Alloing – Intelligence économique, Information et Influence… http://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Tue, 23 May 2017 05:13:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 http://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg Alloing – Intelligence économique, Information et Influence… http://jacques.breillat.fr 32 32 De l’extimité http://jacques.breillat.fr/concepts/de-lextimite http://jacques.breillat.fr/concepts/de-lextimite#respond Fri, 26 May 2017 11:03:29 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3473 Savoir plus]]> Le développement des pratiques numériques a profondément modifié notre rapport aux autres. En 2011, Serge Tisseron a proposé une clef de lecture permettant de mesurer les conséquences des réseaux sociaux sur les relations sociales en général et sur les individus en particulier. Pour Tisseron, la notion classique d’intimité est profondément affectée par les échanges et les usages numériques. Le Web 2.0 dit « collaboratif » a ouvert des nouveaux espaces d’expression. Mais pour l’auteur, ce ne sont pas ces nouveaux territoires qui sont déterminants. Le changement profond réside plutôt l’intention de montrer et le désir de se montrer.  La question centrale n’est pas d’investir une nouvelle topographie du web mais bien de donner à voir aux autres. Cette exposition intentionnelle de soi que Tisseron appelle « extimité » devient ainsi la règle commune et la clé des usages numériques. Les organisations, les employeurs et salariés doivent se rendre visible et se mettre en scène  pour se valoriser.

Au final, les internautes et les marques se retrouvent dans l’obligation de rejoindre des communautés égocentrées. Ils recherchent des personnes qui leur ressemblent ou qui partagent leurs goûts. Les réseaux sociaux sont fondés sur les affinités communes (matching) illustrant la vieille formule : «  qui se ressemble s’assemble »… Pour développer ses relations il faut aussi savoir créer des ponts avec d’autres groupes (bridging).  Les relations numériques, l’adhésion aux réseaux et aux communautés n’invalident pas pour autant le capital social plus classique. Elles offrent simplement un nouveau champ de relations dans une « strate socio technique supplémentaire » selon l’expression de Camille Alloing. Ces nouvelles relations horizontalisées ne gomment pas pour autant les inégalités sociales plus larges. Elle  transforme la fracture numérique en autant de fractures d’usages.

 

Billet paru dans Aquitaine Presse Service (APS), le 26 mai 2017

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« Blogosphère: une communauté de savoir » Interview de Bérengère STASSIN 1/2 http://jacques.breillat.fr/bibliographie/blogosphere-une-communaute-de-savoir-interview-de-berengere-stassin-12 http://jacques.breillat.fr/bibliographie/blogosphere-une-communaute-de-savoir-interview-de-berengere-stassin-12#respond Thu, 05 Jan 2017 17:24:09 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3422 Savoir plus]]> cepadues_1563

Bérengère STASSIN est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lorraine et membre du Centre de recherche sur les médiations (CREM). Ses travaux académiques portent sur les communautés de savoir en ligne ainsi que sur l’identité numérique et l’e-réputation des marques et des individus. Elle commence également une nouvelle recherche sur les phénomènes de violence et de harcèlement en ligne et sur les discours sociaux qui les entourent. Nous avons le plaisir de l’interroger sur ses recherches et son actualité éditoriale en ce début d’année.

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Jacques BREILLAT:  « Bérengère Stassin, vous publiez La blogosphère info-doc : une communauté de savoir, une mosaïque de médiations aux Éditions Cépaduès, comment est né ce livre ? »
Bérengére STASSIN: « Ce livre est une version allégée du mémoire de la thèse que j’ai soutenue en novembre 2015. Alors je vais d’abord vous dire comment est née la thèse et ensuite pourquoi j’en ai fait un ouvrage. J’ai commencé à m’intéresser aux blogs de bibliothécaires, de documentalistes et de chercheurs lorsque j’ai repris des études en sciences de l’information et de la communication en 2008. J’en suivais quelques-uns et je trouvais que c’était un bon moyen de rentrer en contact avec le monde de l’info-doc professionnelle et scientifique. J’y faisais ma petite veille et j’y apprenais pas mal de choses. Mais à cette époque, beaucoup de propos négatifs étaient tenus sur les blogs, et ceux que je lisais régulièrement n’étaient pas épargnés. Le mythe du « blogueur narcissique » était bien répandu et de nombreux discours circulaient quant aux dangers que faisaient peser ces productions alternatives (Wikipédia y compris) sur le Savoir et la Connaissance. Cela m’avait interpellée car ça ne correspondait pas du tout à l’idée que je m’en faisais à travers mes lectures. La thèse est donc née d’une volonté d’interroger les nouvelles formes de médiation de l’information et des savoirs qui émergeaient au sein du web et plus particulièrement au sein des blogs. En outre, la forte activité de publication à laquelle s’adonnaient les blogueurs m’avait également interpellée. Certains étaient de très grands publiants (et le sont toujours) et je me demandais un peu naïvement ce que cela pouvait bien leur apporter. J’ai donc fait de la blogosphère info-doc le terrain de mon travail de recherche, pour le master puis pour le doctorat. Après six années d’investigation, j’ai obtenu les réponses aux questions que je me posais quant aux médiations exercées par cette blogosphère et aux motivations de ses auteurs. Le livre vise donc à partager ces réponses, sous une forme un peu plus digeste que ne le ferait le mémoire de thèse, à offrir une « cartographie » des dynamiques sociales, sémantiques et discursives qui ont traversé la blogosphère info-doc entre 2010 et 2012 (période ciblée par l’étude) et à mettre à disposition du lecteur le cadre théorique et le « kit méthodologique » que j’ai construits pour analyser ce réseau d’expertise, cette communauté de savoir. »

