KM – Intelligence économique, Information et Influence… http://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Wed, 07 Sep 2016 07:29:46 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 http://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg KM – Intelligence économique, Information et Influence… http://jacques.breillat.fr 32 32 Des freins culturels ? http://jacques.breillat.fr/concepts/des-freins-culturels http://jacques.breillat.fr/concepts/des-freins-culturels#respond Mon, 07 Nov 2016 11:51:01 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3377 Savoir plus]]> FranceEn France, la pratique de l’intelligence économique est trop souvent lacunaire et insuffisamment intégrée dans les stratégies des directions générales en entreprises. La mise en place de l’intelligence économique se confronte à des blocages cultures et organisationnels, révélateurs d’une relation individuelle à l’information. Certains décideurs hésitent à promouvoir une culture de l’intelligence économique, par méconnaissance de sa nature et de ses enjeux. La recherche d’information est encore perçue dans beaucoup d’entreprises comme une activité réservée aux spécialistes.
Un premier blocage résulte de notre culture des organisations. La spécialisation des tâches et la hiérarchisation des fonctions, renforcée par les principes d’organisation tayloriens, tendent à déprécier la collecte et le partage d’informations. La chaîne managériale tend plutôt à capitaliser l’information pour conforter l’autorité. Dès 1994, le Rapport Martre soulignait que « le développement de la fonction d’intelligence économique se heurte également à un manque d’intérêt global pour l’analyse et la connaissance approfondie des différentes cultures que l’entreprise est appelée à affronter sur les marchés. Une croyance prononcée dans le caractère universel de nos valeurs culturelles handicape notre capacité d’adaptation aux nouvelles réalités concurrentielles des marchés globalisés ». Au final, ces freins culturels alimentent parfois une forme de « cécité stratégique » des entreprises.
C’est pourquoi, il est important de promouvoir la mise en place de systèmes d’ingénierie stratégiques de l’information. Nous devons insister sur le rôle clé du management de l’information pour la compétitivité des entreprises. Les entreprises qui réussissent sont celles qui partagent largement les savoirs et les expériences en interne. L’information n’est alors plus détenue par un nombre restreint de responsables. Elle n’est plus l’apanage d’une élite.

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De la richesse des réseaux organisés http://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/de-la-richesse-des-reseaux-organises http://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/de-la-richesse-des-reseaux-organises#respond Fri, 24 Jun 2016 10:12:49 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3364 Savoir plus]]>  

L’inreseautelligence économique encourage la maîtrise et la protection des informations stratégiques utiles aux décideurs publics et privés, permettant ainsi à chaque organisation de saisir des opportunités et de détecter des menaces. Fondée sur une connaissance approfondie de l’environnement socio-économique ou institutionnel, la démarche d’intelligence économique doit permettre d’anticiper et de prendre les bonnes décisions, au bon moment. Pour atteindre cet objectif, il est souvent nécessaire d’adopter une démarche en réseau. Les réseaux de l’entreprise sont une partie intégrante de son capital immatériel, au même titre que ses savoir-faire, ses procédures qualité, ses fichiers, sa propriété intellectuelle (brevets, marques), ses compétences-clés, sa relation-client ou sa politique de recherche et développement. Ils constituent une véritable richesse, souvent imperceptible et voilée, qu’il faut pouvoir cartographier, animer et gérer avec attention. Les réseaux sont à la fois des canaux d’acquisition et de diffusion d’information mais aussi des systèmes d’acteurs organisés. Ils permettent de collecter de l’information et de communiquer avec des parties prenantes (clients, fournisseurs, partenaires, concurrents, pouvoirs publics…). Au final, chaque entreprise devrait être en mesure de cartographier précisément ses réseaux afin de répertorier ses sources d’information, d’identifier ses canaux de diffusion (caisse de résonance, porte-voix) et de pouvoir mobiliser ses soutiens dans le cadre d’une communication d’influence. Les réseaux doivent devenir au sens de l’association française pour le développement de l’intelligence économique (AFDIE) : « des inventeurs de connaissances nouvelles en mettant à jour des menaces, des risques ou des opportunités par simple comparaison et mise en relations d’informations ouvertes mais dispersées soit au sein de l’entreprise, soit à l’extérieur. »  Malheureusement, cette démarche d’organisation et de coordination des réseaux internes et externes est souvent négligée par les entreprises. Beaucoup de décideurs pensent à tort que la logique de réseau est pour ainsi dire « spontanée ». Qu’elle peut se déployer naturellement et irriguer les circuits décisionnels sans être réellement managée. Beaucoup de salariés hésitent à partager leurs connaissances et leurs carnets d’adresse, préférant une approche plus individualiste et personnelle du réseau. Il reste beaucoup à faire pour promouvoir la richesse des réseaux méthodiquement organisés.

