Dissonance cognitive
Samedi 13 mars 2010 | Veille stratégique | Pas de commentaire
En 1957, le spĂ©cialiste de psychologie sociale LĂ©on Festinger thĂ©orise le processus dit de la « dissonance cognitive ». Ce processus met en exergue la nĂ©cessitĂ© de rechercher une cohĂ©rence des croyances et des actions pour les diffĂ©rents participants au projet dâentreprise. En effet, si un salariĂ© voit lâadhĂ©sion au projet dâentreprise contrarier ses croyances profondes (c’est-Ă -dire en cas de « dissonance »), lâindividu va tenter de rĂ©tablir un Ă©quilibre en rĂ©interprĂ©tant ses croyances ou en modifiant ses comportements. Il va essayer de « rester en cohĂ©rence » avec lui-mĂȘme en trouvant un registre dâargumentation plus conforme aux attentes de son environnement.
Dans lâexercice de ses fonctions, le chargĂ© de la veille en entreprise connait parfois ces phases dites de « dissonance cognitive », notamment lorsque les informations collectĂ©es vont Ă lâencontre de la stratĂ©gie de lâentreprise. Autrement dit, si le veilleur doit rendre des conclusions trop contrariantes pour le top management et trop en rupture par rapport Ă la stratĂ©gie de lâentreprise, le risque est grand de le voir « rĂ©interprĂ©ter » les faits et « lisser » les signaux faibles. La rĂ©alitĂ© est ainsi prĂ©sentĂ©e sous un angle « acceptable pour tous » mais du coup les informations collectĂ©es perdent toute valeur ajoutĂ©e. Et la prĂ©servation du consensus interne ne permet plus dâinflĂ©chir la stratĂ©gie.
Article paru dans Aquitaine Presse Service (APS), Rubrique « Les clĂ©s de lâIE »
A lire: L’animation de la veille stratĂ©gique
Vendredi 5 mars 2010 | Note de lecture, Veille stratégique | Pas de commentaire
Lâouvrage « Lâanimation de la veille stratĂ©gique » Ă©crit par Humbert Lesca et Salima Kriaa Medhaffer vient de paraĂźtre aux Ă©ditions Lavoisier. La veille anticipative stratĂ©gique permet Ă lâentreprise dâacquĂ©rir des informations destinĂ©es Ă la prise de dĂ©cisions stratĂ©giques. Conçu comme un guide pratique, cet ouvrage prĂ©sente les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă la conception dâun projet de veille stratĂ©gique rĂ©ussi. Il accompagne pas Ă pas les responsables de veille, bien souvent novices dans lâĂ©laboration de leur projet.
Lâanimation de la veille stratĂ©gique propose des recommandations pour la mise en place du dispositif de veille (mĂ©thode L.E.Scanning) mais aussi concernant lâanimation et lâoptimisation de ce processus. Le dispositif de veille anticipative inclut des personnes rĂ©parties dans diffĂ©rents services de lâentreprise. Câest pourquoi ce livre introduit ici des critĂšres pour identifier un animateur veille potentiel, dont le rĂŽle est de structurer ce dispositif en forme de rĂ©seau et de coordonner les efforts individuels pour ne pas sâĂ©loigner des objectifs de lâentreprise. Autant de conseils pratiques utiles aux professionnels qui souhaitent amorcer un dispositif de veille en entreprise. A lire donc… et Ă appliquer sans modĂ©ration…
A lire : « Entre l’Etat et le marchĂ© »
Samedi 27 février 2010 | Note de lecture | Pas de commentaire
« Entre lâEtat et les marchĂ©s : lâinformation et lâintelligence Ă©conomique en France » vient de paraĂźtre aux Ă©ditions du nouveau monde, sous la Direction de mon collĂšgue SĂ©bastien Laurent, MaĂźtre de confĂ©rences Ă lâUniversitĂ© de Bordeaux et spĂ©cialiste reconnu de lâhistoire du renseignement. Lâouvrage collectif regroupe des contributions universitaires permettant la mise en perspective historique et sociale de lâintelligence Ă©conomique. Jâai participĂ© Ă cet ouvrage par un article consacrĂ© à  « Lâintelligence Ă©conomique Ă lâĂ©preuve de la dĂ©ontologie ».
