Divers – Intelligence économique, Information et Influence… http://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Thu, 11 Feb 2021 15:34:50 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 http://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg Divers – Intelligence économique, Information et Influence… http://jacques.breillat.fr 32 32 Créer de la valeur http://jacques.breillat.fr/divers/creer-de-la-valeur http://jacques.breillat.fr/divers/creer-de-la-valeur#respond Sat, 07 Aug 2021 23:33:00 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3620 Savoir plus]]> L’intelligence économique repose sur la maitrise et la protection des informations stratégiques utiles aux décideurs publics et privés. Les méthodes et les outils de l’intelligence économique imposent donc de s’intéresser au management de l’information au sein de chaque organisation, qu’il s’agisse d’une entreprise, d’une collectivité publique ou d’une association. Pour chaque organisation, l’enjeu est de définir des circuits d’information en interne mais aussi de collecter de l’information dans son écosystème concurrentiel ou dans le réseau de ses parties prenantes.  Il s’agit d’animer un cycle de l’information comportant la définition des besoins de l’entreprise, la collecte de l’information, le traitement et l’analyse puis la diffusion de l’information.

En règle générale, la définition des besoins de chaque organisation est guidée par sa logique de projet. Il faut  déterminer ce que l’on veut savoir et ce que l’on doit savoir pour choisir une stratégie ou déployer des actions sur le terrain. La phase de collecte consiste à rechercher des informations pour nourrir la prise de décision. Toutes les informations mobilisées sont accessibles légalement à travers des sources formelles (documentation technique, presse spécialisée, bases de données, études de marché…) et des sources informelles (rencontre d’experts, salon professionnels, réseaux relationnels…). Cette phase de collecte se révèle généralement euphorisante. En effet, elle permet de travailler en équipe dans une certaine émulation pour chasser les informations nouvelles. Chacun s’efforce de trouver une pépite ou de détecter un signal faible. Cependant, là n’est pas l’essentiel du cycle de l’information car nous disposons tous d’un énorme volume d’information. Ce n’est que durant la phase suivante de traitement et d’analyse, que le cycle de l’information va générer de la valeur ajoutée. Une organisation n’a pas pour vocation ultime d’accumuler des stocks de données brutes. Le traitement et l’analyse permettront de conserver les seules informations utiles, de les trier et de faire des liens entre elles pour les relativiser, les comparer ou les mettre en perspectives. C’est à ce moment précis que l’on peut créer du sens et éclairer véritablement la prise de décision.  C’est pourquoi cette phase d’analyse s’avère souvent exigeante et très chronophage, nécessitant parfois l’intervention d’un groupe d’experts externes. Elle doit déboucher sur la diffusion de la bonne information, à la bonne personne, pour prendre in fine (espérons-le)… la bonne décision.

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A contre courant http://jacques.breillat.fr/divers/a-contre-courant http://jacques.breillat.fr/divers/a-contre-courant#respond Fri, 22 Feb 2019 11:06:19 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3538 Savoir plus]]> 71pKWbquaaL.__BG0,0,0,0_FMpng_AC_UL320_SR210,320_L’intelligence économique s’intéresse à la maîtrise et à la protection des informations stratégiques utiles aux décideurs publics et privés. Sur le plan de la méthode, cette discipline ne peut donc faire l’économie d’une réflexion critique sur la prise en compte des sources d’information. Elle reprend à son compte, le terme désuet forgé en son temps par Henri Broch de « zététique » pour qualifier l’art du doute scientifique… En effet, notre société reposant sur des postulats rationalistes est soumise aux défis de croyances exotiques, fantaisistes ou erronées qui se répandent de façon incontrôlée sur le web. Les vaccins sont dangereux. Le réchauffement climatique n’existe pas. Les attentats du 11 septembre sont le fait des services secrets. Ces fadaises sont désormais qualifiées de Fake news ou de bullshits. Dans un ouvrage récent intitulé « Les têtes bien faites », Nicolas Gauvrit et Sylvain Delouvée, démontrent comment se produisent les « ratés de la raison ». Car il existe « des croyances fausses auxquelles on s’attache obstinément alors que l’on a accès à des informations qui devraient permettre de les réviser ». La croyance fausse n’est donc pas strictement liée à un pur défaut d’information. Par exemple , on peut s’attacher à des propositions obscures parce qu’elles sont simplement émises par des personnes célèbres, ce que Sperber nomme « l’effet gourou ». De la même façon, on peut s’attacher à des idées fausses sous prétexte qu’elles confirmeraient des hypothèses auxquelles nous sommes attachés. Enfin, et cela est surprenant, les échanges d’informations sont gouvernés par le principe de la charité interprétative. Cela signifie que lorsque l’on ne comprend pas exactement le propos d’un locuteur, on se persuade que ces propos sont pertinents et vrais. « L’effet-gourou se produit lorsque le principe de charité interprétative est appliqué même après que l’on a fait un effort supplémentaire de compréhension qui aboutit à un échec ». Au final, l’exercice de l’esprit critique n’est jamais simple, surtout lorsqu’il vise à remettre en cause un présupposé personnel. Le seul fait d’être particulièrement éclairé à partir d’un corpus d’informations fiables constitue une condition nécessaire mais nullement suffisante à la réfutation d’idées fausses. Le renoncement individuel exige non seulement que chacun se détache de ses propres croyances mais aussi d’endosser le coût social d’un désaccord avec les idées dominantes (doxa, air du temps, mode, fallacy…). C’est pourquoi en dépit de tous les efforts réalisés pour mesurer, étalonner et vérifier le bien-fondé de certaines idées, elles demeurent l’objet d’un attachement en apparence déraisonnable… Pour contrarier profondément et durablement le cours des idées fausses, il faudrait que chacun accepte de faire l’effort d’une nage à contre-courant.

