Archive du décembre, 2010
Manager les risques
Vendredi 24 décembre 2010 | Protection des informations | Pas de commentaire
L’Intelligence économique (IE) porte sur la maîtrise et la protection des informations stratégiques utiles aux décideurs publics et privés. Certains spécialistes d’IE s’intéressent plus particulièrement à la gestion des risques en entreprise.
Ces experts distinguent quatre grands types de risques. Les risques de sécurité sont liés à des accidents involontaires sur les installations : incendie, accidents du travail… Les risques de sûreté sont liés à des actes volontaires de malveillance humaine : chantage, intrusion dans les systèmes d’information, abus de confiance, vol, déstabilisation, espionnage industriel… Les risques environnementaux sont liés aux risques naturels : inondation, feu de forêt, tremblement de terre, pollution de l’air et de l’eau… Les risques managériaux portent sur l’activité entrepreneuriale : perte de savoir-faire et de compétences clés, image et réputation, dépendance aux fournisseurs, insolvabilité des clients…
Ces dernières années, on constate une montée en puissance des risques environnementaux et managériaux. En effet, les attentes des parties prenantes (clients, actionnaires, fournisseurs, ONG…) sont de plus en plus fortes à l’égard des organisations, comme le démontre l’adoption de la norme ISO 26000 sur la responsabilité sociétale et environnementale. Chaque chef d’entreprise doit prendre en compte l’ensemble de ces attentes pour maîtriser les risques propres à son activité. Désormais, les managers savent qu’il faut à la fois prendre des risques pour entreprendre et maîtriser chaque risque pour durer…
Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 24/12/2010
Approcher la concurrence : la stratégie indirecte
Jeudi 16 décembre 2010 | Knowledge management, Renseignement commercial | Pas de commentaire
Dans un précédent post, nous évoquions la « structure utile » délimitée par l’exploration des réseaux sociaux. Cette structure utile peut aussi ouvrir la voie à une approche plus indirecte des concurrents, fondée sur l’ingénierie sociale. Il n’est plus alors question d’entrer directement en contact avec la personne profilée mais de détecter dans son environnement social, professionnel, familial ou amical (avec Facebook « les amis de mes amis sont souvent mes amis »…) des points de contact et donc des points d’entrée chez les concurrents, constituant ainsi un véritable réseau de renseignement humain [1]. La démarche de renseignement ainsi construite consiste à définir des besoins en sources dans différents domaines (technique, commercial, financier…), à localiser des sources potentielles (ciblage), à dresser une liste de personnels intéressants (répertorier, sélectionner), à établir des contacts directs ou indirects, et à amorcer la source ou les sources à partir de tests de production allant de la demande d’informations simples et ouvertes à des demandes d’informations plus pointues et sensibles. Avec ce type de démarche méthodique, les réseaux sociaux offrent l’opportunité de décrypter le réseau de partenaires d’un concurrent ou de se constituer un réseau d’experts… Ces démarches de renseignement humain existaient bien avant le développement des réseaux sociaux, mais elles nécessitaient des actions d’approche souvent longues, délicates et coûteuses. Elles sont aujourd’hui simplifiées. Une approche moins personnelle peut aussi être initiée en tapant le nom de l’entreprise concurrente dans les moteurs de recherche des réseaux sociaux. On voit ainsi se dessiner un véritable réseau de contacts utiles, permettant de constituer un réseau de renseignement humain en auditionnant d’anciens salariés ou d’anciens stagiaires d’un concurrent. › Lire la suite
Au pays charmant de la transparence…
Vendredi 10 décembre 2010 | Actualité de l'IE, Protection des informations | Pas de commentaire
L’affaire Wikileaks fait frémir les affaires étrangères américaines et l’ensemble des chancelleries dans le monde. La mise en ligne de 250 000 câbles diplomatiques n’est certes pas un acte anodin. Nous mettrons volontairement de côté la lancinante question de l’opportunité d’une telle démarche, délaissant le débat « insoluble » sur la légitimité d’une telle transparence. En revanche, le professionnel de l’Intelligence économique trouvera matière à réflexion concernant la protection des données et le mode opératoire de captation d’informations sensibles.
Première faille : il y avait une absence de cloisonnement dans l’accès aux données. Un simple opérateur a pu accéder à l’ensemble des données disponibles. Or dans toute organisation, il est impératif de prévoir des accès différenciés en fonction de la position de chacun dans l’organigramme. En dehors des nécessités imposées par le pilotage stratégique, personne ne devrait logiquement pouvoir accéder à l’ensemble des données stockées sur le serveur. Deuxième faille : l’opérateur a pu charger impunément des mégaoctets d’information sans alerter personne. Or tout système informatisé devrait produire automatiquement une alerte lorsqu’un utilisateur charge massivement des données, alors même qu’il n’a pas besoin d’en connaître.
Finalement, on peut s’étonner que l’administration américaine n’ait pas prévu de telles barrières de protection sur son système d’information. On s’imagine généralement que les moyens de protection des grandes organisations sont toujours les plus performants. C’est oublier un peu vite qu’une grande organisation demeure soumise à trois grands risques humains: l’anonymat, la routinisation des procédures et la dilution des responsabilités.
Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 10/12/2010
Image sociale de l’entreprise : un axe de veille concurrentielle
Mercredi 1 décembre 2010 | Veille stratégique | Un commentaire
Après la vague de suicides largement médiatisée chez France télécom, les chefs d’entreprise, les salariés et leurs représentants s’inquiètent de voir l’image sociale de leur entreprise se dégrader. Une étude récente (cf. doc PDF) conduite pour BPI par l’institut BVA auprès de 1 000 salariés, 203 représentants du personnel et 201 chefs d’entreprise montre que 90 % des salariés interrogés pensent que cette image sociale de l’entreprise est génératrice de business. Dans cette même étude, les ¾ des chefs d’entreprise interrogés considèrent que l’image sociale de leur entreprise peut influer sur la qualité des relations commerciales et sur l’attrait des offres commerciales de produits ou de services. Autrement dit, la Responsabilité sociale de l’entreprise contribuerait activement à assurer la prospérité et le développement de l’entreprise en maintenant une bonne image auprès des clients.
Dans le même sens, le « Baromètre de confiance Edelman 2010 » (cf. ce lien) réalisé auprès de 4 875 leader d’opinion dans 22 pays relève le poids important des impératifs de Ressources humaines dans l’évaluation de la réputation des entreprises, spécifiquement en France.
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