Ethique et gestion du risque en Intelligence économique

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Les attentes morales à l’égard des entreprises se sont énormément multipliées depuis plusieurs années. L’opinion publique s’emballe régulièrement à propos de plans sociaux annoncés dans des groupes qui font des bénéfices ou de délocalisations d’activités de production dans des pays étrangers à bas coûts. La norme ISO 26000 sur la responsabilité sociétale et environnementale des organisations vient formaliser ces obligations éthiques dans le domaine des affaires au sens large. Elle intègre les relations avec l’ensemble des parties prenantes: les clients, les fournisseurs, les partenaires mais aussi les salariés. Dans ce contexte, les entreprises doivent désormais prendre en compte la portée, l’efficience mais aussi la légitimité de leurs actions. Car en matière concurrentielle, la fin ne justifie pas toujours les moyens. C’est pourquoi, les pratiques de l’intelligence économique dites « offensives » sont soumises au regard exigeant des parties prenantes et de la société civile.

Certes, des entreprises peuvent légalement mettre en place des actions dans des zones grises: organiser la filature discrète de responsables commerciaux pour inventorier les clients des concurrents, organiser de faux recrutements pour débriefer les cadres de sociétés adverses, s’installer à proximité d’une table de restaurant pour y écouter les conversations, récupérer le contenu d’une poubelle d’entreprise pour y rechercher des pépites (plan stratégiques, propositions commerciales, documents budgétaire et comptables…). Pour autant, ces actions légales ne sont pas forcément éthiques. Et tout ce qui est autorisé n’est pas nécessairement opportun. Cette question d’éthique n’est pas une question strictement philosophique. Elle peut être abordée à l’aune du bilan économique coût/avantage et relève aussi de la gestion du risque. En effet, plusieurs sociétés ont récemment défrayé la chronique en se faisant prendre « la main dans le sac » en utilisant un répertoire d’actions offensives non éthiques. Leur image s’est trouvée alors durablement écornée. Or, l’image est une composante essentielle de la valeur de l’entreprise et de son capital immatériel. Céder à des pratiques douteuses ou « limites » sous l’effet de l’hyper concurrence peut donc se révéler très contre performant sur le plan économique et financier… Au final, la morale est sauve…

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