Lobbying

Lobbying : la faute à Rousseau !

Vendredi 28 mai 2010 | Lobbying | 2 commentaires

Le lobbying est un ensemble coordonné d’actions destinées à influencer directement ou indirectement le processus d’élaboration, d’application ou d’interprétation des mesures législatives, des normes et des règlements. Plus généralement, le lobbying peut s’appliquer à toute intervention ou décision des pouvoirs publics locaux, nationaux ou internationaux.

Les techniques du lobbying visent à apporter de l’information à une personne ou une institution publique que l’on désire influencer, à partir d’argumentaires ciblés (« position paper »). Bien évidemment, cette information est « mise en forme » pour promouvoir une logique d’intérêt privé ou corporatiste. Dans un processus de veille, on collecte, traite et diffuse une information extraite dans l’environnement de l’entreprise pour nourrir une prise de décision stratégique en interne. Avec le lobbying, c’est symétriquement l’inverse. On essaye d’« injecter » certaines informations issues des choix stratégiques de l’entreprise dans un environnement de politique publique.

Selon sa stratégie, chaque « influenceur » cherchera à promouvoir un texte, à en obtenir le retrait, à l’édulcorer pour en neutraliser les effets ou encore à gagner du temps en différant son application. Dans une démocratie pluraliste, la démarche de lobbying participe donc à la construction des décisions publiques, en « éclairant » les administrations sur les conséquences de leurs choix. On est bien loin du mythe désincarné de la Loi expression désincarnée de la volonté générale. Autant dire que les manuels français demeurent relativement muets sur les techniques de lobbying… C’est sans doute la faute à Rousseau.

Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS du 28/05/2010

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Boycott : le nouveau pouvoir d’achat ?

Mardi 6 avril 2010 | Lobbying | Un commentaire

Le boycott apparaît au 19ième siècle lorsqu’en 1879, Charles Cunningham Boycott exige un prix élevé et parfaitement prohibitif, en contrepartie de terres en location. Nous sommes en pleine famine irlandaise dans le Comté de Mayo. Les fermiers et les ouvriers agricoles décident alors de geler la récolte pendant une année et refusent de payer. Ils provoquent ainsi la ruine de leur propriétaire.

Le boycott est un outil d’influence très utilisé dans les pays anglo-saxons  pour contraindre des firmes à prendre en compte les attentes ou les impératifs éthiques des consommateurs. Ce mode de revendication tend aussi à se développer en France. En effet, tout produit ou composante d’un produit peut faire l’objet d’un refus de consommer. Par exemple, l’huile de palme utilisée par l’industrie agro-alimentaire et accusée d’être à l’origine de la déforestation en Indonésie, est placée dans le collimateur des ONG.  Il en va de même pour les OGM récemment « blacklistés » par Greenpeace. En 2001, une campagne Internet « jeboycotteDanone.com » entendait dénoncer un plan social chez Danone.

La concurrence et les marchés n’échappent plus aux actions militantes de ces « consommacteurs ». Dans une logique d’influence, le Boycott est l’expression aboutie d’un pouvoir d’achat passant par l’appel au refus d’acheter. Les entreprises doivent donc surveiller Internet pour savoir ce que l’on dit de leur réputation corporate, de leurs marques, de leurs produits, de leurs pratiques sociales et environnementales…

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Ecologie : la bataille du lobbying

Vendredi 9 octobre 2009 | Lobbying | Pas de commentaire

L’adoption par l’Union Européenne du paquet énergie-climat en 2008 et la tenue du prochain sommet de Copenhague en décembre stimulent visiblement l’action des lobbyistes à Bruxelles. La pression du lobbying « vert » monte sur l’ensemble des sujets sensibles touchant à l’environnement. Le développement durable est devenu un sujet de société mais aussi un référentiel incontournable pour les industriels. Résultat : on dénombrait au total 1657 « représentants d’intérêts » officiellement enregistrés par la commission européenne au mois de juillet dernier. Et les ONG ne sont pas en reste, ainsi Greenpeace ou WWF disposent de délégations importantes à Bruxelles. Le Bureau européen de l’environnement représente près de 140 associations de défense de l’environnement.

