réseaux sociaux – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Tue, 23 May 2017 05:13:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 https://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg réseaux sociaux – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr 32 32 De l’extimité https://jacques.breillat.fr/concepts/de-lextimite https://jacques.breillat.fr/concepts/de-lextimite#respond Fri, 26 May 2017 11:03:29 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3473 Savoir plus]]> Le développement des pratiques numériques a profondément modifié notre rapport aux autres. En 2011, Serge Tisseron a proposé une clef de lecture permettant de mesurer les conséquences des réseaux sociaux sur les relations sociales en général et sur les individus en particulier. Pour Tisseron, la notion classique d’intimité est profondément affectée par les échanges et les usages numériques. Le Web 2.0 dit « collaboratif » a ouvert des nouveaux espaces d’expression. Mais pour l’auteur, ce ne sont pas ces nouveaux territoires qui sont déterminants. Le changement profond réside plutôt l’intention de montrer et le désir de se montrer.  La question centrale n’est pas d’investir une nouvelle topographie du web mais bien de donner à voir aux autres. Cette exposition intentionnelle de soi que Tisseron appelle « extimité » devient ainsi la règle commune et la clé des usages numériques. Les organisations, les employeurs et salariés doivent se rendre visible et se mettre en scène  pour se valoriser.

Au final, les internautes et les marques se retrouvent dans l’obligation de rejoindre des communautés égocentrées. Ils recherchent des personnes qui leur ressemblent ou qui partagent leurs goûts. Les réseaux sociaux sont fondés sur les affinités communes (matching) illustrant la vieille formule : «  qui se ressemble s’assemble »… Pour développer ses relations il faut aussi savoir créer des ponts avec d’autres groupes (bridging).  Les relations numériques, l’adhésion aux réseaux et aux communautés n’invalident pas pour autant le capital social plus classique. Elles offrent simplement un nouveau champ de relations dans une « strate socio technique supplémentaire » selon l’expression de Camille Alloing. Ces nouvelles relations horizontalisées ne gomment pas pour autant les inégalités sociales plus larges. Elle  transforme la fracture numérique en autant de fractures d’usages.

 

Billet paru dans Aquitaine Presse Service (APS), le 26 mai 2017

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Le consommateur augmenté https://jacques.breillat.fr/concepts/le-consommateur-augmente https://jacques.breillat.fr/concepts/le-consommateur-augmente#respond Fri, 13 Jan 2017 06:30:18 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3431 Savoir plus]]> Spécialiste de la « guerre digitale », Caroline Faillet distingue le consommateur informé, le consommateur mobilisé et le consommateur augmenté. Ces trois idéaux-types de consommateurs correspondent à des étapes de développement du Web. Dans une première phase du web, le consommateur expérimente des moteurs de recherche visant à la pertinence et à l’exhaustivité des résultats. Il aborde une base de données mondiale et multilingue, dont les informations sont classées par l’indexation et le référencement. L’outil emblématique de cette phase est le moteur de recherche Google. La deuxième phase est celle du web 2.0, elle est marquée par l’avènement des médias sociaux et des réseaux sociaux. Les barrières d’entrée (expertise informatique, compétences graphiques) s’effondrent. Désormais, chaque consommateur dispose désormais de « porte-voix ». Il peut s’exprimer les forums, ouvrir un blog ou une page Facebook. La communication des consommateurs devient horizontale. Ils échangent librement entre eux (en communautés) et les uns avec les autres (en « one to one »). Dans la dernière phase du web 3.0, les progrès du web sémantique, le développement du web mobile et des réseaux sociaux permettent de délivrer des réponses personnalisées et d’anticiper les besoins. Ce web 3.0 « consacre la toute-puissance du Moi ». Pour Caroline Faillet, le consommateur ainsi est « augmenté » de six nouvelles dimensions. Le consommateur est prescripteur (publication d’avis, évaluations, recommandations…). Le consommateur est un média (billet sur des blog, publication de photos…). Le consommateur est producteur (location de ses biens personnels, voiture, appartement…). Le consommateur est un intermédiaire de service (en relation avec sa communauté). Le consommateur est fournisseur de données (collecte de données connectées, géolocalisation…). Le consommateur est financeur (participe au crowdfounding, prêts participatifs…).