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America first sur les trois échiquiers http://jacques.breillat.fr/divers/america-first-sur-les-trois-echiquiers http://jacques.breillat.fr/divers/america-first-sur-les-trois-echiquiers#respond Fri, 25 Jan 2019 08:20:26 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3521 Savoir plus]]> america_first_committeeLes récentes décisions du Président Trump de taxer les importations américaines illustrent bien la complexité des échanges internationaux. En dépit des nombreuses négociations visant à abaisser les barrières douanières et tarifaires au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), la taxation des importations demeure bien une arme de politique internationale. Les dirigeants américains sont ainsi passés maîtres dans l’art de mélanger les intérêts économiques, culturels et diplomatiques. Ils savent combiner un discours libéral avec des mesures protectionnistes sectoriels ou globales, fiscales, réglementaires ou normatives. Pour comprendre la complexité du jeu des acteurs, le théoricien de la guerre économique Christian Harbulot nous propose une grille de lecture incluant trois échiquiers. Cette matrice nous invite décrypter les relations entre les acteurs et encourage les dirigeants publics et privé à élargir leur champ de vision pour prendre en compte l’ensemble des menaces générées par les échanges. Au final, « elle facilite la lecture des liens d’interdépendance, des contradictions et des oppositions éventuelles dans le jeu des acteurs ».

L’échiquier concurrentiel  recense les acteurs liés aux marchés : concurrents directs, nouveaux entrants, fournisseurs, distributeurs, partenaires, syndicats professionnels, groupements d’intérêts… L’échiquier institutionnel regroupe les Etats, les pouvoirs publics, les institutions, les collectivités territoriales… L’échiquier de la société civile décrit les consommateurs, les syndicats de salariés, les associations, les ONG… Il existe une grande perméabilité entre les champs de ces différents échiquiers. Par exemple, une décision politique comme celle du Président américain de remettre en cause les accords sur le nucléaire iranien entraîne une intense débat diplomatique mais elle va aussi perturber le positionnement des entreprises. Certaines grandes entreprises françaises dans le secteur bancaire, agro-alimentaire ou automobile vont vraisemblablement devoir quitter l’Iran pour éviter les sanctions alors même que le marché iranien est porteur. Enfin, des ONG vont se mobiliser pour alimenter les débats d’opinion sur le nucléaire, infléchir ou soutenir les mesures en cours. Dès lors, on comprend que cette relation entre les différents échiquiers économique, politique et la société civile permet d’apprécier les menaces et les opportunités qui résultent de la mondialisation. Non seulement elle porte un regard spécifique sur les logiques de flux mais elle se focalise sur la dynamique et l’interdépendance des enjeux.

