Lobbying – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Mon, 07 Oct 2019 22:23:34 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 https://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg Lobbying – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr 32 32 Influence du client https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/influence-du-client https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/influence-du-client#respond Mon, 21 Oct 2019 23:15:55 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3577 Savoir plus]]> CIALDINIL’intelligence économique s’intéresse à la maîtrise et la protection des informations stratégiques utiles pour les décideurs publics et privés. La discipline intègre donc une réflexion sur les méthodes et les outils permettant d’influencer l’environnement réglementaire, commercial ou concurrentiel d’une organisation, d’un marché ou d’un produit. Sur ce thème, les travaux de Robert B.CIALDINI sont incontournables. En effet, l’auteur dévoile six principes permettant de mettre en place un marketing d’influence. Le premier principe est celui de la réciprocité ou du « donnant-donnant ».   Il repose sur le fait que les personnes n’aiment pas rester redevables et mettent tout en œuvre pour ne pas être débitrices. Cette logique de don et de contre-don revient à rendre un service pour influencer favorablement une décision en retour. C’est la logique de l’échantillon gratuit ou du contenu offert sur le web.
Le deuxième principe est celui de la cohérence de l’engagement. Il consiste à s’appuyer sur la stabilité de opinions, des croyances et des prises de position des personnes. Cette logique privilégie le fait de conforter les points de vue initiaux pour influencer favorablement les comportements. Le troisième principe est celui du consensus. Il consiste à administrer la preuve sociale que l’utilisation d’un produit ou d’un service est déjà bénéfique pour d’autres clients. Ainsi, les consommateurs privilégieront un achat spécifique parce que d’autres personnes l’ont déjà réalisé. Le quatrième principe est celui de la sympathie. Ainsi, les clients seront enclins à acheter un produit si ce produit est conseillé par un proche. Cette technique d’influence est déployée à partir d’action de parrainage. Elle a prouvé son efficacité dans des actions de vente à domicile. Ainsi, la marque Tupperware propose d’organiser des réunions commerciales chez une hôtesse connue et appréciée.  Le cinquième principe est celui de l’autorité. En matière d’influence, l’autorité peut reposer sur un titre, une position hiérarchique, un haut niveau expertise, un diplôme, une apparence extérieure (« l’habit fait souvent le moine »). Ce principe s’incarne sur le web à travers le positionnement d’experts sur des blogs. Le sixième principe est celui de la rareté. Il s’incarne pour chaque client dans la peur de perdre ce que l’on pourrait potentiellement acquérir. Ainsi, un site de vente en ligne va influencer la commande en indiquant qu’il ne reste qu’un seul exemplaire du produit en stock. Cette tactique la plus évidente est celle de la « quantité limitée» . Elle repose sur l’information selon laquelle l’approvisionnement futur du produit n’est pas garanti, induisant un sentiment de peur qui pousse à l’achat. Elle connait une variante sur la variable du délai. Le commerçant en ligne annonce à grand renfort de publicité qu’une promotion a lieu de date à date, ou qu’un produit ne sera disponible que jusqu’à une date limite. Au final, ces six principes d’influence permettent d’emporter la décision de façon indolore, douce et sans contrainte… Le client conserve apparemment la liberté de décider mais il est surtout libre de décider dans le sens du vendeur.

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Ancrage négatif : la force du bashing https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/ancrage-negatif-la-force-du-bashing-2 https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/ancrage-negatif-la-force-du-bashing-2#respond Fri, 08 Feb 2019 19:07:28 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3526 Savoir plus]]> likeLes entreprises, les marques et les individus sont soumis aux jugements, plus ou moins avisés ou caricaturaux, de leurs clients, de leurs salariés ou de leurs partenaires. Avec le web 2.0, les internautes savent que chacun dispose d’un « porte-voix ». Alors la moindre maladresse de communication, le moindre comportement non éthique et la moindre erreur par rapport aux normes de responsabilité sociétale et environnementale exposent les entreprises à ce que les experts appellent le risque « d’une mise à mort symbolique ». On sait depuis longtemps que le lynchage médiatique peut se propager sur les médias traditionnels écrits, radiophoniques et télévisuels. Avec le Web 2.0, on a découvert la force dévastatrice du bad buzz et la puissante amplification du bashing. Le bashing est défini par caroline Faillet comme « une forme de défoulement collectif destinée à dénigrer une organisation ou un individu ».