Billet publié dans Aquitaine presse service le vendredi 13 janvier 2016

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A synchrone https://jacques.breillat.fr/actualite-de-lie/a-synchrone https://jacques.breillat.fr/actualite-de-lie/a-synchrone#respond Tue, 14 Jan 2014 11:33:12 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3197 Savoir plus]]>
Le mode de fonctionnement des réseaux sociaux est qualifié de profondément asynchrone. En effet, contrairement à d’autres types de médias traditionnels (TV, radio, presse écrite), il est possible de solliciter ses contacts (amis, fans, followers) à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit. Et ils répondent aux messages au moment le plus opportun pour eux. Selon le spécialiste du Web comme J.Donath, « il n’est pas surprenant que les gens soient impatients de ce que leurs amis pensent, font… Sur Facebook, nos échanges sont asynchrones: vous n’avez pas à vous inquiéter de savoir si vous allez réveiller quelqu’un. Avec le téléphone, on ne se sent pas forcément à l’aise pour passer un appel tard dans la nuit, mais avec les médias asynchrones, vous pouvez vérifier à tout moment sans déranger votre entourage. Comme on vérifie sans arrêt son courrier électronique ». 
Ce mode de fonctionnement asynchrone entraîne nécessairement des conséquences sur la façon dont les entreprises gèrent leurs relations commerciales (avec l’apparition des fans de marque). Le community management des organisations doit s’exercer sur le mode de l’échange horizontal et selon les codes de valeurs de l’Internet. Si les clients sont devenus des ambassadeurs la diplomatie s’exercer en temps réel, 24h sur 24 et 7 jours sur 7. On le voit, créer une page Facebook ne suffit pas à valoriser son image corporate sur les réseaux sociaux. Le dialogue peut se nouer à tout moment dans un sens positif ou négatif. Et la présence sur les réseaux sociaux nécessite la mise en place d’une équipe technique. Elle se révèle chronophage et donc consommatrice de moyens humains.

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RH et ambassadeurs 2.0 https://jacques.breillat.fr/web-2-0/rh-et-ambassadeurs-2-0 https://jacques.breillat.fr/web-2-0/rh-et-ambassadeurs-2-0#respond Mon, 25 Jun 2012 09:26:31 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2915 Savoir plus]]> 67 % des dirigeants se disent inquiets pour la réputation de leur entreprise et pensent que des actes malveillants peuvent être intentionnellement entrepris par des salariés (à travers des commentaires sur des forums ou des sites de notation en ligne). Par ailleurs, selon une étude du cabinet Deloitte de 2009, 74 % des salariés interrogés pensent qu’il est facile d’endommager la réputation d’une entreprise sur les médias sociaux. Par ailleurs, 42 % des employés ayant entre 18 et 29 ans abordent des sujets relatifs à leur travail sur des sites de réseaux sociaux ou sur des blogs. Plus d’un quart de ces jeunes collaborateurs passent trois heures, quelquefois davantage, sur des sites Web tels que YouTube ou Facebook pendant leur temps de travail.

Dopés par la fausse sensation d’anonymat que procure le Web, de plus en plus de salariés « se lâchent » sur les réseaux sociaux… Ils y expriment directement leurs états d’âme, leurs récriminations ou leurs avis. Ils mettent en avant leurs compétences et valorisent leurs expériences professionnelles sur Linkedin ou Viadeo. Parfois, ils expriment avec leurs propres mots, la banalité ou le désenchantement de leur quotidien professionnel. Ainsi, les chaines hiérarchiques s’estompent, s’aplanissent et s’écrasent… les entreprises doivent s’adapter à l’horizontalité des échanges. Pour le management, l’interdiction ou la censure deviennent d’impossibles recours. On doit alors orchestrer subtilement le lien de subordination, en invitant chacun à s’exprimer avec tempérance et modération. Il faut influer sur le cours des opinions avec délicatesse et subtilité, donner envie, orienter et  guider… Bref à l’heure du 2.0, chaque entreprise doit inviter ses salariés et ses équipes à devenir des ambassadeurs.