 

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Agent facilitateur : le nouvel expert ? http://jacques.breillat.fr/divers/agent-facilitateur-le-nouvel-expert-2 http://jacques.breillat.fr/divers/agent-facilitateur-le-nouvel-expert-2#respond Sun, 06 Jan 2019 18:52:26 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3518 Savoir plus]]>

Agent-facilitateur

Une organisation publique ou privée ne peut plus simplement se contenter de communiquer verticalement sur un mode corporate, auprès de ses clients ou de ses fournisseurs. L’entreprise doit désormais identifier ce que Camille Alloing appelle des « agents facilitateurs ».  Ces agents facilitateurs sont dotés de capacités d’influence sur les réseaux sociaux. Ils disposent de caisses de résonance. Ils peuvent médiatiser l’information pour promouvoir une entreprise, une équipe, un service, un produit ou une marque. Selon Alloing, l’agent facilitateur « n’est pas influent par son statut hiérarchique ou le contrat qu’il a passé avec d’autres membres du réseau, mais parce qu’il a su développer des liens de connivences forts avec certains membres et qu’il est perçu comme quelqu’un sur lequel s’appuyer dans le cadre d’actions nécessitant une forme de coopération. » On le voit le concept d’agent facilitateur remet en question la légitimité de l’expert fondé sur le savoir.

En effet, dans le monde du web 2.0 la légitimité ne repose plus sur la cohérence ou la pertinence des analyses mais « principalement sur la capacité à se médiatiser et à rendre visible son expertise (…). Pour l’adepte des réseaux sociaux, les traces qu’il dépose ne sont pas des indices imprudemment laissés, mais des signaux relationnels relevant de stratégies de réseautage et de valorisation ». Nous sommes bien loin des critères classiques du vrai et du faux. L’agent facilitateur ne détient aucune vérité particulière. Il n’est crédible que parce qu’il est visible et connecté à une communauté ». « L’agent facilitateur » apparait ancré au cœur du fameux « triangle d’or », c’est-à-dire dans les dix premiers résultats de Google

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Tout, à tout le monde, tout le temps… http://jacques.breillat.fr/divers/tout-a-tout-le-monde-tout-le-temps-2 http://jacques.breillat.fr/divers/tout-a-tout-le-monde-tout-le-temps-2#respond Tue, 25 Jul 2017 18:12:20 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3483 Savoir plus]]> L’intelligence économique est un ensemble d’outils et de méthodes visant à encourager la maitrise et la protection des informations utiles aux décideurs publics et privés. Cette démarche implique nécessairement une évaluation préalable des besoins informationnels de l’organisation. Que souhaite-t-on vraiment savoir et dans quel objectif ? Il faut ensuite collecter l’information stratégique, la traiter, l’analyser et la diffuser à celui ou ceux qui doivent prendre la décision finale. Cette phase de la diffusion mérite une attention particulière. En effet, un signal faible ou un renseignement ne prend de valeur que s’il est diffusé à la bonne personne, au bon moment et ceci dans une forme directement exploitable. Comme le souligne Nicolas Moinet : « Le résultat final dépend de la qualité de l’interface ». Pour optimiser la diffusion de l’information, il faut donc préalablement repérer les circuits de diffusion dans les organigrammes de l’entreprise ou de la collectivité pour identifier les destinataires finaux. Cette démarche formelle doit se doubler d’une démarche visant à repérer des canaux plus officieux de diffusion. Certaines personnes ne figurant pas dans la liste de diffusion initiale méritent parfois d’être informées car elles sont contributrices indirectement à un projet. Il faut aussi travailler sur la forme du message diffusé, de façon à le rendre agréable à lire. Sur ce point, on insistera sur l’importance du titre et des intertitres qui permettent rapidement de prendre connaissance de l’essentiel. Enfin, il faut aussi déterminer le « besoin d’en connaître » c’est-à-dire veiller à ne pas diffuser l’information à ceux qui ne sont pas concernés. Cette étape est très importante car elle permet de protéger ses informations à forte valeur ajoutée.
In fine certaines personnes reçoivent l’information car elle sont directement contributrices à la prise de décision. D’autres personnes reçoivent l’information car cette information peut se révéler utile dans un environnement concurrentiel, sur un projet en cours ou dans une logique purement métier. La question de la diffusion consiste à déterminer les destinataires finaux en interne mais aussi en externe (prestataires, partenaires commerciaux, clients, fournisseurs…). Il faut donc choisir précisément ces destinataires pour ne pas arroser trop largement l’écosystème de l’entreprise. En bref, même si nous vivons à l’heure du web et du big data… on ne dit pas tout, à tout le monde, tout le temps.

