America first sur les trois échiquiers

america_first_committeeLes récentes décisions du Président Trump de taxer les importations américaines illustrent bien la complexité des échanges internationaux. En dépit des nombreuses négociations visant à abaisser les barrières douanières et tarifaires au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), la taxation des importations demeure bien une arme de politique internationale. Les dirigeants américains sont ainsi passés maîtres dans l’art de mélanger les intérêts économiques, culturels et diplomatiques. Ils savent combiner un discours libéral avec des mesures protectionnistes sectoriels ou globales, fiscales, réglementaires ou normatives. Pour comprendre la complexité du jeu des acteurs, le théoricien de la guerre économique Christian Harbulot nous propose une grille de lecture incluant trois échiquiers. Cette matrice nous invite décrypter les relations entre les acteurs et encourage les dirigeants publics et privé à élargir leur champ de vision pour prendre en compte l’ensemble des menaces générées par les échanges. Au final, « elle facilite la lecture des liens d’interdépendance, des contradictions et des oppositions éventuelles dans le jeu des acteurs ».

L’échiquier concurrentiel  recense les acteurs liés aux marchés : concurrents directs, nouveaux entrants, fournisseurs, distributeurs, partenaires, syndicats professionnels, groupements d’intérêts… L’échiquier institutionnel regroupe les Etats, les pouvoirs publics, les institutions, les collectivités territoriales… L’échiquier de la société civile décrit les consommateurs, les syndicats de salariés, les associations, les ONG… Il existe une grande perméabilité entre les champs de ces différents échiquiers. Par exemple, une décision politique comme celle du Président américain de remettre en cause les accords sur le nucléaire iranien entraîne une intense débat diplomatique mais elle va aussi perturber le positionnement des entreprises. Certaines grandes entreprises françaises dans le secteur bancaire, agro-alimentaire ou automobile vont vraisemblablement devoir quitter l’Iran pour éviter les sanctions alors même que le marché iranien est porteur. Enfin, des ONG vont se mobiliser pour alimenter les débats d’opinion sur le nucléaire, infléchir ou soutenir les mesures en cours. Dès lors, on comprend que cette relation entre les différents échiquiers économique, politique et la société civile permet d’apprécier les menaces et les opportunités qui résultent de la mondialisation. Non seulement elle porte un regard spécifique sur les logiques de flux mais elle se focalise sur la dynamique et l’interdépendance des enjeux.

 

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