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E-Reputation https://jacques.breillat.fr/concepts/e-reputation https://jacques.breillat.fr/concepts/e-reputation#respond Sat, 17 Mar 2012 18:54:26 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2859 Savoir plus]]> L’E-Réputation correspond à l’image que les internautes se font d’une organisation publique ou privée. Cette nouvelle forme de perception numérique façonne l’identité d’une marque, d’un produit, d’un service, d’un dirigeant, d’une organisation publique ou privée selon une logique de différenciation positive ou négative.

Pourtant, certains spécialistes du Web comme Fred Cavazza réfutent littéralement le bien-fondé et la spécificité de la notion d’E-Réputation : « Tout comme il n’y a pas de T-réputation pour la TV ou de R-réputation pour la radio ou même de P-réputation pour le print. Bref, la réputation d’une marque est la traduction du discours corporate (celui des publicités et du rapport annuel) selon le prisme des cibles. Elle est fonction de l’expérience de chacun (de son cadre de référence) et des multiples expositions de cette cible avec la marque au travers des médias sociaux (forums, blogs…), donc au travers de ce que les autres en disent ».

Au-delà de ces controverses conceptuelles, force est de constater que la « veille image » est aujourd’hui totalement cannibalisée par la gestion de l’E-Réputation. Le Web est devenu une source de presse à part entière. Par effet de capillarité, de plus en plus de médias audiovisuels, radiophoniques ou la presse écrite viennent y puiser leur inspiration. Internet a donc un rôle d’agenda et une indéniable puissance pour imposer le sujet du jour. Aucune organisation (entreprise, association, collectivité publique), aucune marque, aucune personne ne peut plus s’affranchir des impacts de son image sur le web. La gestion de de l’E-Réputation est devenue une préoccupation prioritaire pour les entreprises. Il ne s’agit plus seulement de mesurer la notoriété ou la popularité d’une organisation mais d’orienter  la dynamique de réputation à travers les multiples sphères du Web (forums, sites d’avis en ligne, réseaux sociaux, blogs).

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La mort du corporate https://jacques.breillat.fr/actualite-de-lie/la-mort-du-corporate https://jacques.breillat.fr/actualite-de-lie/la-mort-du-corporate#comments Fri, 14 Oct 2011 09:30:53 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2743 Savoir plus]]> Avec plus de 800 millions d’utilisateurs, Facebook regroupe aujourd’hui un dixième de l’humanité. En fait, deux internautes sur trois sont devenus des socionautes accros aux réseaux sociaux. Avec le Web 2.0 chacun de nous dispose d’un « porte-voix ». Alors il importe moins de communiquer verticalement que d’analyser ce que vos amis pensent de vous…

Désormais chaque entreprise doit savoir ce que l’on dit d’elle, de ses produits, de ses services ou de ses marques sur les réseaux sociaux. Le nouveau « consom’acteur » recommande sa marque préférée mais il peut aussi la critiquer ou se désabonner. Le Web est dominé par la volatilité, la vitesse et la viralité des points de vue. L’enjeu marketing est important car les socionautes dépensent en moyenne 40% de plus que les autres vers les produits qu’ils soutiennent. Ils sont devenus les ambassadeurs et les prescripteurs des marques qu’ils suivent. Pour autant, ils se montrent suspects à l’égard d’opérations trop commerciales (rejet du social shopping) et réfractaires à la géolocalisation jugée trop intrusive.

Les réseaux sociaux survalorisent l’égo et subliment l’estime de soi. C’est pourquoi on n’impose plus la fidélité à coup de slogan massue et de grosses ficelles mais en murmurant discrètement à l’oreille du client. Il faut savoir lui susurrer des mots doux, susciter son désir et son attachement sentimental à la marque. L’air du temps confine à l’amour courtois car chaque internaute entend demeurer radicalement libre d’aimer. La communication corporate est déjà morte.