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La force des médias conquis http://jacques.breillat.fr/divers/la-force-des-medias-conquis http://jacques.breillat.fr/divers/la-force-des-medias-conquis#respond Fri, 08 May 2015 05:44:30 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3229 Savoir plus]]> mediasEn Intelligence économique, on distingue traditionnellement les médias que l’on détient (owned), ceux que l’on conquiert (earned) et ceux que l’on achète (paid). Cette distinction pratique permet de répertorier et de hiérarchiser les différents médias disponibles dans le cadre d’une opération de communication d’influence.
En effet, les médias que l’on détient (owned) représentent les canaux de diffusion institutionnelle, contrôlés par une entreprise, une marque ou un dirigeant. Dans cette catégorie de médias, on trouve un blog personnel, un site Web corporate, un compte Twitter entreprise, un portail professionnel… L’entreprise ou le groupe d’intérêt va ainsi communiquer à « visage découvert », avec son propre service de communication, dans une logique classique de type corporate. Les médias achetés (paid) représentent les canaux de diffusion publicitaire : publicité dans la presse, à la radio, à la TV, sur le web (bandeaux payants, pop up, compagne Google adword…), affichage…. Il s’agit alors d’acheter des espaces d’expression, pour renforcer la visibilité et la diffusion des messages.
Enfin, les médias conquis (earned) sont alimentés par les ambassadeurs d’une marque ou d’une entreprise : ses clients, ses salariés, ses dirigeants, ses partenaires… Avec ces médias, il s’agit de susciter des engagements individuels spontanés pour relayer les messages. Théoriquement, toutes les parties prenantes d’une organisation peuvent devenir des canaux de médias conquis. Sur le plan de la stratégie d’E-Réputation, ces médias conquis ont un impact trés fort. Déconnectés de l’organisation, ils assurent la diffusion du message par le bouche à oreille et le buzz, selon une logique horizontale. Les messages sont ainsi crédibilisés par un mode de propagation interpersonnel et indirect, apparemment « désintéressé »… même si les apparences sont parfois trompeuses.

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Parlons (encore un peu) de curation… et de curateurs (2) http://jacques.breillat.fr/divers/parlons-encore-un-peu-de-curation%e2%80%a6-et-de-curateurs-2 http://jacques.breillat.fr/divers/parlons-encore-un-peu-de-curation%e2%80%a6-et-de-curateurs-2#respond Thu, 29 Nov 2012 11:50:35 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2977 Savoir plus]]> Dans deux précédents billets (ici et), j’ai eu l’occasion de préciser les connotations et implications de la curation digitale.  Car si la logique de curation se rapproche de pratiques connues, comme la veille et l’agrégation de contenus, sa valeur ajoutée réside sur dans sa dimension d’enrichissement sous forme de billets (comme pour un blog), de commentaires ou encore d’articles nouvellement reconstitués. La curation est un nouveau métier qui met en exergue et en valeur les informations recueillies et cherche à créer du sens.  C’est pourquoi, la curation trouve parfois son prolongement dans des applications plus commerciales (curation de contenus et/ou de produits) et/ou marketing (curation de marque ou brand content). La démarche vise alors à être utilisée dans le but de capter une audience, de se positionner comme expert d’une thématique donnée ou de générer des revenus publicitaires (les trois phases n’étant pas antinomiques).

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La théorie DES complots http://jacques.breillat.fr/divers/la-theorie-des-complots http://jacques.breillat.fr/divers/la-theorie-des-complots#respond Mon, 29 Oct 2012 10:23:18 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2960 Savoir plus]]>

 

Dans une démocratie pluraliste, les institutions représentatives et les partis politiques sont nécessairement perméables aux jeux des groupes d’intérêt. L’intelligence économique s’intéresse particulièrement à la communication et au répertoire d’action des opérateurs privés, qui influencent le processus de décision publique. Mildred Schwarz a montré qu’il existe un ensemble de facteurs favorisant objectivement la porosité entre les sphères publiques, les partis politiques et les groupes privés : la capacité à élaborer des contraintes normatives ; la capacité d’offrir des emplois rémunérés ou des postes honorifiques ; la capacité à définir la conformité idéologique et enfin l’argent (notamment à travers le financement des campagnes électorales par les entreprises et le rôle joué par les Fundraiser aux Etats Unis). Pour Schwarz, les partis politiques intègrent aussi une cinquième fonction, peut-être moins connue, celle du linkage, c’est-à-dire la capacité à produire des liens de nature clientéliste. Ils accomplissent ainsi une fonction de légitimation essentielle en démocratie, conduisant à une sorte de « recyclage » des intérêts privés en composante de l’intérêt général. Sur le plan systémique, pour reprendre la formule d’Easton, tout se passe comme si la médiation des partis politiques, le passage par la boite noire, permettait de transformer des inputs privés en outputs publics. On connait la formule célèbre de Wilson en 1953, « Tout ce qui est bon pour la General motors est bon pour l’Amérique ».