Chronique « Clé de l’IE », parue dans APS du 24 juin 2016

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Faut-il échouer pour réussir ? http://jacques.breillat.fr/bibliographie/faut-il-echouer-pour-reussir http://jacques.breillat.fr/bibliographie/faut-il-echouer-pour-reussir#respond Sat, 10 Jan 2009 21:55:43 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=350 Savoir plus]]>  » L’expérience est le nom que l’on donne à nos erreurs  » Oscar Wilde

J’assistais hier Vendredi 9 janvier à une conférence passionnante de mon collègue Julien Cusin Maître de Conférences à l’IAE de Bordeaux sur le thème :  » Faut-il échouer pour réussir ? Mythes et réalités du retour d’expérience « . Cette conférence s’est ouverte sur un constat : on connait finalement bien peu de choses sur la gestion des échecs en entreprise. Les spécialistes de gestion préfèrent des objets de recherche scientifique  » plus positifs « . Les entreprises préfèrent communiquer sur leurs réussites et leurs performances. Pourtant, Julien Cusin démontre avec justesse que l’entreprise aurait intérêt à s’interroger d’avantage sur les leçons et les enrichissements de ses propres échecs.

1/  » L’échec n’a rien d’infamant « 

L’échec est un sujet sensible car il est vécu comme une sorte de « plaie ouverte » mettant en exergue les faiblesses et les dysfonctionnements de l’entreprise. Sous cet angle, l’approche de l’échec demeure donc largement pathologique, y compris dans des entreprises dites résilientes ; c’est-à-dire qui pratiquent le retour d’expérience. On préfère célébrer le culte de l’excellence et des success stories, que de sonder froidement les causes et les conséquences de l’échec.

L’échec renvoie bien sûr à des dimensions culturelles tenant à la fois au statut social de l’erreur et à la gestion des risques. La culture française intègre plus largement le « tabou de l’échec » et la recherche de coupables dans les équipes. Lorsque l’échec se produit, il faut donner des signes forts de reprise en mains pour rassurer sur les capacités de réaction de l’organisation. Il est alors tentant d’orchestrer une « chasse aux sorcières ». Le sacrifice de ceux qui ont participé à l’échec prend alors une dimension « cathartique », dont René Girard a démontré qu’elle permet de restructurer le consensus du groupe autour de boucs émissaires.

Pourtant, il y aurait de nombreux intérêts à s’enrichir des conditions de production de l’échec. D’abord parce que l’échec demeure intimement lié à la prise de risque et donc à la construction des avantages concurrentiels. Ensuite parce que l’échec, notamment en phase d’innovation de rupture, permet de piloter un processus de recherche et développement assez largement itératif. On apprend beaucoup de ses échecs pour peaufiner et perfectionner la mise au point d’un produit.

2/  » Des émotions liées à l’échec « 

Julien Cusin pointe ensuite l’attachement affectif des équipes au projet ou au nouveau produit. La dimension humaine de l’échec est donc essentielle, car la fin d’un projet ou l’arrêt d’un produit reste vécus sur un registre émotionnel. Pour les hommes et les femmes que se sont investis dans ce projet, il faut apprendre à « faire le deuil » du temps passé et de l’énergie perdue. L’échec se révèle donc anxiogène et douloureux, assimilé à un vaste gâchis humain. Cette véritable « blessure narcissique » des équipes n’est que la contrepartie logique de l’investissement personnel et collectif. Or, les entreprises s’installent généralement dans la dénégation de l’échec et négligent du même coup la souffrance des collaborateurs. Elles ne développent aucun plan d’accompagnement pour faire face aux douleurs de l’échec. Un peu comme on tuait les porteurs de mauvaises nouvelles dans l’antiquité, les équipes ayant participé à un échec sont stigmatisées et considérées incapables de porter de nouveaux projets.