Chronique « Les clefs de l’IE » parue dans APS, N°1780

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La main invisible des réseaux ? https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/la-main-invisible-des-reseaux https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/la-main-invisible-des-reseaux#respond Sat, 09 Jul 2011 16:12:52 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2714 Savoir plus]]> L’intelligence économique s’intéresse à la dynamique d’influence des réseaux. Nous sommes tous au moins participants de quatre types de réseaux. Le réseau familial est largement hérité (« on ne choisit pas sa famille »). Le réseau scolaire contient les camarades d’école ou d’université (très actifs avec les associations d’anciens). Le réseau professionnel est composé des collègues et des relations de travail. Le réseau de sociabilité résulte de différents engagements (syndicats, associations, clubs, partis politiques…).

Avec  Internet il est désormais possible de s’affilier à des réseaux existants (communautés de passionnés, d’amis ou de professionnels) mais aussi de créer ou structurer son propre réseau. La loi de Metcalfe nous rappelle que « la valeur d’un réseau est égale au carré de ses utilisateurs » car l’intérêt d’un réseau tend à s’accroitre beaucoup plus vite que la somme de ses utilisateurs. Plus un réseau est dense, plus il se révélera  profitable pour l’ensemble de ses membres.

Le sociologue Cameron Marlow a mis en exergue le décalage entre le nombre d’amis affiché sur Facebook et le nombre de véritables amis avec lesquels on entretient des échanges réguliers. En fait, même si les internautes collectionnent en moyenne 130 amis sur Facebook en 2010, ils ne dialoguent vraiment qu’avec un petit nombre d’entre eux : tout au plus 4 pour les hommes et 6 pour les femmes. C.Marlow avance l’hypothèse selon laquelle la croissance d’un réseau personnel au-delà du nombre de Dunbar, c’est-à-dire 148 personnes, ne produit plus que des contacts occasionnels ou passifs. Il existerait une limite cognitive théorique applicable au nombre de personnes avec lesquelles il est possible d’entretenir des relations sociales stables, actives et régulières. Il ne faut donc pas fantasmer sur la « main invisible » et la puissance des réseaux. Et l’ingénierie sociale des réseaux ne conduit pas nécessairement à la théorie du complot.

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Approcher la concurrence : la stratégie indirecte https://jacques.breillat.fr/renseignement-commercial/approcher-la-concurrence-la-strategie-indirecte https://jacques.breillat.fr/renseignement-commercial/approcher-la-concurrence-la-strategie-indirecte#respond Thu, 16 Dec 2010 08:13:34 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2269 Savoir plus]]> point d'interrogationDans un précédent post, nous évoquions la « structure utile » délimitée par l’exploration des réseaux sociaux. Cette structure utile peut aussi ouvrir la voie à  une approche plus indirecte des concurrents, fondée sur l’ingénierie sociale. Il n’est plus alors question d’entrer directement en contact avec la personne profilée mais de détecter dans son environnement social, professionnel, familial ou amical (avec Facebook « les amis de mes amis sont souvent mes amis »…) des points de contact et donc des points d’entrée chez les concurrents, constituant ainsi un véritable réseau de renseignement humain [1]. La démarche de renseignement ainsi construite consiste à définir des besoins en sources dans différents domaines (technique, commercial, financier…), à localiser des sources potentielles (ciblage), à dresser une liste de personnels intéressants (répertorier, sélectionner), à établir des contacts directs ou indirects, et à amorcer la source ou les sources à partir de tests de production allant de la demande d’informations simples et ouvertes à des demandes d’informations plus pointues et sensibles. Avec ce type de démarche méthodique, les réseaux sociaux offrent l’opportunité de décrypter le réseau de partenaires d’un concurrent ou de se constituer un réseau d’experts… Ces démarches de renseignement humain existaient bien avant le développement des réseaux sociaux, mais elles nécessitaient des actions d’approche souvent longues, délicates et coûteuses. Elles sont aujourd’hui simplifiées. Une approche moins personnelle peut aussi être initiée en tapant le nom de l’entreprise concurrente dans les moteurs de recherche des réseaux sociaux. On voit ainsi se dessiner un véritable réseau de contacts utiles, permettant de constituer un réseau de renseignement humain en auditionnant d’anciens salariés ou d’anciens stagiaires d’un concurrent.

