Lobbying – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Wed, 09 Sep 2015 12:29:01 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 https://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg Lobbying – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr 32 32 Veille innovation Aquitaine https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/veille-innovation-aquitaine https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/veille-innovation-aquitaine#respond Sun, 20 Dec 2015 10:00:59 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3325 Savoir plus]]> Le 5 décembre 2014arton4912-8c105, la plateforme Veille Innovation Aquitaine de l’université de Bordeaux lançait les Premières rencontres d’intelligence technologique. Madame Claude Revel (Déléguée interministérielle à l’intelligence économique) saluait cette initiative permettant la coopération de chercheurs, d’entreprises, d’universitaires, de la région et des services de l’Etat. A cette occasion, la Déléguée a échangé sur la place que peut jouer l’intelligence économique dans le développement de la compétitivité des entreprises françaises. Claude Revel a aussi pu rappeler que l’intelligence économique se présente sous trois volets : la gestion d’information ou des connaissances, la protection et l’influence : « L’intelligence économique, c’est la maîtrise de l’information, le but étant de connaître son environnement extérieur et par conséquent d’adapter par avance sa conduite. Elle permet d’identifier les opportunités et les déterminants du succès, d’anticiper les menaces, de prévenir les risques, de se sécuriser, d’agir et d’influencer son monde extérieur dans une optique de compétitivité internationale. L’intelligence économique se compose de trois volets. Le premier concerne le traitement de l’information. Cela consiste à recueillir les informations nécessaires, à les trier et à les valider (…) Le deuxième volet consiste à se sécuriser au niveau matériel mais surtout au niveau immatériel, c’est-à-dire à avoir la capacité d’anticiper les risques et les problèmes qui se rattachent notamment à la propriété intellectuelle, aux attaques sur son image ou sur son capital. Le troisième volet consiste à savoir influencer et argumenter, convaincre, négocier, faire du lobbying professionnel mais également à savoir exercer l’influence normative en anticipant les règles et les normes internationales et en participant éventuellement à leur élaboration. L’intelligence économique permet de mieux connaître ses concurrents, les donneurs d’ordre, les règles et les normes qui peuvent influencer son activité et donc d’agir sur son environnement au lieu de le subir. »

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Relations institutionnelles https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/3301 https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/3301#respond Sun, 04 Oct 2015 09:32:43 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3301 Savoir plus]]> Le spécialiste de lobbying Raymond Hoewig définit les relations institutionnelles d’une organisation comme « l’ensemble des activités externes non commerciales exigées par le monde des affaires ». Ces relations institutionnelles intègrent donc généralement une participation politique de l’entreprise, un suivi relationnel entre l’entreprise et les pouvoirs publics ou une communauté représentative d’un secteur d’activités (partenaires, concurrents, clients…).

La mise en œuvre d’un programme de relations institutionnelles pour l’entreprise se fonde sur les facteurs suivants : l’historique de l’entreprise, ses lignes, ses produits, son image publique ; des données organisationnelles comme le personnel, la structuration hiérarchique, les personnes clés ; la stratégie de l’entreprise comprenant l’analyse des défis politiques et le programme de relations institutionnelles mis en place pour relaver justement ces défis ; les fonctions dédiées et activités de relations institutionnelles au sein de l’entreprise.Bref, les départements dédiés aux relations institutionnelles s’intéressent principalement aux problématiques législatives, réglementaires et politiques qui touchent l’entreprise. Ceux qui y travaillent se concentrent sur les questions d’administration publique et assurent une veille en matière d’évolution des normes dans les domaines de la santé, de l’environnement ou de la sécurité.

