Au niveau international, les fonds souverains interviennent de plus en plus massivement sur les marchés financiers. La Banque de France estime que ces fonds gèrent actuellement plus de 3 000 milliards de dollars d’actifs. Les investissements de ces fonds souverains sont prioritairement orientés vers certains secteurs stratégiques. Le 20 novembre dernier, le président de la République présentait la création d’un fonds souverain « à la française » doté de 20 milliards d’euros. Ce Fonds Stratégique d’Investissement (FSI) prend la forme d’une société anonyme contrôlée par la Caisse des Dépôts.
L’objectif affiché par les pouvoirs publics est de protéger les entreprises nationales des secteurs « sensibles » : aéronautique, défense nationale, cryptologie, biotechnologie, technologies de l’information et de la communication (TIC). Les interventions en fonds propres doivent permettre aux pouvoirs publics d’appuyer les politiques d’investissement des PME/PMI, mais aussi de stabiliser le capital de certaines grandes entreprises françaises.
Le FSI traduit donc une volonté de protéger notre patrimoine scientifique et technologique. Il peut aussi bien permettre de « préempter » des entreprises développant des technologies clés. Pour l’Etat, l’exercice de ce fonds souverain est aussi nécessaire que délicat. Il s’agit de définir le périmètre d’intervention d’un investisseur prenant en compte l’intérêt général et agissant à la fois sur le plan défensif… et offensif.
Article paru dans APS, Les clés de l’IE