Rejet de CO2, OGM, énergies renouvelables, pesticides… des milliers de consultants et d’avocats s’affrontent avec les associations écologistes. L’élaboration de chaque norme environnementale est l’enjeu d’un âpre combat d’influence. Chacun sait désormais que la détermination des standards réglementaires aura des répercussions directes sur l’activité des industriels et sur la protection des consommateurs. Face aux moyens colossaux déployés par les industriels, les ONG maîtrisent le « rapport du faible au fort ». Elles s’appuient sur une maîtrise du fonctionnement des médias et font campagne sur Internet pour sensibiliser l’opinion publique.

Nous sommes décidément bien loin du mythe de la volonté générale de Jean-Jacques Rousseau. En démocratie pluraliste, les normes juridiques sont souvent le fruit de transactions et de négociations entre des intérêts opposés. La question majeure du développement durable n’échappe pas à cette règle.

Article paru dans APS, Les Clefs de l’IE

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« Cyberlobbying » ou simplement « lobbying » ?

Vendredi 25 septembre 2009 | Lobbying | Pas de commentaire

L’Intelligence économique est constituée de trois « piliers » : la veille, la protection des informations stratégiques et la gestion de l’influence (lobbying). Les techniques d’influence se sont profondément enrichies avec le développement de l’Internet, au point que certains auteurs n’hésitent plus à parler de « cyberlobbying ». Pour François Descheemaker, le cyberlobbying ou « e-lobbying » (on parle aussi de « lobbying on line ») est « la mise en œuvre des nouvelles technologies de l’information et de la communication et de leurs applications dans le cadre d’une campagne d’actions participant à une stratégie visant à exercer une influence sur un décideur public ». L’auteur défend l’idée selon laquelle nous serions passés du « lobbying classique » au cyberlobbying.

On peut s’interroger sur la spécificité de ce cyberlobbying. En effet, les méthodes d’influence dépendent toujours de l’état des techniques disponibles à une époque donnée.  Et l’utilisation de ces méthodes est elle-même définie comme plus ou moins acceptable dans un contexte culturel situé. Dès lors, le champ du cyberlobbying ne fait qu’intégrer les outils disponibles via le Web. Chacun dispose finalement de ce que le politiste Charles Tilly appelle un « répertoire d’action », c’est-à-dire « les moyens établis que certains groupes utilisent afin d’avancer ou de défendre leurs intérêts ». Les actions de lobbying s’appuient sur les nouvelles potentialités d’Internet, de la même façon qu’en son temps d’autres actions avaient intégré la presse, l’affichage, la télévision… Il ne faudrait pas céder à la sidération de l’Internet. Finalement, nous sommes peut-être moins face à une forme nouvelle de lobbying qu’en face d’un renouvellement des techniques d’influence. Et Internet ne serait alors que le prolongement du lobbying « classique » par d’autres moyens…

Article paru dans APS, Les Clefs de l’IE

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Lobbying : remise des prix de l’ISEL

Jeudi 17 septembre 2009 | Evènement, Lobbying | Pas de commentaire

isel-logoMardi 30 juin, j’ai assisté à la remise des prix de l’ISEL (Institut Supérieur Européen du Lobbying), au Sénat, en présence du Sénateur Haenel, Président de la Commission des Affaires Européennes, et du Sénateur César, défenseur de la viticulture française. Voici quelques photos de cette remise des prix, dont les Lauréats sont maintenant experts en lobbying, formés à bonne école…

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Lobbying : l’exemple des lampes à incandescence

Mardi 23 juin 2009 | Lobbying | Pas de commentaire

ampoule« Souffrances aux nouvelles lampes à économie d’énergie« , tel est le titre d’un document réalisé par Jean-Sébastien Lemay, dans le cadre du cours dispensé par Bruno Gosselin à l’ISEL (Institut Supérieur Européen de Lobbying). Alors que le lobbying est souvent critiqué, parce qu’on pense toujours qu’il s’accompagne de pots-de-vin et autres malversations financières, pour le compte d’intérêts particuliers et bien souvent malhonnêtes, ce document possède l’intérêt de donner un exemple de ce qu’est le lobbying dans ses actions les plus courantes. Il s’agit ici, pour les personnes qui développent des maladies à cause des rayonnements d’UV et des rayonnements magnétiques, de demander une adaptation de la loi européenne organisant la disparition des ampoules à incandescence d’ici à 2016. L’enjeu pour ces personnes est simple, et devrait être entendu de tous : éviter d’être abandonnées, chez elles, dans le noir total…