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Agent facilitateur: le nouvel expert? https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/agent-facilitateur-le-nouvel-expert https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/agent-facilitateur-le-nouvel-expert#respond Fri, 11 Sep 2015 10:14:15 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3333 Savoir plus]]> Une organisation publique ou privée ne peut plus simplement se contenter de communiquer verticalement sur un mode corporate, auprès de ses clients ou de ses fournisseurs. L’entreprise doit désormais identifier ce que Camille Alloing appelle des « agents facilitateurs* ». Ces agents facilitateurs sont dotés de capacités d’influence sur les réseaux sociaux. Ils disposent de caisses de résonance. Ils peuvent médiatiser l’information pour promouvoir une entreprise, une équipe, un service, un produit ou une marque. Selon Alloing, l’agent facilitateur « n’est pas influent par son statut hiérarchique ou le contrat qu’il a passé avec d’autres membres du réseau, mais parce qu’il a su développer des liens de connivences forts avec certains membres et qu’il est perçu comme quelqu’un sur lequel s’appuyer dans le cadre d’actions nécessitant une forme de coopération. » On le voit le concept d’agent facilitateur remet en question la légitimité de l’expert fondé sur le savoir.
En effet, dans le monde du web 2.0 la légitimité ne repose plus sur la cohérence ou la pertinence des analyses mais « principalement sur la capacité à se médiatiser et à rendre visible son expertise (…). Pour l’adepte des réseaux sociaux, les traces qu’il dépose ne sont pas des indices imprudemment laissés, mais des signaux relationnels relevant de stratégies de réseautage et de valorisation ». Nous sommes bien loin des critères scientifiques classiques du vrai et du faux. L’agent facilitateur ne détient aucune vérité particulière. Il n’est crédible que parce qu’il est visible et connecté à une communauté. L’agent facilitateur apparaît ancré au cœur du fameux «triangle d’or », c’est-à-dire dans les dix premiers résultats de Google.

Billet publié dans la rubrique « Les clés de l’intelligence économique », APS, 11 septembre 2015

* Pour aller plus loin, lire: ALLOING, Camille., « La médiation documentaire sur les réseaux socionumériques comme vecteur de l’e-réputation ? La Poste, Twitter et les agents-facilitateurs », Revue Communication &Organisation, Vol.43, Décembre 2013, pp. 73-84.

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Mise sur agenda en 2.0 https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/mise-sur-agenda-en-2-0 https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/mise-sur-agenda-en-2-0#respond Wed, 23 Jul 2014 10:17:19 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3209 Savoir plus]]> Le concept de mise sur agenda décrit l’ensemble des actions de communication d’influence mise en œuvre par une communauté, un groupe d’intérêt ou un individu afin d’obtenir « l’inscription de sa demande ou la prise en compte de ses intérêts dans l’agenda d’un gouvernement, d’un ministère, d’une collectivité territoriale ou de toute autre institutions relevant de l’Etat ». (G.Hermet, B.Badie, P.Birnbaum, P.Braud, 1996). En effet, compte tenu de la diversité des groupes d’intérêts et du nombre important de demandes sociales, seuls les problèmes sociaux perçus comme appelant un débat par les décideurs politiques sont inscrits à l’ordre du jour des autorités compétentes.  Aussi l’agenda ne nous  dit pas ce qu’il faut penser mais ce à quoi il faut penser. En communication d’influence, la mise sur agenda dépend de plusieurs facteurs :
– La légitimité de celui ou de ceux qui portent les intérêts ;
– La représentativité réelle ou supposée du groupe ;
– Ses capacités de mobilisation collective;
– Le travail de mise en forme des messages dans les médias ;
– Le moment choisi, notamment la temporalité du cycle électoral.
Avec le web 2.0, une coalition d’intérêts ou une ONG qui sait utiliser les médias sociaux en s’appuyant sur des caisses de résonance appropriées (réseaux sociaux, compte twitter, blog….) et sur le relai de leaders d’opinion peuvent imposer la mise sur agenda. Pour peser sur les choix publics, il faut être visible et faire du bruit. Celui qui parle le plus fort sera entendu…

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Le lobbying est-il un gros mot ? https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/le-lobbying-est-il-un-gros-mot https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/le-lobbying-est-il-un-gros-mot#respond Thu, 20 Jun 2013 10:04:05 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3109 Savoir plus]]> En cette période ou les affaires politiques s’accumulent et défraient la chronique, de nombreux médias assimilent abusivement le lobbying et la corruption. C’est oublier un peu vite que le lobbying est un ensemble de méthodes et d’outils permettant d’entretenir légalement un dialogue entre les parties prenantes. Ce dialogue est souvent utile pour les décideurs publics ; notamment lors de de la définition  ou de la mise en œuvre des politiques publiques.
Chacun devrait donc convenir que dans une démocratie pluraliste, l’expression de groupes d’intérêt n’est pas nécessairement pathologique, illégale, immorale ou contraire à l’éthique. La mystique de l’intérêt général est compatible avec la prise en compte d’intérêts particuliers dans un processus d’élaboration législative ou réglementaire. D’ailleurs, des groupes progressistes, des fondations, des ONG et des associations utilisent aussi le lobbying pour défendre de justes causes.
A une période où on parle de gouvernance, de reliance (selon l’expression d’Edgard MORIN) et de concertation publique, il est paradoxal de réduire le dialogue social avec les groupes d’intérêt aux jeux sombres de la main invisible et à la théorie du complot… Loin d’autoriser et d’organiser la pression unilatérale d’une partie sur l’autre, le lobbying permet à chaque acteur (groupement professionnel, syndicat, entreprise, ONG…) de se faire entendre. Le lobbying permet ainsi au législateur de prendre en compte la complexité du monde dans lequel nous vivons et d’enrichir la production du droit.