Ironique, caustique, comique mais aussi parfois d’une extrême violence, le bashing prend une cible en ligne de mire, pour la transformer littéralement en bouc émissaire. L’entreprise peut alors devenir emblématique, symbolique ou iconographique de toute référence négative. Son nom ou sa marque est alors citée systématiquement pour illustrer des sujets polémiques, y compris lorsque ces sujets n’ont strictement rien à voir avec son secteur d’activité. Ainsi lorsque l’on illustre la supériorité du profit sur la santé des personnes, on nomme la firme Monsanto. Lorsqu’on évoque la malbouffe, le nom du géant Mac Donald est immédiatement mobilisé. Lorsque le parlement français se penche sur l’utilisation réglementaire de l’huile de palme dans l’industrie agroalimentaire, on qualifie la procédure législative « d’amendement Nutella ».

Ces attaques constituent de véritables marqueurs, capables d’entamer durablement l’E-Réputation d’une organisation ou d’une personne. Elles fonctionnent par simplification et par assimilation, forgeant une image négative qu’il sera difficile de recomposer. Comme le disait prophétiquement Warren Buffet : « Il faut 20 ans pour construire une réputation et cinq minutes pour la détruire ».

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Du lobby défensif au co-législateur https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/du-lobby-defensif-au-co-legislateur https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/du-lobby-defensif-au-co-legislateur#respond Sat, 15 Oct 2016 07:47:49 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3375 Savoir plus]]> L’intelligence économique consiste en « la maîtrise et la protection des informations stratégiques utiles aux décideurs publics et privés ». La méthode d’intelligence économique encourage donc les organisations à mettre en place dans le même temps des dispositifs de veille stratégique et à protéger leurs patrimoine immatériel (savoir-faire, réseau commercial, brevets, marques, etc…). La démarche repose sur l’idée selon laquelle en instaurant un rapport asymétrique à l’information, chaque entreprise peut construire un avantage concurrentiel. L’information est ici une clé de la compétitivité de l’entreprise. Mais au-delà de la collecte d’information et de sa sécurité économique, chaque organisation est aussi invitée à mettre en œuvre des démarches d’influence pour orienter durablement son environnement. On trouve alors deux grandes postures de lobbying.
Le lobbying défensif consiste à bloquer, dénaturer ou retarder l’entrée en vigueur d’une décision défavorable. Il s’agit aussi pour une fédération professionnelle d’entamer un bras de fer de fer avec les pouvoirs publics pour exiger le retrait pur et simple d’un texte. Mais lorsqu’il n’est plus possible de revenir sur ce texte, il peut être opportun d’obtenir qu’il soit différé ou que ses effets soient dilués. Ainsi, lorsque l’interdiction de fumer dans les lieux publics a été prise, les propriétaires de bar-tabacs ne pouvaient pas revenir sur une mesure fondée sur la santé publique et une évolution européenne. Ils ont négocié les conditions d’application dans le temps en exigeant de contreparties. Le lobbying offensif se situe plus en amont de la prise de décision par les pouvoirs publics. Il s’agit d’instiller des évolutions légales ou réglementaires pour favoriser les intérêts économiques d’un groupe particulier. Dans cette posture (souvent fort discrète), les fédérations professionnelles cherchent à promouvoir leurs intérêts propres. Elles proposent de nouveaux textes, de nouvelles réglementations et des amendements « clés en mains ». Même si cela peut choquer notre conception de l’intérêt général, il arrive donc que les groupes d’intérêts finissent par s’imposer et par s’auto-instituer en qualité de co-législateurs.