Jacques BREILLAT: « Vous parlez de « nouvelles médiations des savoirs  » grâce aux blogs, que voulez-vous dire ? »
Berengere STASSIN: « Je veux dire beaucoup de choses (rires). Précisons pour commencer que je parle essentiellement des blogs d’experts, c’est-à-dire des blogs qui sont tenus par des professionnels du domaine auquel ils sont consacrés : par exemple, Lionel Maurel qui porte un regard de juriste et de bibliothécaire sur le droit de l’information dans S.I.Lex ou Camille Alloing qui traite de ses thématiques de recherche dans CaddE-Réputation. Je ne parle pas des blogs de type « journaux intimes » ou « chroniques de la vie quotidienne » qui d’ailleurs ne sont plus très nombreux, leurs auteurs s’étant déplacés vers d’autres plateformes comme Facebook, pour ne citer qu’elle. Ces blogs d’experts sont à mon sens devenus un nouveau canal de diffusion de l’information qu’elle soit professionnelle, technique ou scientifique, un canal complémentaire – mais bien évidemment non substitutif – aux traditionnels canaux que sont le livre et la revue. En ce sens, les blogueurs exercent différentes formes de médiation de l’information, mais aussi, sous certains aspects, une nouvelle forme de médiation des savoirs professionnels et scientifiques. »

Interview à suivre demain…

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Agent facilitateur: le nouvel expert? http://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/agent-facilitateur-le-nouvel-expert http://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/agent-facilitateur-le-nouvel-expert#respond Fri, 11 Sep 2015 10:14:15 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3333 Savoir plus]]> Une organisation publique ou privée ne peut plus simplement se contenter de communiquer verticalement sur un mode corporate, auprès de ses clients ou de ses fournisseurs. L’entreprise doit désormais identifier ce que Camille Alloing appelle des « agents facilitateurs* ». Ces agents facilitateurs sont dotés de capacités d’influence sur les réseaux sociaux. Ils disposent de caisses de résonance. Ils peuvent médiatiser l’information pour promouvoir une entreprise, une équipe, un service, un produit ou une marque. Selon Alloing, l’agent facilitateur « n’est pas influent par son statut hiérarchique ou le contrat qu’il a passé avec d’autres membres du réseau, mais parce qu’il a su développer des liens de connivences forts avec certains membres et qu’il est perçu comme quelqu’un sur lequel s’appuyer dans le cadre d’actions nécessitant une forme de coopération. » On le voit le concept d’agent facilitateur remet en question la légitimité de l’expert fondé sur le savoir.
En effet, dans le monde du web 2.0 la légitimité ne repose plus sur la cohérence ou la pertinence des analyses mais « principalement sur la capacité à se médiatiser et à rendre visible son expertise (…). Pour l’adepte des réseaux sociaux, les traces qu’il dépose ne sont pas des indices imprudemment laissés, mais des signaux relationnels relevant de stratégies de réseautage et de valorisation ». Nous sommes bien loin des critères scientifiques classiques du vrai et du faux. L’agent facilitateur ne détient aucune vérité particulière. Il n’est crédible que parce qu’il est visible et connecté à une communauté. L’agent facilitateur apparaît ancré au cœur du fameux «triangle d’or », c’est-à-dire dans les dix premiers résultats de Google.

Billet publié dans la rubrique « Les clés de l’intelligence économique », APS, 11 septembre 2015

* Pour aller plus loin, lire: ALLOING, Camille., « La médiation documentaire sur les réseaux socionumériques comme vecteur de l’e-réputation ? La Poste, Twitter et les agents-facilitateurs », Revue Communication &Organisation, Vol.43, Décembre 2013, pp. 73-84.

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