cyberlobbying – Intelligence économique, Information et Influence… http://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Wed, 07 Sep 2016 06:49:51 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 http://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg cyberlobbying – Intelligence économique, Information et Influence… http://jacques.breillat.fr 32 32 Du lobby défensif au co-législateur http://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/du-lobby-defensif-au-co-legislateur http://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/du-lobby-defensif-au-co-legislateur#respond Sat, 15 Oct 2016 07:47:49 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3375 Savoir plus]]> L’intelligence économique consiste en « la maîtrise et la protection des informations stratégiques utiles aux décideurs publics et privés ». La méthode d’intelligence économique encourage donc les organisations à mettre en place dans le même temps des dispositifs de veille stratégique et à protéger leurs patrimoine immatériel (savoir-faire, réseau commercial, brevets, marques, etc…). La démarche repose sur l’idée selon laquelle en instaurant un rapport asymétrique à l’information, chaque entreprise peut construire un avantage concurrentiel. L’information est ici une clé de la compétitivité de l’entreprise. Mais au-delà de la collecte d’information et de sa sécurité économique, chaque organisation est aussi invitée à mettre en œuvre des démarches d’influence pour orienter durablement son environnement. On trouve alors deux grandes postures de lobbying.
Le lobbying défensif consiste à bloquer, dénaturer ou retarder l’entrée en vigueur d’une décision défavorable. Il s’agit aussi pour une fédération professionnelle d’entamer un bras de fer de fer avec les pouvoirs publics pour exiger le retrait pur et simple d’un texte. Mais lorsqu’il n’est plus possible de revenir sur ce texte, il peut être opportun d’obtenir qu’il soit différé ou que ses effets soient dilués. Ainsi, lorsque l’interdiction de fumer dans les lieux publics a été prise, les propriétaires de bar-tabacs ne pouvaient pas revenir sur une mesure fondée sur la santé publique et une évolution européenne. Ils ont négocié les conditions d’application dans le temps en exigeant de contreparties. Le lobbying offensif se situe plus en amont de la prise de décision par les pouvoirs publics. Il s’agit d’instiller des évolutions légales ou réglementaires pour favoriser les intérêts économiques d’un groupe particulier. Dans cette posture (souvent fort discrète), les fédérations professionnelles cherchent à promouvoir leurs intérêts propres. Elles proposent de nouveaux textes, de nouvelles réglementations et des amendements « clés en mains ». Même si cela peut choquer notre conception de l’intérêt général, il arrive donc que les groupes d’intérêts finissent par s’imposer et par s’auto-instituer en qualité de co-législateurs.

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« Cyberlobbying » ou simplement « lobbying » ? http://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/cyberlobbying-ou-simplement-lobbying http://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/cyberlobbying-ou-simplement-lobbying#respond Fri, 25 Sep 2009 07:46:57 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=1595 Savoir plus]]> L’Intelligence économique est constituée de trois « piliers » : la veille, la protection des informations stratégiques et la gestion de l’influence (lobbying). Les techniques d’influence se sont profondément enrichies avec le développement de l’Internet, au point que certains auteurs n’hésitent plus à parler de « cyberlobbying ». Pour François Descheemaker, le cyberlobbying ou « e-lobbying » (on parle aussi de « lobbying on line ») est « la mise en œuvre des nouvelles technologies de l’information et de la communication et de leurs applications dans le cadre d’une campagne d’actions participant à une stratégie visant à exercer une influence sur un décideur public ». L’auteur défend l’idée selon laquelle nous serions passés du « lobbying classique » au cyberlobbying.

On peut s’interroger sur la spécificité de ce cyberlobbying. En effet, les méthodes d’influence dépendent toujours de l’état des techniques disponibles à une époque donnée.  Et l’utilisation de ces méthodes est elle-même définie comme plus ou moins acceptable dans un contexte culturel situé. Dès lors, le champ du cyberlobbying ne fait qu’intégrer les outils disponibles via le Web. Chacun dispose finalement de ce que le politiste Charles Tilly appelle un « répertoire d’action », c’est-à-dire « les moyens établis que certains groupes utilisent afin d’avancer ou de défendre leurs intérêts ». Les actions de lobbying s’appuient sur les nouvelles potentialités d’Internet, de la même façon qu’en son temps d’autres actions avaient intégré la presse, l’affichage, la télévision… Il ne faudrait pas céder à la sidération de l’Internet. Finalement, nous sommes peut-être moins face à une forme nouvelle de lobbying qu’en face d’un renouvellement des techniques d’influence. Et Internet ne serait alors que le prolongement du lobbying « classique » par d’autres moyens…

Article paru dans APS, Les Clefs de l’IE

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