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De la richesse des réseaux organisés https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/de-la-richesse-des-reseaux-organises https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/de-la-richesse-des-reseaux-organises#respond Fri, 24 Jun 2016 10:12:49 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3364 Savoir plus]]>  

L’inreseautelligence économique encourage la maîtrise et la protection des informations stratégiques utiles aux décideurs publics et privés, permettant ainsi à chaque organisation de saisir des opportunités et de détecter des menaces. Fondée sur une connaissance approfondie de l’environnement socio-économique ou institutionnel, la démarche d’intelligence économique doit permettre d’anticiper et de prendre les bonnes décisions, au bon moment. Pour atteindre cet objectif, il est souvent nécessaire d’adopter une démarche en réseau. Les réseaux de l’entreprise sont une partie intégrante de son capital immatériel, au même titre que ses savoir-faire, ses procédures qualité, ses fichiers, sa propriété intellectuelle (brevets, marques), ses compétences-clés, sa relation-client ou sa politique de recherche et développement. Ils constituent une véritable richesse, souvent imperceptible et voilée, qu’il faut pouvoir cartographier, animer et gérer avec attention. Les réseaux sont à la fois des canaux d’acquisition et de diffusion d’information mais aussi des systèmes d’acteurs organisés. Ils permettent de collecter de l’information et de communiquer avec des parties prenantes (clients, fournisseurs, partenaires, concurrents, pouvoirs publics…). Au final, chaque entreprise devrait être en mesure de cartographier précisément ses réseaux afin de répertorier ses sources d’information, d’identifier ses canaux de diffusion (caisse de résonance, porte-voix) et de pouvoir mobiliser ses soutiens dans le cadre d’une communication d’influence. Les réseaux doivent devenir au sens de l’association française pour le développement de l’intelligence économique (AFDIE) : « des inventeurs de connaissances nouvelles en mettant à jour des menaces, des risques ou des opportunités par simple comparaison et mise en relations d’informations ouvertes mais dispersées soit au sein de l’entreprise, soit à l’extérieur. »  Malheureusement, cette démarche d’organisation et de coordination des réseaux internes et externes est souvent négligée par les entreprises. Beaucoup de décideurs pensent à tort que la logique de réseau est pour ainsi dire « spontanée ». Qu’elle peut se déployer naturellement et irriguer les circuits décisionnels sans être réellement managée. Beaucoup de salariés hésitent à partager leurs connaissances et leurs carnets d’adresse, préférant une approche plus individualiste et personnelle du réseau. Il reste beaucoup à faire pour promouvoir la richesse des réseaux méthodiquement organisés.

Chronique « Clé de l’IE », parue dans APS du 24 juin 2016

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Relations institutionnelles https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/3301 https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/3301#respond Sun, 04 Oct 2015 09:32:43 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3301 Savoir plus]]> Le spécialiste de lobbying Raymond Hoewig définit les relations institutionnelles d’une organisation comme « l’ensemble des activités externes non commerciales exigées par le monde des affaires ». Ces relations institutionnelles intègrent donc généralement une participation politique de l’entreprise, un suivi relationnel entre l’entreprise et les pouvoirs publics ou une communauté représentative d’un secteur d’activités (partenaires, concurrents, clients…).

La mise en œuvre d’un programme de relations institutionnelles pour l’entreprise se fonde sur les facteurs suivants : l’historique de l’entreprise, ses lignes, ses produits, son image publique ; des données organisationnelles comme le personnel, la structuration hiérarchique, les personnes clés ; la stratégie de l’entreprise comprenant l’analyse des défis politiques et le programme de relations institutionnelles mis en place pour relaver justement ces défis ; les fonctions dédiées et activités de relations institutionnelles au sein de l’entreprise.Bref, les départements dédiés aux relations institutionnelles s’intéressent principalement aux problématiques législatives, réglementaires et politiques qui touchent l’entreprise. Ceux qui y travaillent se concentrent sur les questions d’administration publique et assurent une veille en matière d’évolution des normes dans les domaines de la santé, de l’environnement ou de la sécurité.