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Lobbying américain à Bruxelles

Mardi 16 juin 2009 | Lobbying | Un commentaire

drapeau_europe-usaRéalisé par Vincent Lheure sous la direction de Bruno Gosselin (directeur de l’Institut Européen du Lobbying), le document « La présence et l’influence des lobbies américains à Bruxelles » présente succinctement l’ampleur du lobbying américain mené à Bruxelles. Les quelques chiffres de l’introduction soulignent d’abord l’importance de la communication d’influence dans ce qui est la deuxième capitale mondiale du lobbying, où sont décidées 80 % des lois européennes.

Mais surtout, on y découvre l’importance de l’action menée par les entreprises américaines qui, via l’ICCF (International Council for Capital Formation) par exemple, peuvent agir directement non seulement sur des sujets précis (énergie, environnement, santé,…), mais aussi sur les grands choix politiques de l’Union.

Pour une entreprise européenne, il est important de prendre en compte cette influence réelle d’entreprises concurrentes, pour ne pas se voir imposer des règlements et autres normes favorables aux entreprises d’Outre-Atlantique. Il leuf faut pour cela d’abord accepter d’utiliser des méthodes de communication d’influence, puisque le fonctionnement de l’Union et l’élaboration des lois reposent sur les principes du lobbying.

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Contributions de l’IE à « l’immatériel de rassurance »

Mercredi 4 mars 2009 | Lobbying, Note de lecture, Veille stratégique | 2 commentaires

Les présentes réflexions s’appuient sur la lecture de l’ouvrage de R. Rochefort, La société des consommateurs, et notamment sur le concept « d’immatériel de rassurance ». L’article explore les relations ténues entre « Intelligence économique » et « immatériel de rassurance ».

Depuis le début des années 1990,  la société de consommation a pris un tournant important, celui du « marketing des nouveaux besoins ». Le prix des produits et des services n’est plus directement lié à la structure des  coûts de production, comme dans la phase industrielle classique précédente. La corrélation  entre le prix de vente et le coût de production se distend, se disjoint et finit même par se dissiper. La question fondamentale désormais est bien de mesurer combien le consommateur est prêt à payer. En fait, chaque nouvelle offre commerciale « vaut ce qu’elle se vend » et le consommateur fixe in fine le niveau de certains prix sur le marché.

Selon ce mouvement, les caractéristiques fonctionnelles du produit (utilité, fiabilité, qualité, sécurité) sont étroitement imbriquées dans des caractéristiques plus immatérielles. La consommation est devenue, selon l’expression de Robert Rochefort, un enjeu « de besoin, de plaisir et de désir » [R. Rochefort, 2001, p. 25]. Les spécialistes de la publicité, ceux du marketing et du social learning, s’allient pour sublimer les vertus symboliques induites des produits et des services. La consommation est devenue une affaire complexe d’aspiration, d’envie, mais aussi de reconnaissance. Suivant cette tendance, la composante immatérielle de chaque objet de consommation n’a plus rien à voir avec l’utilisation concrète et directe qu’en fait le consommateur. Il s’agit d’inclure et d’incorporer l’imaginaire du consommateur dans la composition du nouveau bien ou du nouveau service. « La composante immatérielle a toujours une réalité mais ce qui la définit avant tout, c’est sa potentialité » [R. Rochefort, 2001, p. 34]. Il va donc falloir « sonder les cœurs et les âmes » des consommateurs pour pénétrer leur psychisme et décoder la structuration des imaginaires. L’objectif reste bien sûr de manipuler ces codes pour séduire les appétits, flatter les besoins, et déclencher l’acte d’achat. La communication immatérielle procède donc fondamentalement de cette « parole manipulée » qui vise à produire « un message, dans sa dimension cognitive, ou sous sa forme affective (…) conçu pour tromper, induire en erreur, faire croire ce qui n’est pas » [P. Breton,2000, p. 25].