Dans un tel environnement de pluralisme institutionnel, économique et médiatique, à la fois ouvert, complexe et fragmenté, on chercherait en vain un « force obscure » cachée, capable de piloter l’ensemble des relations du système. Chaque groupe de pression en concurrence tente prosaïquement de faire inscrire ses propres objectifs sur l’agenda politique. Pour cela, il lui faut être reconnu et parler plus fort que les autres, c’est à dire « faire nom et faire nombre » (car chacun veut se faire entendre et dispose d’un porte-voix).

Au bout du compte, la théorie du complot se révélera souvent sociologiquement fausse. Certes, il peut exister sur le plan tactique des coalitions d’intérêt et l’on peut voir se dégager sporadiquement, ici et là, des vraies logiques de coopération ou de coopétition. Mais « en dernière instance », personne ne dispose jamais du monopole de contrainte suffisant ou des moyens de gouvernance nécessaires pour contrôler un système polycentrique, caractérisé par l’entrechoc, l’entrelacement et l’imbrication d’intérêts souvent contraires les uns aux autres. Il n’existe ni grand ordonnateur omniscient, ni main invisible omnipotente. Personne n’est dissimulés dans le plus grand secret de je ne sais quel espace cryptique. En revanche, il existe bien des milliers de micro-complots… Des micro-complots qui s’affrontent à coup de communication d’influence, dans le cadre d’une compétition ouverte et acharnée, ou  chacun tente de défendre des intérêts et légitimer des causes dans l’espace public. En bref, c’est une théorie DES complots qu’il nous faut apprendre à méditer…

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E-Reputation day: demandez le programme! http://jacques.breillat.fr/divers/2939 http://jacques.breillat.fr/divers/2939#respond Sat, 29 Sep 2012 17:43:43 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2939 Savoir plus]]>

Organisateur d’événements spécialisés dans la maîtrise des environnements informationnels, Veille Magazine organise la la 2ème édition du Réputation Day, qui aura lieu le vendredi 26 octobre à l’Hotel Lutetia****, Paris. Dans le cadre de ce master-class, le comité de programme a exclusivement sélectionné des témoignages de praticiens et d’analystes.

Au programme des Master Class : Maîtrisez vos stratégies digitale Opinion, Veille & Analyse Medias, Reputation, Influence

9h00 / 10h30 – Executive Reputation

Comment observer l’évolution de la réputation d’un dirigeant ? Quelles sont les stratégies efficaces ? Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ? Interviendront lors de cette session, conçue et animée par Antoine Violet-Surcouf :

–          Anne-Sophie BORDRY, Directrice affaires publiques de Facebook France

–          Yann BERGHEAUD, Directeur e-learning de l’Université Lyon 3

–           René-Georges QUERRY, Directeur des opérations Autolib’ dans le groupe Bolloré

–          Jean-Pierre VUILLERME, Directeur Management des risques de l’ADIT

11h00 / 12h30 –   Marketing territorial

Comment construire l’attractivité locale ? Le marketing territorial cherchera à promouvoir une image active du territoire favorable au développement local  pour attirer des entreprises extérieures  et renforcer l’activité des entreprises locales. Interviendront lors de cette session, conçue et animée par Jacques BREILLAT:

–          Jean-Paul LEGRAND Maire-adjoint de Creil, Président de l’ADEROISE

–          Bernard LAURET Maire de Saint-Emilion, Président de la juridiction de Saint-Emilion

–          Frédéric DUVAL Cadre à la Mairie de Paris, Président du Club « Publics et territoires » le réseau des décideurs locaux (publics et privés)