3/  » De l’utilité du débriefing post mortem « 

L’analyse formelle des échecs demeure une démarche assez rare. Pourtant, il faudrait pouvoir les analyser systématiquement et notamment les échecs dits  » mineurs « , parfois annonciateurs de déconvenues plus importantes. Cette démarche de débriefing post mortem permettrait assurément une meilleure compréhension et une fertilisation croisée. Elle aiderait à mieux structurer l’information interne en codifiant les leçons de l’échec. Elle fournirait une sorte d’exutoire psychologique favorisant la restructuration mentale et la motivation des équipes. Elle véhiculerait une image dédramatisée de l’échec dans la communication interne. Elle éviterait la création et propagation des rumeurs dans le sillage des échecs.

Bien sûr, la démarche de débriefing post mortem n’est pas sans risque et sans coût pour l’organisation. Si elle n’est pas maitrisée, elle peut déraper et encourager les règlements de compte entre les individus et les équipes. Si elle n’est pas correctement cadrée, elle peut déboucher sur une épidémie de réunionite assez chronophage. Rompant avec toute forme de naïveté, Julien Cusin considère cependant que ces inconvénients sont négligeables au regard de l’enrichissement collectif généré par le débriefing post mortem.

4/  » Pour une culture du droit à l’erreur… « 

La France n’est pas dans une culture du « droit à l’erreur ». Au lieu de voir l’échec comme la résultante normale d’une prise de risque et de valoriser l’audace, on intègre dans la gestion des ressources humaines un régime de sanctions découlant des échecs professionnels.

A l’inverse, la culture américaine intègre l’échec comme un mode d’apprentissage pratique et une contrepartie logique à la prise de risques. Certaines entreprises américaines vont même jusqu’à « légender » leurs échecs les plus retentissants, pour en faire des histoires exemplaires délivrées par le service des ressources humaines. L’échec est alors dédramatisé aux yeux des salariés pour être érigé en une forme de « prélude à la réussite ».

A la question: « Faut-il échouer pour réussir ? », Julien Cusin nous propose donc d’intégrer l’échec dans une spirale positive de capitalisation des expériences. En conclusion, il n’existe pas de fatum de l’échec inutile, stérile et désespérant. Rien n’est ici rédhibitoire ou définitif, si l’entreprise décide de dépasser ses propres limites. L’échec sera aussi bien sublimé dans un storytelling interne, pour devenir un mythe fondateur servant de référence à l’ensemble des équipes et enrichissant la culture d’entreprise. Un penseur célébre a dit un jour: « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de perséverer pour réussir ».


Pour aller plus loin sur le sujet: CUSIN J., 2008, « Faut-il échouer pour réussir? Mythe et réalité du retour d’expérience en entreprise », Ed du Palio, Paris, 220 pages.

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Economie de la connaissance http://jacques.breillat.fr/concepts/economie-de-la-connaissance http://jacques.breillat.fr/concepts/economie-de-la-connaissance#respond Fri, 11 Jul 2008 20:07:05 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=93 Savoir plus]]> Nous sommes entrés dans un monde de la connaissance. Cela signifie que la production de connaissances nouvelles est un facteur de puissance et de prospérité. Aujourd’hui, les connaissances s’échangent et se monnayent au niveau international. Ce profond mouvement de la “société de la connaissance” entraîne une redéfinition des règles du jeu économique.
Premièrement, nos économies développées sont devenues plus vulnérables car la connaissance immatérielle est facilement appropriable par celui qui n’a pas fait l’effort de la produire. Dans une société de la connaissance, la tentation de tricher est grande. Même les stratégies industrielles les plus sophistiquées, consistant à conserver le secret, incluent que toute avance est provisoire. Il s’agit au mieux de retarder le plus longtemps possible un pillage programmé. Deuxièmement, la connaissance s’apparente davantage à un bien de production que de consommation. Elle amorce un cycle sur lequel s’appuieront cumulativement d’autres connaissances pour se développer à leur tour. Dès lors, la découverte de quelques uns devient inévitablement un jour celle de tous. Ce phénomène cumulatif entraîne un accroissement exponentiel de la somme des connaissances. C’est pourquoi, toute tentative de stockage des données est à la fois vaine et vouée à l’échec.
La valeur de l’information ne résulte plus prioritairement dans sa détention et dans sa capitalisation, mais dans sa juste compréhension. Les experts en intelligence économique doivent savoir articuler la gestion des flux et d’information avec une prise de décision. Le chef d’entreprise doit être capable d’extraire des informations et d’analyser son marché, en fonction de ses enjeux et de ses projets. Car c’est le traitement de l’information qui est créateur de valeurs et de richesses.