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Le risque opinion

Lundi 2 mars 2009 | Bibliographie, Formation, Lobbying, Note de lecture | Pas de commentaire

L’intelligence économique (IE) vise à la protection des informations stratégiques en entreprise. C’est l’IE  qui déploie des outils permettant de protéger le patrimoine immatériel des entreprises. Parmi les risques encourus, il en est un que l’on nomme le « risque opinion ». En effet, nous vivons dans une société dans laquelle la transparence est devenue une obligation de gestion. Rien n’échappe aux regards de l’opinion qui n’hésite plus à mettre en cause la responsabilité de l’entreprise, son attitude et son comportement. L’image de l’entreprise et sa politique commerciale peuvent être durablement affectées par les jugements négatifs de l’opinion publique. Les chefs d’entreprise doivent donc prêter une oreille attentive aux inquiétudes manifestées par l’opinion : respect de l’environnement, des normes sanitaires, équité financière et responsabilité sociale sont autant de questions sensibles.

L’opinion est donc un risque pour l’entreprise, mais c’est un risque maîtrisable. On pourra développer une politique de communication corporate englobant l’influence auprès de l’ensemble des parties prenantes (salariés, actionnaires, clients, fournisseurs, pouvoirs publics, concurrents…). On mettra en place une veille stratégique qui permettra de détecter en amont le moindre bruit de l’opinion. Alertée très tôt par un signal faible, l’entreprise conserve des marges de manœuvre pour réagir et défendre son image. Mais si elle s’installe dans le déni et l’autisme, elle se condamne d’avance aux justifications les plus maladroites…

Article paru dans Aquitaine Presse Service (APS), Rubrique « Les Clés de l’intelligence économique »,    Vendredi 28 février 2009

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Réseaux sociaux : le livre blanc

Jeudi 26 février 2009 | Lobbying | Pas de commentaire

L’utilisation du terme « réseau » dans le sens « organisation dont les membres travaillent en liaison les uns avec les autres » est récente. En fait, le véritable terme qui correspond à cette définition est « réseau relationnel ». Il recouvre l’ensemble des « contacts » que nous rencontrons au cours de notre vie et de notre carrière. Contacts qui peuvent être à la fois personnels (la famille, les voisins, les anciens d’une école) et professionnels (les collègues, fournisseurs). Les réseaux qu’ils forment nous ont portés et accompagnés tout au long de notre vie, même si l’on ne s’en rend pas toujours compte ou que l’on ne cherche pas à les organiser.

Ces réseaux ont connu un développement encore plus massif avec le développement d’Internet, en particulier grâce aux outils disponibles sur la toile. Ces outils (forum, wiki,…) permettent à tout un chacun de publier en ligne afin de se faire connaître, de créer de nouveaux contacts, d’échanger simplement et rapidement avec eux. Ces nouveaux types de réseaux ont été appelés « réseaux sociaux », dont les plus connus sont Facebook et Viadeo. Le blog est également un des outils privilégiés du réseau, puisqu’il permet justement de publier sur Internet et autorise les visiteurs à laisser un commentaire.

Pour une entreprise, le travail en réseau est essentiel, car il réduit la prospection classique, épuisante, chronophage, aux résultats trop souvent peu encourageants. Au contraire, la « démarche réseau » permet de profiter des recommandations des contacts, ce qui est tout à la fois plus simple, plus efficace et plus gratifiant que la démarche de prospection traditionnelle.

Dans ce contexte, les entreprises, qui ont tout intérêt à développer leurs réseaux, se doivent de s’approprier les outils mis à leur disposition sur Internet. Elles aussi peuvent profiter, si elles savent s’en servir, des réseaux sociaux et des moyens de communication qui y sont utilisés. Jérôme Bondu et Alain Garnier ont publié leurs réflexions sur la question, en reprenant d’anciennes interventions, dans un document disponible en ligne et intitulé « L’Impact des réseaux sociaux ».

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