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Agent facilitateur: le nouvel expert? https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/agent-facilitateur-le-nouvel-expert https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/agent-facilitateur-le-nouvel-expert#respond Fri, 11 Sep 2015 10:14:15 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3333 Savoir plus]]> Une organisation publique ou privée ne peut plus simplement se contenter de communiquer verticalement sur un mode corporate, auprès de ses clients ou de ses fournisseurs. L’entreprise doit désormais identifier ce que Camille Alloing appelle des « agents facilitateurs* ». Ces agents facilitateurs sont dotés de capacités d’influence sur les réseaux sociaux. Ils disposent de caisses de résonance. Ils peuvent médiatiser l’information pour promouvoir une entreprise, une équipe, un service, un produit ou une marque. Selon Alloing, l’agent facilitateur « n’est pas influent par son statut hiérarchique ou le contrat qu’il a passé avec d’autres membres du réseau, mais parce qu’il a su développer des liens de connivences forts avec certains membres et qu’il est perçu comme quelqu’un sur lequel s’appuyer dans le cadre d’actions nécessitant une forme de coopération. » On le voit le concept d’agent facilitateur remet en question la légitimité de l’expert fondé sur le savoir.
En effet, dans le monde du web 2.0 la légitimité ne repose plus sur la cohérence ou la pertinence des analyses mais « principalement sur la capacité à se médiatiser et à rendre visible son expertise (…). Pour l’adepte des réseaux sociaux, les traces qu’il dépose ne sont pas des indices imprudemment laissés, mais des signaux relationnels relevant de stratégies de réseautage et de valorisation ». Nous sommes bien loin des critères scientifiques classiques du vrai et du faux. L’agent facilitateur ne détient aucune vérité particulière. Il n’est crédible que parce qu’il est visible et connecté à une communauté. L’agent facilitateur apparaît ancré au cœur du fameux «triangle d’or », c’est-à-dire dans les dix premiers résultats de Google.

Billet publié dans la rubrique « Les clés de l’intelligence économique », APS, 11 septembre 2015

* Pour aller plus loin, lire: ALLOING, Camille., « La médiation documentaire sur les réseaux socionumériques comme vecteur de l’e-réputation ? La Poste, Twitter et les agents-facilitateurs », Revue Communication &Organisation, Vol.43, Décembre 2013, pp. 73-84.

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Mise sur agenda en 2.0 https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/mise-sur-agenda-en-2-0 https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/mise-sur-agenda-en-2-0#respond Wed, 23 Jul 2014 10:17:19 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3209 Savoir plus]]> Le concept de mise sur agenda décrit l’ensemble des actions de communication d’influence mise en œuvre par une communauté, un groupe d’intérêt ou un individu afin d’obtenir « l’inscription de sa demande ou la prise en compte de ses intérêts dans l’agenda d’un gouvernement, d’un ministère, d’une collectivité territoriale ou de toute autre institutions relevant de l’Etat ». (G.Hermet, B.Badie, P.Birnbaum, P.Braud, 1996). En effet, compte tenu de la diversité des groupes d’intérêts et du nombre important de demandes sociales, seuls les problèmes sociaux perçus comme appelant un débat par les décideurs politiques sont inscrits à l’ordre du jour des autorités compétentes.  Aussi l’agenda ne nous  dit pas ce qu’il faut penser mais ce à quoi il faut penser. En communication d’influence, la mise sur agenda dépend de plusieurs facteurs :
– La légitimité de celui ou de ceux qui portent les intérêts ;
– La représentativité réelle ou supposée du groupe ;
– Ses capacités de mobilisation collective;
– Le travail de mise en forme des messages dans les médias ;
– Le moment choisi, notamment la temporalité du cycle électoral.
Avec le web 2.0, une coalition d’intérêts ou une ONG qui sait utiliser les médias sociaux en s’appuyant sur des caisses de résonance appropriées (réseaux sociaux, compte twitter, blog….) et sur le relai de leaders d’opinion peuvent imposer la mise sur agenda. Pour peser sur les choix publics, il faut être visible et faire du bruit. Celui qui parle le plus fort sera entendu…