Ces démarches comportent cependant des limites déontologiques et légales. En effet, si les informations ouvertes sont pour ainsi dire « à portée de main » pour toute personne maîtrisant les outils de recherche et le Networking system, la consolidation des informations collectées dans des fichiers revient à stocker des données nominatives individuelles, dont certaines relèvent assurément de la vie privée. L’agrégation d’informations privées socialement disponibles sur les réseaux sociaux dans un objectif concurrentiel entraîne nécessairement des soucis de compatibilité par rapport aux prescriptions réglementaires de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL). Par ailleurs, la sollicitation des salariés d’un concurrent dans l’objectif de les débaucher ou d’obtenir des informations professionnelles implique des interrogations par rapport aux obligations de loyauté ou de confidentialité contenues dans les contrats de travail en contrepartie du lien de subordination. Enfin sur le plan déontologique, on enregistre des limites selon les méthodes d’approches des différents contacts obtenus via les réseaux sociaux [2] :

  • Le contact « ès qualité » consiste à dire à la fois qui on est et ce que l’on cherche (« Je me présente en disant qui je suis, tout ou partie de ce que je recherche, le but de mon intervention et les actions en cours »). Ce mode d’approche directe et sincère peut se révéler très efficient pour proposer un entretien d’embauche à un cadre de la concurrence. Mais le Web 2.0 autorise aussi des types de contacts beaucoup plus « allusifs », plus « déguisés » ou carrément « anonymes » reposant sur la technique du « faux nez » ou du « cheval de Troie ».
  • Le contact « sous prétexte » consiste ainsi à dissimuler ses intentions réelles derrière une fausse justification, c’est-à-dire un motif alibi qui n’est pas le bon (« Je dissimule ce que je cherche réellement en faisant semblant de m’intéresser à autre chose »).
  • Le contact « sous couverture » consiste à usurper les qualités ou les attributs extérieurs d’une profession ou d’une fonction pour mettre la cible en confiance, par exemple en se faisant passer pour un chasseur de têtes.
  • Le contact « sous légende » consiste à avancer « masqué », avec une fausse identité numérique (i.e. un alias) comme couverture (un faux blog internet, une fausse page Viadeo ou Facebook).
  • Le contact « en sous-mains » consiste à faire effectuer la démarche par un tiers de confiance (un « ami »), qui connaît personnellement la cible et les buts réels de l’opération.

On voit derrière toute cette gradation dans les modes de contacts offensifs se profiler un véritable répertoire d’actions borderline, plus ou moins morales et flirtant le cas échéant avec les limites de la légalité. Ces pratiques ne sont pas non plus très conformes aux codes de conduite implicites, aux normes de contribution et conventions collaboratives du Web 2.0 qui impliquent une spirale de confiance fondée sur l’engagement individuel [3].

Enfin, la démarche concurrentielle peut aussi se concrétiser par une veille portant sur le climat social de l’entreprise concurrente. On a vu se développer la diffusion de supports lancés à l’initiative de salariés mécontents dans le cadre d’actions revendicatives de groupes (blogs de collectifs, blogs syndicaux) ou de contentieux individuels. Les conflits sociaux sont ainsi médiatisés via le Web en raison de la facilité d’accès (rapidité, gratuité) et de la liberté d’expression. Avec Internet chacun dispose d’un porte-voix lui permettant de défendre une cause ou de dénoncer une injustice. Les répertoires d’action collective [4] se sont donc enrichis à partir de ces nouveaux outils de l’agit prop, offrant aux acteurs de nouveaux moyens de pression et d’influence.  Ces supports offrent une opportunité dans le cadre d’une veille concurrentielle d’accéder à des informations internes mises en ligne. L’accès aux insiders est un atout concurrentiel qui pourra d’ailleurs être complété par la consultation de sites spécialisés dans le recueil de témoignages sur les conditions de travail (politique salariale, gestion des emplois et des carrières, stress, sécurité…) [5].


[1] Sur les approches en termes de Social engineering voir Alban ONDREJECK A., (Consulting service, Consultant confirmé sécurité Orange), « Comment la frénésie d’échange d’informations personnelles met en danger l’entreprise et son personnel », GRAFOTEC, Sécurité des systèmes d’information, 26 janvier 2009.

[2] CARAMELLO F., Renseignement humain, sécurité et management,  éd. Lavauzelle, 2008, p. 166.

