Archive du février, 2008
War room à l’américaine
Vendredi 22 février 2008 | Concepts et conceptions, Politique publique | Pas de commentaire
L’agressivité concurrentielle constitue l’alphabet de base nécessaire au pilotage stratégique des entreprises. En effet, plus les marchés sont saturés et plus l’intensité concurrentielle comporte des risques de dérapages importants. Les spécialistes d’intelligence économique désignent ce contexte hyperconcurrentiel sous l’expression de “guerre économique”.
Et les américains ont ouvert la voie de l’intelligence économique offensive en constituant des War room au sein de leurs multinationales. Il s’agit de cellules opérationnelles comprenant généralement trois personnes : un juriste pour protéger les informations sensibles, un scientifique de haut niveau pour pointer les technologies à acquérir et un spécialiste de l’intelligence économique pour traquer et collecter l’information utile. Ces War room s’intéressent aux sujets pointus comme les nouveaux matériaux, la simulation numérique, les moteurs d’avions, de missiles, de lanceurs, la technologie des composants, les hommes clés des entreprises concurrentes, la stratégie et le financement des entreprises, la sécurité des systèmes d’information, les techniques de fusion et acquisition, les recherches en laboratoire universitaire… La démarche d’une War room est entièrement tendue vers l’acquisition d’informations à forte valeur ajoutée. Elle implique aussi une stratégie structurée de surveillance des environnements. Elle ne s’interdit pas d’engager des opérations de communication visant à influencer les élites et les opinions au niveau mondial (perception management).
Jacques BREILLAT
Article paru le 22-02-2008 dans APS N°1613 – Les clefs de l’Intelligence économique
Les acteurs de l’IE
Vendredi 8 février 2008 | Politique publique | Pas de commentaire
Dans un récent classement intitulé “Le top 100 de l’intelligence économique en France”, on apprend qu’il existe trois catégories d’acteurs de l’intelligence économique (IE) : les entreprises, les prestataires et l’État. Les entreprises développent trois grandes stratégies par rapport à l’IE. Une première catégorie d’entreprises revendique des politiques d’intelligence économique actives. Elles affichent explicitement leur intérêt pour la démarche en internalisant une cellule IE. C’est le cas d’entreprises comme Air France, Snecma, Aventis, France Télécom ou AREVA… Une deuxième catégorie d’entreprises confie ces questions aux directeurs des systèmes d’information (DSI) témoignant une sensibilité accrue pour la sécurité informatique et la gestion des connaissances (Knowledge Management). C’est le cas par exemple de Renault. Une troisième catégorie d’entreprises intègre l’IE dans le cadre de sa politique de sécurité globale. Le directeur de la sécurité veille alors à la protection physique et juridique du patrimoine immatériel.
Pour résumer, il existe une véritable hétérogénéité fonctionnelle dans les pratiques d’IE. Certains acteurs en font un véritable projet managérial affichant sans aucun complexe une posture d’IE. D’autres préféreront agir au coup par coup en fonction des modifications de l’environnement économique, réservant l’IE au sommet de la hiérarchie (top management). De par sa nature transversale, l’intelligence économique s’adapte nécessairement à la culture de chaque entreprise.
Jacques BREILLAT
Article paru le 08-02-2008 dans APS N°1611 – Les clefs de l’intelligence économique
Le « Rapport Martre » disponible en ligne
Jeudi 7 février 2008 | Bibliographie, Politique publique | Pas de commentaire
Une excellente initiative de la documentation française avec la mise en ligne du Rapport Martre (1994). Un « grand classique » très souvent cité et parfois bien peu lu…
Comme le souligne la documentation française en exergue: « Ce rapport étudie l’intelligence économique entendue comme l’ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution de l’information utile aux acteurs économiques. Dans un premier temps, il procède à une analyse comparée des systèmes d’intelligence économique dans le monde fondée notamment sur les exemples du Japon, des Etats-Unis et de l’Allemagne. Puis, il présente une évaluation de la gestion stratégique en France, jugée très en retrait par rapport à ses concurrents : conception partielle de l’intelligence économique, veille technologique encore balbutiante dans l’immense majorité des PME et PMI, méconnaissance des mécanismes mis en oeuvre par les systèmes productifs offensifs… Enfin, il émet des propositions visant à corriger ces lacunes : diffuser la pratique de l’intelligence économique dans l’entreprise, optimiser les flux d’informations entre le secteur public et le secteur privé, concevoir les banques de données en fonction des besoins de l’utilisateur, mobiliser le monde de l’éducation et de la formation. »
Ce rapport est au fondement de la politique publique d’intelligence économique en France. A lire…
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