La crise financiĂšre de 2008 et la rĂ©cession Ă©conomique ont rappelĂ© le rĂŽle majeur que les Ătats conservent Ă l’Ă©gard des phĂ©nomĂšnes Ă©conomiques mĂȘme s’ils n’en maĂźtrisent pas les rythmes. Bien que le marchĂ© et ses rĂšgles l’emportent, il serait imprudent de conclure pour notre temps au dĂ©clin absolu de l’Etat. Le regard panoramique proposĂ© dans ce volume sur l’information et l’intelligence Ă©conomique amĂšne Ă constater que l’Etat s’est progressivement construit une capacitĂ© d’information Ă©conomique indĂ©pendante du privĂ©, mais sans pour autant s’affranchir des rĂ©seaux privĂ©s. Le capitalisme mondial Ă©volue : Ă l’heure de la formation d’oligopoles mondiaux dans certains secteurs, de processus de fusions-acquisitions Ă l’Ă©chelle internationale, c’est la question de la nationalitĂ© du capital qui est posĂ©e. Ce ne sont plus alors les moyens techniques, juridiques ou financiers de l’Etat qui sont en cause, mais le principe mĂȘme de son intervention qui n’est plus possible. On peut aujourd’hui se demander si celui-ci n’est pas condamnĂ© Ă centrer l’intelligence Ă©conomique sur les petites et moyennes entreprises et si les anciens » grands fleurons » construits dans la France des Trente Glorieuses, tournĂ©s vers les marchĂ©s extĂ©rieurs, ne sont pas amenĂ©s Ă ne plus compter que sur leurs propres forces. Ce sont les transformations actuelles du capitalisme mondial qui fixent dĂ©sormais en grande partie les enjeux de l’information et du renseignement Ă©conomique.
A lire pour alimenter vos rĂ©flexionsâŠ
Le tropisme de l’information externe
Vendredi 26 février 2010 | Veille stratégique | Pas de commentaire
Les entreprises qui souhaitent rĂ©colter des informations sur leur environnement concurrentiel ou commercial ont une fĂącheuse tendance Ă recourir trop exclusivement Ă l’exploitation de lâinformation externe. En effet, les accĂ©lĂ©rations des technologies de l’information et de la communication favorisent objectivement lâaccĂšs Ă une masse considĂ©rable dâinformations disponibles via Internet et le Web 2.0. Pour toute question, on se jette alors sur Google sans retenue et sans phase prĂ©paratoire.
Les spĂ©cialistes de l’Intelligence Ă©conomique savent quâil est beaucoup plus difficile de mobiliser les informations internes dans lâentreprise. Pourtant, ces informations interne prĂ©sentent d’indĂ©niables avantages. Elles ne nĂ©cessitent pas de budget supplĂ©mentaire pour la collecte, pas de pĂ©riode dâinvestigation, pas dâabonnement Ă des bases de donnĂ©es et pas dâachat dâĂ©tudes de marchĂ©. Elles sont dĂ©jĂ prĂ©sentes dans lâorganisation et sont donc immĂ©diatement disponibles sans perte de temps superflue. Enfin, le plus souvent elles ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© exploitĂ©es par dâautres membres des Ă©quipes, ce qui allĂšge considĂ©rablement le processus de traitement et confĂšre la valeur ajoutĂ©e. Les informations internes sont donc plus intĂ©ressantes sur le plan de la maĂźtrise des coĂ»ts, des dĂ©lais et de la qualitĂ©.
Comme le disent les experts B. Besson et JC. Possin, « les entreprises françaises nâutilisent pas ou incomplĂštement les informations dont elles disposent, faute de confiance en elles-mĂȘmes ou de transparence interne ». Autant de raisons de rompre avec le tropisme de lâinformation externeâŠ
Article paru dans Aquitaine Presse Service (APS), 26 fĂ©vrier 2010, « Les clĂ©s de l’IE »
Guide pratique de la veille en PME-PMI
Jeudi 25 février 2010 | Outils pratiques PME/PMI, Veille stratégique | Pas de commentaire
Les technologies de lâinformation et de la communication favorisent l’accĂšs Ă une information est de plus en plus abondante.
Pour les entreprises, le dĂ©fi consiste Ă disposer des bonnes informations au bon moment, afin de pouvoir agir, rĂ©agir et dĂ©cider rapidement. Il faut aussi pouvoir disposer d’informations utiles, c’est-Ă -dire d’informations fiables et de qualitĂ©.