14h00/15h30 –  Reputation Entreprise

Les médias sociaux  permettent à l’Entreprise de réinventer le lien qu’elle entretient avec ses  clients, ses prospects, les leaders d’opinions… mais également de ses collaborateurs ?  La mise en place de stratégie de présence sur les médias et réseaux sociaux impliquent pour l’Entreprise une conduite de changement à chaque niveau hiérarchique. Interviendront lors de cette session, animée par Hervé Kabla :

–          Marie-Christine Fontaine, AXA France, Social Media Manager

–          Patrick Vidal, Directeur Associé Aciel

–          Guilhem Fouetillou, SciencesPo Paris

16h00 / 17h30 – Communauté de valeurs et réputation de marque

Pourquoi les entreprises doivent prendre conscience du Web 4 ? La réputation des marques est  une alchimie entre offline et online, et devient une variante clé dans cette nouvelle relation que les consommateurs entretiennent avec les marques. Interviendront lors de cette ession proposée et animée par Nicolas Chazaud (Institut Forrester) :

–          Henry Peyret, Analyste, Institut Forrester

–          Véronique Reille-Soult, 910

–          Mathieu Dhordain, Directeur eBusiness, Belambra

 

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Fact checking: le contre pouvoir des faits ? http://jacques.breillat.fr/divers/fact-checking-le-contre-pouvoir-des-faits http://jacques.breillat.fr/divers/fact-checking-le-contre-pouvoir-des-faits#respond Fri, 18 May 2012 10:37:18 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2898 Savoir plus]]>

La récente campagne des élections présidentielles a vu s’épanouir une pratique nouvelle, celle du fact checking. Cette démarche consiste à vérifier en direct la véracité des faits, des arguments et des chiffres avancés par les différents candidats dans leurs discours, interviews et prestations télévisées. Aux États-Unis, la pratique du fact checking est déjà ancienne. Le site politifact.com est devenu une référence mondiale. Ce site Web, lié au quotidien de Floride Saint-Petersburg Times  s’est même vu décerner un prix Pulitzer en 2009. En France, on trouve une illustration du fact checking sur des blogs comme Les Décodeurs sur le Monde.fr et des rubriques telles qu’ Intox/Désintox dans Libération. Grâce au Web 2.0, les journalistes font aussi de plus en plus appel aux contributions directes des lecteurs/électeurs, internautes/citoyens (« Netoyens? »)… le fact checking est aussi « collaboratif ».

Dans une société de plus en plus dominée par l’instantanéité, ce mouvement du fact checking est loin d’être anecdotique. Il traduit une incursion du temps réel dans le débat démocratique et une approche critique participative reposant sur le principe de transparence. Alors que la démocratie pluraliste s’est construite historiquement sur la médiation des questions sociales à travers les mécanismes de représentativité élective, l’émergence de corps intermédiaires et la codification des débats parlementaires, le fact checking renforce la capacité critique des citoyens. Certains considèrent le fact checking comme une forme de « tyrannie du temps court » et condamne l’irruption de l’opinion publique dans le débat démocratique. D’autres voient dans ce phénomène, l’expression d’une vraie maturité démocratique et une sorte de nouvelle Agora, soumettant les propos des hommes politique à la véracité des faits et à la précision des chiffres. Il y aurait là un moyen nouveau de se protéger des démagogues en récusant toute forme d’approximation et la constitution d’une sorte de « contrepouvoir des faits ». Au delà des controverses, une chose est certaine, il faut désormais tenir compte de cette nouvelle pratique car elle va sans doute s’enraciner durablement dans la vie publique.

D’ailleurs, ce mouvement de fond est loin de se circonscrire au seul domaine des campagnes électorales. Aujourd’hui, l’ensemble des acteurs économiques savent qu’ils sont aussi soumis au fact checking. Les consommateurs et les ONG soumettent de plus en plus les produits et les services à l’évaluation en ligne. Les promesses publicitaires et la sublimation marketing sont désormais placées sous le regard critique des internautes « consom’acteurs ». On mesure ainsi en direct les écarts entre les qualités supposées et les qualités réelles des produits sur les comparateurs et les sites d’avis en ligne. Les outils et méthodes de l’E-Réputation permettent de mesurer les décalages entre la mise en scène de soi, la flamboyance des discours et le regard des autres…Le vernis des promesses se craquèle. Le désenchantement du monde poursuit sa marche. Décidément, la force tragique du réel et l’irruption des faits n’ont pas fini de désespérer Billancourt…

 

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