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Mise sur agenda https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/mise-sur-agenda https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/mise-sur-agenda#respond Sat, 14 Sep 2013 11:25:22 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3144 Savoir plus]]>
La « mise sur agenda » (agenda setting pour les anglo-saxons) décrit l’ensemble des actions de communication d’influence utilisées par une communauté, un groupe d’intérêt ou un individu afin d’obtenir « l’inscription de sa demande ou la prise en compte de ses intérêts dans l’agenda d’un gouvernement, d’un ministère, d’une collectivité territoriale ou de toute autre institutions relevant de l’Etat » (Philippe Braud). La mise sur agenda est donc étroitement dépendante de l’environnement sociétal et du système politique. En effet en démocratie pluraliste, compte tenu de la diversité des groupes d’intérêts et du nombre important de demandes sociales, seuls les problèmes sociaux perçus comme appelant un véritable débat par les décideurs politiques seront inscrits à l’ordre du jour des autorités nationales ou locales compétentes. Pour réussir à atteindre les décideurs et l’opinion publique, la mise sur agenda d’un intérêt repose sur plusieurs facteurs : la légitimité de celui ou de ceux qui  portent les intérêts ;  la représentativité réelle ou supposée du groupe ; ses capacités de mobilisation collective; le travail de mise en forme des messages dans les médias et le moment choisi pour porter la demande (notamment dans la temporalité du cycle électoral). Il est ainsi plus aisé de saisir les politiques dans une période pré-électorale.
Ainsi une association professionnelle, un syndicat, une coalition d’intérêts ou une ONG qui sait utiliser les médias sociaux, en s’appuyant sur les différentes caisses de résonance appropriées (blogs, réseaux sociaux, forums, twitter…) peut provoquer ou imposer la mise sur agenda. Dans une perspective de lobbying, l’agenda ne nous  dit pas vraiment ce qu’il faut penser mais plutôt ce à quoi il faut penser… Et chacun dispose d’un porte-voix…

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Le lobbying est-il un gros mot ? https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/le-lobbying-est-il-un-gros-mot https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/le-lobbying-est-il-un-gros-mot#respond Thu, 20 Jun 2013 10:04:05 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3109 Savoir plus]]> En cette période ou les affaires politiques s’accumulent et défraient la chronique, de nombreux médias assimilent abusivement le lobbying et la corruption. C’est oublier un peu vite que le lobbying est un ensemble de méthodes et d’outils permettant d’entretenir légalement un dialogue entre les parties prenantes. Ce dialogue est souvent utile pour les décideurs publics ; notamment lors de de la définition  ou de la mise en œuvre des politiques publiques.
Chacun devrait donc convenir que dans une démocratie pluraliste, l’expression de groupes d’intérêt n’est pas nécessairement pathologique, illégale, immorale ou contraire à l’éthique. La mystique de l’intérêt général est compatible avec la prise en compte d’intérêts particuliers dans un processus d’élaboration législative ou réglementaire. D’ailleurs, des groupes progressistes, des fondations, des ONG et des associations utilisent aussi le lobbying pour défendre de justes causes.
A une période où on parle de gouvernance, de reliance (selon l’expression d’Edgard MORIN) et de concertation publique, il est paradoxal de réduire le dialogue social avec les groupes d’intérêt aux jeux sombres de la main invisible et à la théorie du complot… Loin d’autoriser et d’organiser la pression unilatérale d’une partie sur l’autre, le lobbying permet à chaque acteur (groupement professionnel, syndicat, entreprise, ONG…) de se faire entendre. Le lobbying permet ainsi au législateur de prendre en compte la complexité du monde dans lequel nous vivons et d’enrichir la production du droit.