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Clients de tous pays… https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/clients-de-tous-pays%e2%80%a6 https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/clients-de-tous-pays%e2%80%a6#respond Fri, 08 Mar 2013 14:19:11 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3039 Savoir plus]]>
Chacun connait la pétition dite « classique », cet acte qui permet de signifier par écrit une position politique sociale à une institution ou à un décideur. Plus les signataires de la pétition sont nombreux, plus l’impact médiatique sera élevé et la pression importante sur la prise de décision. Ce que l’on sait moins c’est que les clients n’hésitent plus à faire appel aux signataires sur internet en lançant des pétitions on line.
La pétition on line expose rapidement les faits puis formule généralement une demande d’adhésion comprenant l’e-mail ou les coordonnées de l’internaute. Il existe quatre types de pétitions on line : la pétition avec envoi d’un courrier simple (l’internaute doit recopier une lettre type à envoyer) ; la pétition en push de type bouche à oreille (l’internaute va relayer le message par mail) ; la pétition directe avec inscription sur un site web (on voit alors le nombre de soutiens s’accumuler) et la pétition avec des liens hyper textes permettant l’accès à la boîte aux lettres électronique des personnalités (dirigeants, chefs d’entreprise…).
Désormais lorsqu’un client est mécontent il n’hésite plus à le faire savoir sur le web. Comme le dit le PDG d’Amazon Jeff Bezos: « Si vous rendez vos clients mécontents dans le monde réel, ils sont susceptibles d’en parler chacun à 6 amis. Sur internet, vos clients mécontents peuvent en parler chacun à 6000 amis ». La pétition on line est donc entrée dans les modes d’action des consommateurs car elle favorise la coalition d’intérêts immédiate. Le rapport du faible au fort a changé et les entreprises ne peuvent l’ignorer… Clients de tous pays unissez-vous !

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Réseau relationnel https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/reseau-relationnel https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/reseau-relationnel#respond Tue, 25 Sep 2012 10:22:54 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2926 Savoir plus]]> Dans un système démocratique marqué par la pluralité des groupes d’intérêt, la démarche de lobbying participe à la construction des décisions publiques, en « éclairant » les administrations et les élus sur les conséquences de leurs choix. Selon cette perspective pratique, au-delà de la conception rousseauiste de la prise de décision publique, les textes ne sont finalement jamais élaborés et les décisions ne sont jamais prises selon une mystique totalement désincarnée de l’intérêt général. A contrario, chaque décision demeure au final le fruit d’une transaction entre les acteurs politiques et les représentants de la société civile. Entre le réel, le possible et le souhaitable, il existe une place institutionnelle et donc un espace disponible pour l’expression des intérêts particuliers ou corporatistes. Parce que les choix publics sont toujours pilotés en amont et arbitrés « en dernière instance » par des hommes et des femmes, chaque professionnel du Lobbying sait que son réseau relationnel s’avère donc une ressource, permettant de positionner la représentation d’intérêts privés auprès des bonnes personnes et au bon moment.

Pour mon collègue universitaire Nicolas Moinet, ce réseau relationnel peut se définir comme « l’ensemble des personnes avec lesquelles nous avons ou nous avons eu des relations, qu’elles soient familiales, professionnelles, amicales ou associatives. C’est aussi l’ensemble des relations que nous nous créons à l’occasion d’un contact, d’une rencontre ou d’un évènement ». Selon cette définition chaque lobbyiste dispose donc de plusieurs cordes à son arc. Certains types de réseaux sont en fait « hérités » à la naissance et dépendent de la généalogie personnelle, qu’elle soit familiale (les parents proches ou éloignés), culturelle (une communauté, une religion) ou géographique (un pays, une région). D’autres réseaux reposent d’avantage sur la capacité et la volonté de chaque individu à « faire société » en participant à la vie associative, politique, syndicale ou plus simplement à tisser des liens amicaux. Le réseau relationnel sera donc abondé, enrichi et renforcé par de multiples flux d’origine diverses.