Or, lâexploitation systĂ©matique des informations, appelĂ©e communĂ©ment « veille » ne peut pas se faire au hasard. L’efficience de la dĂ©marche repose sur deux Ă©lĂ©ments clĂ©s : la connaissance et la maĂźtrise des diverses sources dâinformation et une organisation collective de gestion et de partage de lâinformation au sein de lâentreprise.
Le guide des bonnes pratiques en PME-PMI est un guide pragmatique et opĂ©rationnel tout particuliĂšrement adaptĂ© aux chefs d’entreprises et aux veilleurs en PME-PMI. Il montre au travers de 10 recommandations pratiques que la veille n’est pas une activitĂ© rĂ©servĂ©e aux grandes entreprises. En partant dâune analyse des pratiques informationnelles de lâentreprise, cet ouvrage vous guidera lors de la mise en place dâactions simples visant lâoptimisation dâune dĂ©marche de veille.
Jeunes diplomés du Master 2 IEMO Bordeaux
Lundi 22 février 2010 | EvÚnement, Formation | Pas de commentaire
Nous avions rĂ©cemment le plaisir de participer Ă la cĂ©rĂ©monie de remise des diplĂŽmes Ă l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de Bordeaux. Les Ă©tudiants du Master 2 « Intelligence Ă©conomique et management des organisations » (promotion 2008-2009) Ă©taient prĂ©sents pour recevoir leur diplĂŽme. Cette formation supĂ©rieure qui se dĂ©roule par voie d’apprentissage permet d’acquĂ©rir des connaissances solides mais aussi de dĂ©velopper des compĂ©tences en entreprise.
MADIE : lire le guide pratique
Mercredi 17 février 2010 | Actualité de l'IE, Bibliographie | Pas de commentaire
RĂ©digĂ© « par des dirigeants pour des dirigeants » de PME, ce guide pratique propose une MĂ©thode dâAide Ă la DĂ©cision par lâIntelligence Ăconomique (MADIE), que nous avions dĂ©jĂ prĂ©sentĂ©e dans un prĂ©cĂ©dent post
. L’objectif est de rendre lâorganisation plus innovante en adaptant en permanence la stratĂ©gie grĂące Ă la maĂźtrise des informations dĂ©cisives. Pour les auteurs: « Câest la somme des petites innovations quotidiennes qui crĂ©e Ă terme de grands avantages concurrentiels ». C’est pourquoi la mĂ©thode MADIE sâadresse Ă tous les dirigeants qui souhaitent prĂ©cisĂ©ment innover. Cette mĂ©thode permet de relier lâIntelligence Ă©conomique au pilotage stratĂ©gique et opĂ©rationnel de l’entreprise. Elle permet de construire un plan de veille Ă©volutif en impliquant tous ses collaborateurs dans la recherche et lâexploitation dâinformations dĂ©cisives. L’enjeu est de dĂ©velopper une meilleure capacitĂ© dâanticipation et une vision objective de son environnement lui permettant dâinnover. Elle adapte donc sa stratĂ©gie en permanence et cette souplesse fait la diffĂ©rence.
Journée de réflexion à Rabat le 3 mars
Dimanche 14 février 2010 | Actualité de l'IE, EvÚnement | Un commentaire
Apport de l’intelligence Ă©conomique pour la gouvernance stratĂ©gique de l’entreprise
Le Mercredi 3 Mars 2010
L’information apparaĂźt de plus en plus clairement comme une ressource stratĂ©gique de l’entreprise, facteur clĂ© de son aptitude Ă crĂ©er, Ă dĂ©velopper et Ă dĂ©fendre des avantages compĂ©titifs. Quels que soient leur taille ou leur secteur d’activitĂ©, les entreprises doivent disposer au bon moment des informations utiles Ă la mise en Ćuvre de leur stratĂ©gie. Il leur faut donc trouver, trier, traiter et intĂ©grer la masse d’informations qui leur est accessible.
