposent sur les principes du lobbying.
Etat, entreprises, Intelligence économique, quel rôle pour la puissance publique ?
Vendredi 20 mars 2009 | Intelligence territoriale, Note de lecture, Politique publique | Pas de commentaire
Les tenants du libéralisme absolu ont cru que le développement économique et politique de nos sociétés marquerait la disparition de l’Etat. Or, l’économie n’a pas connu et ne connaît pas le développement universel et sans limite que ces intellectuels imaginaient. Au contraire, le développement économique peut déboucher sur des situations chaotiques, comme la crise actuelle nous le rappelle, et cela de manière imprévisible. Dans ce contexte, l’information relative à l’économie revêt un rôle capital.
C’est en se basant sur ce constat que Xavier Leonetti a écrit sa thèse, « Etat, entreprises, Intelligence économique, quel rôle pour la puissance publique ? », présentée et soutenue le 7 novembre 2008. Il perçoit l’Intelligence économique (IE) comme un levier de renouveau de la politique publique, levier qui participe à la réforme de l’Etat. De plus en plus, ce dernier passe de la défense nationale (militaire) à la sécurité nationale (économique), l’économie étant devenue le facteur principal de la puissance.
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