En sus de ces réseaux hérités ou construits tout au long de la vie, la plus-value d’un lobbyiste se caractérisera par ses compétences à pratiquer activement ce que l’on  appelle le réseautage ou networking. Il ne s’agira plus alors seulement de se laisser porter par des réseaux d’appartenance enrichis spontanément au fil du temps  mais de soutenir « une activité qui vise à établir des liens d’une manière intentionnelle et stratégique avec d’autre individus afin  d’atteindre un objectif relationnel, de partager de l’information, de faciliter et/ou favoriser une prise de décision ».  Cette démarche de réseautage relationnel reposera sur une forme d’intelligence collective ayant pour objectif de mobiliser un ensemble de contacts utiles et actifs, afin d’influencer la prise de décision publique. Elle résulte donc d’un travail régulier et méthodique de constitution, d’entretien et de capitalisation relationnelle impliquant la participation à des événements (déjeuners, petits déjeuners, colloques, journées d’études, congrès…). Un réseau relationnel peut bien sûr être le fruit d’un héritage mais il peut aussi et surtout se créer et s’enrichir…

 

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L’Intelligence économique a ses idoles https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/lintelligence-economique-a-ses-idoles https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/lintelligence-economique-a-ses-idoles#respond Mon, 03 Sep 2012 10:04:57 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2922 Savoir plus]]> Comme tout champ de connaissance et de pratique, l’intelligence économique a ses idoles et ses modes. Dans l’air du temps, elle est souvent technocentrée et fascinée par la toute-puissance des outils de veille automatisée, dédaignant l’importance du facteur humain dans la collecte, le traitement et l’analyse de l’information. Certains cèdent alors facilement à la vénération exclusive des outils informatiques et services en ligne du Web 2.0.

Mais les spécialistes des questions d’influence savent que la technique ne fait pas tout et que les outils ne sont pas une fin en soi.

En effet, qu’il s’agisse d’inspirer aux décideurs publics une décision favorable aux intérêts d’un groupe, de bloquer ou de déployer des manœuvres dilatoires avant l’entrée en vigueur d’un texte, la démarche de réseau relationnel s’inscrit au cœur du lobbying. Elle nécessite une parfaite maîtrise des procédures juridiques d’élaboration des textes (plages de concertation publique, organisations du travail en commission, mécanismes de navette, procédures d’amendement, etc…), une bonne connaissance des rouages et des acteurs institutionnels (pour définir « Qui décide ? »), une veille réglementaire et normative, une pratique des techniques de communication mais aussi un certain nombre de ressources relationnelles. En effet, les techniques du lobbying visent principalement à apporter de l’information à une personne ou une institution publique que l’on désire influencer, à partir d’argumentaires précis, crédibles et ciblés (appelés position paper).

Bien évidemment, cette information est «mise en forme » pour promouvoir une logique d’intérêt privé ou corporatiste. Le lobbyiste va  déployer des savoir-faire pour  injecter certaines informations découlant des choix stratégiques de l’entreprise, de l’ONG ou du groupe d’intérêt (filière professionnelle par exemple) dans un environnement de politique publique. Il faut alors être capable de mesurer le champ des possibles, trouver les bons mots (ces fameux « éléments de langage »), jauger les rapports de force, valoriser son carnet d’adresse et ses contacts… Et nos ordinateurs ne font pas encore cela…

Article paru dans Aquitaine presse service (APS),Rubrique « Les clés de l’IE », Vendredi 31 aout 2012

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Principe de précaution: servir en se servant ? https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/principe-de-precaution-servir-en-se-servant https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/principe-de-precaution-servir-en-se-servant#respond Fri, 02 Mar 2012 10:11:22 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2817 Savoir plus]]> Dans un précédent post, nous avons abordé la délicate question de la place des évolutions normatives dans les rapports concurrentiels. Parmi les nouvelles réglementations, certaines s’inspirent du fameux principe de précaution. Elles entendent explicitement nous protéger de certains risques. Mais ces normes nouvelles ne se préoccupent-elles vraiment que de notre seule sécurité physique ou de notre unique bien-être?