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Développer une influence normative internationale https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/developper-une-influence-normative-internationale https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/developper-une-influence-normative-internationale#respond Wed, 13 Mar 2013 10:53:34 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=3044 Savoir plus]]> Mme Claude REVEL fut chargée en septembre dernier, par Mme Nicole BRICQ, ministre du Commerce extérieur, d’une mission sur le développement de l’influence française en matière de normes. Elle vient de rendre son rapport qui est en ligne.
Le rapport rappelle tout d’abord à quel point l’élaboration des normes, entendu dans son sens le plus large de régulations internationales de toutes natures et de noms divers – qui orientent, structurent ou contraignent notre environnement concurrentiel – est devenu un enjeu majeur. En effet, comme le souligne son rapport, les régulations internationales ne sont jamais innocentes, elles déterminent des marchés, fixent des modes de gouvernance, permettent à leurs auteurs de devancer la concurrence, ou de la freiner, ou d’exporter leurs contraintes. Ainsi la norme et la règle, y compris très techniques, portent des stratégies non seulement commerciales, mais aussi de puissance, des politiques et des modèles, notamment venus, depuis une trentaine d’années, de conceptions dites libérales anglo-saxonnes qui relèvent plus de la culture que de la nationalité. Contrairement à l’Allemagne ou au Royaume-Uni, les responsables d’entreprises françaises ne se sont pas dans l’ensemble saisis au plus haut niveau de ces sujets, se reposant souvent sur l’État. Or l’État ne peut tout faire et doit se concentrer sur sa valeur ajoutée. Il faut en revanche apprendre à travailler en partenariat public-privé sur les sujets d’intérêt commun. Le rapport suggère « d’aligner le crédit d’impôt normalisation sur le crédit d’impôt recherche », la normalisation étant, comme la recherche, un investissement immatériel pour des marchés futurs ; ou encore « des mesures emblématiques comme la participation de représentants de la normalisation ou du droit à des voyages officiels pour appuyer des actions en cours ». A  plus long terme, il s’agirait d’accroître la lisibilité du dispositif de normalisation français en favorisant les regroupements et en rapprochant les fédérations des instances centrales de la normalisation.
Réinvestir les institutions internationales
Le rapport se focalise ensuite sur la nécessité de réinvestir les instances internationales créatrices de normes : Banque mondiale, OCDE, organisations de l’alimentation, comme le Codex Alimentarius et la FAO, l’OMS, l’OIT, la CNUDCI, l’OMC et bien sûr l’Union européenne. Or, le constat est sans appel : «l’État français ne paraît pas avoir pris la mesure de l’importance immatérielle cruciale de ces organisations ». Pour y remédier, Claude REVEL liste une série d’actions à entreprendre, pour chacune de ces instances internationales. Pour la Banque mondiale, elle préconise de participer activement à l’actuelle révision des règles de marchés publics et de lancer une action énergique et déterminée sur le partenariat public-privé. Pour l’OCDE, le rapport souhaite que la France s’associe à une initiative  de révision des règles fiscales applicables aux  multinationales. A  l’OMC, il serait souhaitable de prendre l’initiative de lancer une réflexion sur une évolution de cette institution, « où nous pourrions défendre des positions européennes sur des enjeux majeurs du commerce avec les pays émergents et en développement comme la frontière entre obstacles techniques au commerce et politiques publiques, et sur le traitement à réserver aux normes privées ». Enfin pour l’Union Européenne, il est primordial d’intervenir » en amont des programmes de normalisation et en partenariat public privé, et d’exercer une veille vigilante et parvenir à être plus présents dans les consultations préalables en amont des élaborations de règles ».
