Le lobbying est-il un gros mot ?

En cette période ou les affaires politiques s’accumulent et défraient la chronique, de nombreux médias assimilent abusivement le lobbying et la corruption. C’est oublier un peu vite que le lobbying est un ensemble de méthodes et d’outils permettant d’entretenir légalement un dialogue entre les parties prenantes. Ce dialogue est souvent utile pour les décideurs publics ; notamment lors de de la définition  ou de la mise en œuvre des politiques publiques.
Chacun devrait donc convenir que dans une démocratie pluraliste, l’expression de groupes d’intérêt n’est pas nécessairement pathologique, illégale, immorale ou contraire à l’éthique. La mystique de l’intérêt général est compatible avec la prise en compte d’intérêts particuliers dans un processus d’élaboration législative ou réglementaire. D’ailleurs, des groupes progressistes, des fondations, des ONG et des associations utilisent aussi le lobbying pour défendre de justes causes.
A une période où on parle de gouvernance, de reliance (selon l’expression d’Edgard MORIN) et de concertation publique, il est paradoxal de réduire le dialogue social avec les groupes d’intérêt aux jeux sombres de la main invisible et à la théorie du complot… Loin d’autoriser et d’organiser la pression unilatérale d’une partie sur l’autre, le lobbying permet à chaque acteur (groupement professionnel, syndicat, entreprise, ONG…) de se faire entendre. Le lobbying permet ainsi au législateur de prendre en compte la complexité du monde dans lequel nous vivons et d’enrichir la production du droit.

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