Jacques Breillat

Article paru le 11-07-2008 dans APS N°1633 – Les clefs de l’intelligence économique

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Partager ses échecs ? http://jacques.breillat.fr/knowledge-management/partager-ses-echecs http://jacques.breillat.fr/knowledge-management/partager-ses-echecs#respond Fri, 14 Mar 2008 20:41:17 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=113 Savoir plus]]> La perte d’un gros client, le vol de données confidentielles, l’apparition sidérante d’une nouvelle technologie… Sur le plan de l’intelligence économique, ces menaces trouvent leur explication dans une carence du cycle de l’information. Le chef d’entreprise n’a pas pu bénéficier de la bonne information au bon moment pour prendre la bonne décision. Soit que l’information n’a pas été collectée, soit qu’elle n’a pas été transmise, soit qu’elle n’a pas fait l’objet d’un véritable traitement. Comme le souligne Bernard Besson : “Tout accident de sécurité, de sûreté, de management ou lié à l’environnement est, quelque part, une faillite tactique et/ou stratégique”.
Dans un pays où la culture du renseignement économique est trop souvent vécue sur un mode pathologique, on dédaigne forcément à parler de ses propres échecs par peur du ridicule. Dommage au bout du compte, car il y a là quantité de connaissances finalement gaspillées. On pourrait apprendre collectivement beaucoup plus en échangeant autour de nos déboires commerciaux ou de nos ratés à l’exportation. La mutualisation de nos échecs constituerait une source d’enrichissement et de fertilisation croisée. Comme le disait Oscar Wilde : “L’expérience est le nom que l’on donne à nos erreurs passées”. Alors poussons le rêve jusqu’à imaginer nos PME-PMI échangeant sur leurs erreurs les plus retentissantes au cours de tables rondes. On appellerait peut-être cela “le partage des échecs”, mais ce serait aussi sûrement une nouvelle forme d’intelligence collective des risques.

Jacques Breillat

Article paru le 14-03-2008 dans APS N°1616 – Les clefs de l’Intelligence économique

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Les acteurs de l’IE http://jacques.breillat.fr/politique_publique/les-acteurs-de-l%e2%80%99ie http://jacques.breillat.fr/politique_publique/les-acteurs-de-l%e2%80%99ie#respond Fri, 08 Feb 2008 21:45:10 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=124 Savoir plus]]> Dans un récent classement intitulé “Le top 100 de l’intelligence économique en France”, on apprend qu’il existe trois catégories d’acteurs de l’intelligence économique (IE) : les entreprises, les prestataires et l’État. Les entreprises développent trois grandes stratégies par rapport à l’IE. Une première catégorie d’entreprises revendique des politiques d’intelligence économique actives. Elles affichent explicitement leur intérêt pour la démarche en internalisant une cellule IE. C’est le cas d’entreprises comme Air France, Snecma, Aventis, France Télécom ou AREVA… Une deuxième catégorie d’entreprises confie ces questions aux directeurs des systèmes d’information (DSI) témoignant une sensibilité accrue pour la sécurité informatique et la gestion des connaissances (Knowledge Management). C’est le cas par exemple de Renault. Une troisième catégorie d’entreprises intègre l’IE dans le cadre de sa politique de sécurité globale. Le directeur de la sécurité veille alors à la protection physique et juridique du patrimoine immatériel.
Pour résumer, il existe une véritable hétérogénéité fonctionnelle dans les pratiques d’IE. Certains acteurs en font un véritable projet managérial affichant sans aucun complexe une posture d’IE. D’autres préféreront agir au coup par coup en fonction des modifications de l’environnement économique, réservant l’IE au sommet de la hiérarchie (top management). De par sa nature transversale, l’intelligence économique s’adapte nécessairement à la culture de chaque entreprise.

 

Jacques BREILLAT

Article paru le 08-02-2008 dans APS N°1611 – Les clefs de l’intelligence économique

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