Afin d’agir en amont du processus de normalisation, il est essentiel, selon ce rapport, de « projeter nos normes et règles par la coopération technique et l’aide au développement, qui doivent être des vecteurs dynamiques de soutien aux positions que nous défendons dans les enceintes internationales ». Ceci implique de concevoir les objectifs des programmes d’assistance technique en anticipation, de mettre en place des stratégies communes entre opérateurs et de concevoir des offres intégrées où figurent l’exportation de nos règles et normes. Claude REVEL insiste sur le fait que « nous devons apprendre à utiliser les mêmes techniques d’influence que nos  concurrents, comme le classement et la notation, qui sont des prénormes. » Cette stratégie s’articule en deux temps. Dans l’immédiat, il serait souhaitable de  promouvoir et lancer au niveau européen l’idée d’un classement  international des climats des affaires par pays. À moyen terme, il faudrait « réfléchir à un NIST (National Institute of Standards  and Technology) à la française. »  Par ailleurs, pour améliorer le lien entre normalisation et recherche il est important de travailler à « une doctrine sur notre conception  de la norme et la diffuser » et de réfléchir en termes de couple normalisation/certification.
Un grand nombre de secteurs sont étudiés dans le rapport, parmi lesquels les marchés agricoles et agroalimentaires qui sont clairement l’objet de grandes manœuvres au niveau mondial, les normes liées  au développement durable, notamment à la ville durable, qui regroupe plusieurs industries vendables à l’international, les industries liées au numérique, les nano et bio technologies mais aussi nos points forts classiques et enfin, les services, sur lesquels nous pourrions être dynamiques en termes normatifs.   Le rapport propose de mettre en place «  des binômes tests, composés de hauts fonctionnaires volontaires non affectés et de responsables privés seniors, chargés de définir et de mener une stratégie par délégation des administrations concernées, en accord avec elles et avec la structure nationale d’intelligence économique », de « continuer à promouvoir activement nos positions et à développer des alliances sur l’initiative lancée par la Commission européenne de normes financières issues de cabinets et de concepts privés, qui seraient applicables aux États, et en matière d’audit , « d’entamer immédiatement une action sur la reconnaissance internationale des diplômes de grandes école », de « soutenir notre droit et les professions qui l’utilisent, en les associant aux visites officielles, en montant avec eux des actions communes (par exemple sur le PPP ou sur la ville durable), le tout par la conviction. Point clef du rapport pour maîtriser les accords internationaux en cours et sortir du défensif : lancer une réflexion approfondie sur les positions françaises dans l’accord à venir entre les Etats-Unis et l’Union européenne.
Repenser la structure de pilotage de l’intelligence économique
Cette nécessité découle d’un constat illustrant «la faiblesse flagrante de nos administrations sur l’anticipation très en amont des normes et règles internationales, sur l’influence quotidienne dans les organisations, sur notre présence active au sein de la préconsultation et sur la coordination stratégique, quand il y a plusieurs administrations et/ou plusieurs enceintes ensemble sur un sujet». Aussi est-il urgent de « décloisonner les sujets normatifs et réglementaires  internationaux et les intégrer dans une approche d’intelligence économique (IE) et d’influence de l’État : une obligation si l’on veut éviter le déclin». Dans l’immédiat, le rapport préconise que « la structure d’IE nationale doit être un centre nerveux d’alerte, d’impulsion, d’accompagnement et de suivi de stratégies d’information, de sécurité et d’influence, les trois étant inextricablement liées. Elle doit avoir un rayonnement interministériel, être inébranlablement soutenue au plus haut niveau de l’État (…) La structure doit centraliser l’information, orienter la stratégie, la tactique et l’action dans les lieux internationaux et effectuer le suivi-évaluation. Totalement lié aux autres centres de coordination de l’État, ce centre doit permettre d’anticiper et de prendre des décisions sur des sujets complexes. L’influence normative est un pilier et un outil stratégique de cette action d’intelligence économique internationale ».

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