[3] PRAX J.Y., Le management territorial à l’ère des réseaux, éd. d’Organisation, 2002, pp. 147 à 158.

[4] Sur la notion de répertoire d’action, nous renvoyons aux travaux de TILLY C., « Les origines du répertoire de l’action collective contemporaine en France et Grande-Bretagne », Revue du XXème siècle, N°4, octobre 1984, p. 89 et suiv.

[5] Très typique de cette tendance, le site Vault.com, Career intelligence.

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Réseaux sociaux et salariés zappeurs https://jacques.breillat.fr/knowledge-management/reseaux-sociaux-et-salaries-zappeurs https://jacques.breillat.fr/knowledge-management/reseaux-sociaux-et-salaries-zappeurs#comments Fri, 12 Nov 2010 08:00:14 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2260 Savoir plus]]> En elles-mêmes, les informations figurant sur les réseaux sociaux ne présentent pas nécessairement de grande valeur ajoutée pour une exploitation concurrentielle. C’est pourquoi elles sont souvent considérées à tort comme anecdotiques. En revanche, elles deviennent plus signifiantes lorsqu’elles sont synthétisées dans une logique de  profilage. L’ensemble des informations ainsi collectées sur des cadres clés peut permettre de définir une structure utile et de choisir un scénario d’approche pour le débauchage. Cette possibilité de « faire connaissance » avec les cadres dirigeants et les salariés de la concurrence devient alors une réelle opportunité car elle s’inscrit dans un environnement social dans lequel la relation aux entreprises est de plus en plus individualisée. Le rapport des individus au travail a profondément changé ces dernières années, sous l’influence des impératifs financiers à court terme, du poids des actionnaires, le tout sur fond de crises répétées de l’emploi. La méfiance s’est progressivement  installée vis-à-vis de l’entreprise et la légitimité institutionnelle des firmes s’est effritée au profit d’autres valeurs comme l’épanouissement personnel, l’engagement bénévole ou les loisirs. Ce renouvellement des valeurs personnelles se fait en partie au détriment de la stabilité des relations contractuelles engendrant un accroissement du turn-over. Les salariés sont devenus de plus en plus “zappeurs”. Or ce nomadisme professionnel touche prioritairement la tranche des 18-30 ans, qui n’hésitent plus à quitter leur emploi et négocier leur départ, y compris dans des secteurs dans lesquels le chômage est pourtant élevé. Cette tranche d’âge est précisément celle dont la pratique du Web social est la plus active ; celle qui regarde, recherche, contribue et partage sur Internet. Dès lors, les opportunités de contacts via les réseaux sociaux sont accrues pour les chasseurs de têtes et pour la concurrence.

Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 12/11/2010

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RH et réputation de l’entreprise https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/rh-et-reputation-de-lentreprise https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/rh-et-reputation-de-lentreprise#comments Fri, 08 Oct 2010 08:00:02 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2364 Savoir plus]]> La dernière livraison du baromètre de confiance Edelman 2010 mettait en exergue l’incidence croissante de la perception de l’image interne de l’entreprise par ses salariés sur son environnement. Pour 69% des Français, « l’impératif ressources humaines » est placé au cœur de la réputation de chaque entreprise. Au-delà des insatisfactions dans la gestion des carrières, du stress au travail ou de la prévention des  conflits sociaux, chaque représentation véhiculée par chaque salarié sur sa propre entreprise prend désormais une dimension collective.

Dans une approche classique, on pensait que la communication corporate permettait de soutenir l’image de l’entreprise et de garantir  sa cohésion vis-à-vis de l’extérieur. Aujourd’hui, l’approche en termes de communication ne suffit plus. Avec le Web 2.0 et les réseaux sociaux, les salariés sont devenus les porte-parole de leur entreprise, dont ils peuvent critiquer ou valoriser l’image de marque.

Ce mouvement de fond signifie que les frontières entre l’interne et l’externe ont disparu. Le climat social devient ainsi un élément de valorisation de l’entreprise auprès des parties prenantes. Comme les clients, les partenaires et les actionnaires, chaque salarié détient à son tour une parcelle de réputation de l’entreprise.

Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 08/10/2010

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