Franck Bulinge – Intelligence économique, Information et Influence… http://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Thu, 11 Feb 2021 10:20:55 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 http://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg Franck Bulinge – Intelligence économique, Information et Influence… http://jacques.breillat.fr 32 32 Aprés la guerre économique http://jacques.breillat.fr/concepts/apres-la-guerre-economique http://jacques.breillat.fr/concepts/apres-la-guerre-economique#respond Thu, 25 Feb 2021 11:17:00 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3595 Savoir plus]]> Les discours sur l’intelligence économique se sont parfois polarisés sur la notion centrale de « guerre économique ». Il faut dire que, depuis les années 2000, d’éminents auteurs comme Christian Harbulot ont fortement contribué à vulgariser cette notion, recevant un écho favorable dans les médias. Le concept de guerre économique s’est progressivement imposé, en prolongement de théories géoéconomiques selon lesquelles les Etats auraient définitivement délaissé le champs classique des conflits armés et de la puissance militaire, pour se concentrer sur la conquête des marchés internationaux et le soutien aux secteurs de pointe. Pour Christian Harbulot, la guerre économique ne serait finalement que « la poursuite de la guerre par d’autres moyens ». Il faut souligner que l’adhésion à ce nouveau paradigme repose aussi sur un référentiel de valeurs centré sur la logique du patriotisme économique. Avec cette clé de lecture, chaque Etat doit accepter de jouer un rôle de stratège, en définissant un périmètre de souveraineté dans le champ économique, en influençant l’élaboration des normes internationales et en défendant ses propres industries.
Bien sûr, des économistes plus favorables aux vertus du libre échange et à la mondialisation comme Paul Krugman ont aussitôt critiqué la notion de guerre économique, qu’ils jugent à la fois trop « métaphorique » et trop réductrice pour expliquer la complexité des rapports économiques. Ils considèrent qu’on ne peut comprendre l’économie à l’aune d’une grille de lecture reposant sur les seules relations conflictuelles. Car les rapports entre les entreprises et entre les Etats demeurent aussi rythmées par de profonds mouvements de coopération ou de coopétition. Pour les professeurs Franck Bulinge et Nicolas Moinet : « la conception Etat-entreprise-puissance et la métaphore guerre-régiment-soldats montrent rapidement leurs limites face à une réalité moins dictée par la politique des Etats que par la dérégulation économique et financière ». Au final, la clé de lecture de la guerre économique risquerait de passer à côté de deux grandes réalités. D’une part, les relations entre les entreprises et spécifiquement entre les grandes firmes internationales, s’affranchissent largement de la médiation et de la régulation des Etats. D’autre part, les entreprises se laissent guider par des logiques d’intérêts qui les portent autant au conflit qu’à la négociation d’accords commerciaux ou financiers. Dans ce domaine, nous sommes bien loin de l’attachement au drapeau…

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Modèle incrémental d’Intelligence Economique http://jacques.breillat.fr/concepts/modele-incremental-dintelligence-economique http://jacques.breillat.fr/concepts/modele-incremental-dintelligence-economique#comments Mon, 18 Oct 2010 19:42:41 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2278 Savoir plus]]> Photo de Frank BulingeDans ses travaux (sa thèse de doctorat et un document disponibles en ligne), notre collègue Franck Bulinge (cf. sa biographie et son blog) débouche sur une modélisation permettant notamment d’élaborer une grille de lecture des pratiques informationnelles. La démarche nous paraît intéressante, car elle repose sur une logique de transfert progressif et adapté des méthodes de l’Intelligence économique (IE). Le modèle incrémental d’IE proposé par F. Bulinge est construit à partir de sept constats :

  1. La culture informationnelle est passive et non intégrée au processus de décision.
  2. La culture stratégique fait l’objet d’une approche hétérogène, informelle et plus ou moins réactive.
  3. Leur organisation est un facteur de résistance au changement.
  4. On note en outre une certaine difficulté à s’approprier les TIC.
  5. Le temps manque dans les Petites et moyennes organisations.
  6. Elles ont une approche financière minimaliste en termes d’investissement.
  7. Leurs pratiques sont centrées sur le court terme.

La démarche incrémentale de F. Bulinge propose une adaptation « par petits pas » des pratiques d’IE, via un phénomène d’appropriation collective. Concrètement, l’IE est envisagée comme une réponse aux besoins informationnels de chaque organisation au fil de son adaptation à l’environnement interne et externe. L’auteur va définir trois paliers qui correspondent à l’évolution du plan individuel vers le plan synergique. On distingue ainsi l’intelligence informationnelle, l’intelligence opérationnelle ou compétitive et l’intelligence stratégique. Chaque palier comporte un certain nombre d’unités incrémentales (unités de formation) qui viennent enrichir les précédentes et qui peuvent être transférées dans le cadre d’un enseignement universitaire ou au sein même de l’organisation.

Schéma de la méthode incrémentale d'Intelligence économique

Ainsi la démarche d’Intelligence économique est-elle repositionnée dans un cadre à la fois chronologique et diachronique. Chaque organisation comporte sa propre historicité et son propre rythme d’appropriation interne. La méthode incrémentale de Franck Bulinge invite chaque structure à définir par elle-même et pour elle-même ses propres rythmes d’accès aux pratiques d’Intelligence économique.

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