Une dĂ©marche d’intelligence Ă©conomique permet d’exploiter complĂštement le facteur de compĂ©titivitĂ© que constitue pour toute entreprise la maĂźtrise des flux d’information, en particulier pour systĂ©matiser une dĂ©marche prospective en matiĂšre d’opportunitĂ©s de dĂ©veloppements technologiques et commerciaux, anticiper les mutations des pratiques concurrentielles des entreprises et les dĂ©cisions des Ătats sur les marchĂ©s mondiaux, nationaux et locaux, protĂ©ger les savoir-faire et le patrimoine de l’entreprise.
En proposant une rĂ©flexion sur ce thĂšme, lâENSIAS et la FacultĂ© des Sciences de Rabat, en collaboration avec les partenaires institutionnels nationaux et Ă©trangers (Maroc Telecom et Institut de Recherche en Informatique de Toulouse IRIT) posent les jalons dâune dĂ©marche dâintelligence Ă©conomique en tant qu’outil stratĂ©gique pour l’entreprise marocaine.
Turn over et business intelligence
Vendredi 12 février 2010 | Renseignement commercial | Pas de commentaire
La consultation mĂ©thodique des changements intervenus dans les organigrammes des entreprises est trop souvent nĂ©gligĂ©e. Pourtant, lâinformation concernant les ressources humaines et les changements de personnel au sein dâune entreprise cible, cliente ou partenaire potentiel, constitue une rĂ©elle opportunitĂ© pour un fournisseur.
La nomination dâun nouveau prĂ©sident, la dĂ©signation dâun nouveau gĂ©rant, le recrutement dâun nouveau directeur gĂ©nĂ©ral ou dâun directeur des achats sont autant de « signaux faibles » annonciateurs de changements dans les pratiques internes. En effet, toute personne nouvellement promue aura naturellement tendance Ă vouloir changer les choses pour imprimer sa marque personnelle. Elle se dĂ©marquera donc des pratiques antĂ©rieures de son prĂ©dĂ©cesseur avec pour objectif de les amĂ©liorer.
Le turn over sâavĂšre donc toujours prĂ©judiciable pour les fournisseurs dĂ©jĂ rĂ©fĂ©rencĂ©s et plutĂŽt favorable pour les outsiders qui souhaitent formuler des propositions commerciales. Lâinformation sur les ressources humaines peut donc se rĂ©vĂ©ler aussi dĂ©terminante pour dĂ©fendre des positions acquises que pour en conquĂ©rir de nouvellesâŠ
Article paru dans la Chronique « Les clĂ©s de l’IE« , APS, N°1704
Fonds souverain français : premier bilan
Mardi 9 février 2010 | Politique publique | Un commentaire
Dans un prĂ©cĂ©dent billet, nous avions portĂ© notre attention sur la crĂ©ation du Fonds stratĂ©gique d’investissement (FSI). Ce Fonds souverain « Ă la française » vient de publier un premier bilan de son action.
A fin 2009, le FSI a pu investir 1,4 milliard d’euros (pour un objectif initial fixĂ© Ă 1,5 milliard dâeuros). Ces investissements sont constituĂ©s par 800 millions dâeuros de participation directe dans une vingtaine de sociĂ©tĂ©s. Parmi les investissements directs rĂ©alisĂ©s, on note ainsi des investissements significatifs dans Gemalto, sociĂ©tĂ© de fabrication des cartes Ă puces (pour 160 millions d’euros), dans Cegedim, sociĂ©tĂ© d’information mĂ©dicale (pour 117 millions dâeuros) et dans Technip, groupe spĂ©cialisĂ© dans les services pĂ©troliers (pour 90 millions dâeuros).
Le FSI intervient aussi indirectement Ă hauteur de 600 millions dâeuros dans plusieurs fonds d’investissement dĂ©diĂ©s au renforcement des fonds propres des PME  et sur le fonds de modernisation des Ă©quipementiers automobiles (FMEA). Le FSI contribue ainsi Ă la stabilisation du capital des « pĂ©pites françaises », ces PME-PMI innovantes prĂ©sentant un fort potentiel de croissance. DĂ©tenu par la Caisse des DĂ©pĂŽts et consignation Ă hauteur de 51% et par lâEtat français, le FSI traduit ainsi une volontĂ© de protĂ©ger nos savoir-faire dans des domaines stratĂ©giques, ceci dans le respect des rĂšgles de concurrence Ă©dictĂ©es par Bruxelles. Il est finalement l’expression pragmatique d’une politique publique d’Intelligence Ă©conomique « dĂ©fensive ».
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