Par exemple, la loi obligeant les propriétaires de piscines privées à installer des dispositifs de sécurité (alarmes, couvertures ou barrières) aura demandé plus d’1,8 milliards d’euros d’investissement aux particuliers. Bien sûr, la noyade d’un enfant de moins de six ans est toujours un drame familial et entraine une légitime émotion de l’opinion publique. Il n’empêche que le bilan de cette mesure est pour le moins « controversé ». Sans se livrer à une macabre comptabilité, il convient de noter que 19 enfants de moins de six ans sont décédés par noyade contre 26 enfants l’année précédent l’entrée en vigueur de cette mesure législative. Dans le domaine immobilier, le législateur a empilé depuis plusieurs années des dispositifs de contrôle obligatoire : amiante en 1996, plomb en 1998, termites en 1999, performance énergétique du logement en 2006, conformité des installations électriques et du gaz en 2008. L’ensemble de ces activités de contrôle représente pour les professionnels un Chiffre d’Affaires annuel de près de 800 millions d’euros. De même, la mise aux normes des stations services aura coûté plus de 6 milliards d’euros. Cette mesure a aussi provoqué la fermeture de nombreux stations-service en zone rurale. L’évolution des standards de sécurité dans les stations-service aura permis incidemment de restructurer, de concentrer et finalement « d’écrémer » les circuits de distribution des produits pétroliers.

On peut voir finalement de nombreuses explications dans le renforcement des mesures normatives et le rehaussement des standards. Les spécialistes des politiques publiques pointent la nécessaire prise en compte du principe de précaution comme un nouveau référentiel (afin de prévenir aussi le risque pénal et judiciaire). Les philosophes soulignent l’infantilisation maladive de notre société post-moderne qui cache son malaise derrière la récusation de toutes les peurs.  Les économistes intègrent les dépenses liées à ces mesures, comme une hausse de production de la demande intérieure et donc de la richesse nationale (accroissement du PIB, produit intérieur brut). Pour sa part, le spécialiste d’intelligence économique se méfie toujours de l’air du temps et de évolutions « spontanées ». Il sait que derrière chaque mesure normative, il existe l’action aussi discrète qu’efficace de groupes d’intérêt. Les fabricants de piscine, les spécialistes du contrôle technique ou les distributeurs d’essence ne sont pas a priori des acteurs désintéressés. Et lorsque des mesures normatives entendent renforcer l’intérêt général (mystique à vrai dire étrangère aux lobbies), elles servent parfois aussi des intérêts particuliers collatéraux.  Sans nous adonner à la théorie du complot, force est de constater que les groupes d’intérêt ont appris patiemment à habiller leur communication d’influence. En démocratie pluraliste, les lobbies savent qu’il est possible de co-produire les décisions publiques… ce qui revient parfois à « servir tout en se servant ».

 

 

 

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Faire nom et faire nombre https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/faire-nom-et-faire-nombre https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/faire-nom-et-faire-nombre#respond Mon, 16 Jan 2012 09:41:12 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2788 Savoir plus]]> Le management des perceptions passe désormais par l’activisme des organisations publiques. Afin de soutenir activement leur réputation, certains Etats n’hésitent plus à intervenir directement ou faire intervenir sur le Web. La stratégie de l’action oblique s’impose nolens volens. L’ancien correspondant du New York times Thomas Crampton a ainsi pointé le rôle des «50 cents agents». Ces internautes sont recrutés et rémunérés 50 cents de Renminbis  par avis favorable déposé sur le web (environ 0,05 euros) en faveur du gouvernement chinois. L’efficacité de ce type d’enrôlement cyber militant repose sur l’apparente spontanéité et l’anonymat des réponses, la participation massive aux forums et aux sites d’avis en ligne.
Cette mobilisation collective peut même s’avérer  totalement factice, lorsqu’un groupe de pression obtient l’inscription d’une cause sur l’agenda politique, en avançant un nombre astronomique  de soutiens imaginaires. Faire nom et faire nombre à tout prix… la démarche est qualifiée d’Astroturf lobbying (du nom d’un célèbre gazon synthétique) pour bien marquer la différence avec un véritable processus de Grassroots lobbying, c’est-à-dire une mobilisation collective bien réelle de l’opinion publique.
Bien sûr, de telles démarches peuvent légitimement choquer par leur absence d’éthique. C’est oublier finalement une caractéristique fondamentale de l’influence sur le Web. Est désormais vrai ce que les internautes citoyens, clients ou consommateurs considèrent comme vrai. Chacun dispose d’un porte-voix et la notoriété tient désormais lieu de vérité.

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