Social networking – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Sat, 01 Sep 2012 09:39:24 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.23 https://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg Social networking – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr 32 32 Réseau relationnel https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/reseau-relationnel https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/reseau-relationnel#respond Tue, 25 Sep 2012 10:22:54 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2926 Savoir plus]]> Dans un système démocratique marqué par la pluralité des groupes d’intérêt, la démarche de lobbying participe à la construction des décisions publiques, en « éclairant » les administrations et les élus sur les conséquences de leurs choix. Selon cette perspective pratique, au-delà de la conception rousseauiste de la prise de décision publique, les textes ne sont finalement jamais élaborés et les décisions ne sont jamais prises selon une mystique totalement désincarnée de l’intérêt général. A contrario, chaque décision demeure au final le fruit d’une transaction entre les acteurs politiques et les représentants de la société civile. Entre le réel, le possible et le souhaitable, il existe une place institutionnelle et donc un espace disponible pour l’expression des intérêts particuliers ou corporatistes. Parce que les choix publics sont toujours pilotés en amont et arbitrés « en dernière instance » par des hommes et des femmes, chaque professionnel du Lobbying sait que son réseau relationnel s’avère donc une ressource, permettant de positionner la représentation d’intérêts privés auprès des bonnes personnes et au bon moment.

Pour mon collègue universitaire Nicolas Moinet, ce réseau relationnel peut se définir comme « l’ensemble des personnes avec lesquelles nous avons ou nous avons eu des relations, qu’elles soient familiales, professionnelles, amicales ou associatives. C’est aussi l’ensemble des relations que nous nous créons à l’occasion d’un contact, d’une rencontre ou d’un évènement ». Selon cette définition chaque lobbyiste dispose donc de plusieurs cordes à son arc. Certains types de réseaux sont en fait « hérités » à la naissance et dépendent de la généalogie personnelle, qu’elle soit familiale (les parents proches ou éloignés), culturelle (une communauté, une religion) ou géographique (un pays, une région). D’autres réseaux reposent d’avantage sur la capacité et la volonté de chaque individu à « faire société » en participant à la vie associative, politique, syndicale ou plus simplement à tisser des liens amicaux. Le réseau relationnel sera donc abondé, enrichi et renforcé par de multiples flux d’origine diverses.

En sus de ces réseaux hérités ou construits tout au long de la vie, la plus-value d’un lobbyiste se caractérisera par ses compétences à pratiquer activement ce que l’on  appelle le réseautage ou networking. Il ne s’agira plus alors seulement de se laisser porter par des réseaux d’appartenance enrichis spontanément au fil du temps  mais de soutenir « une activité qui vise à établir des liens d’une manière intentionnelle et stratégique avec d’autre individus afin  d’atteindre un objectif relationnel, de partager de l’information, de faciliter et/ou favoriser une prise de décision ».  Cette démarche de réseautage relationnel reposera sur une forme d’intelligence collective ayant pour objectif de mobiliser un ensemble de contacts utiles et actifs, afin d’influencer la prise de décision publique. Elle résulte donc d’un travail régulier et méthodique de constitution, d’entretien et de capitalisation relationnelle impliquant la participation à des événements (déjeuners, petits déjeuners, colloques, journées d’études, congrès…). Un réseau relationnel peut bien sûr être le fruit d’un héritage mais il peut aussi et surtout se créer et s’enrichir…

 

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Réseaux: la force des liens faibles https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/reseaux-la-force-des-liens-faibles https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/reseaux-la-force-des-liens-faibles#comments Sat, 23 Jul 2011 18:25:33 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2720 Savoir plus]]> L’intelligence économique s’intéresse à l’influence par l’information et aux questions du lobbying. A ce titre, chaque spécialiste de communication d’influence doit intégrer la théorie déjà ancienne de la « force des liens faibles » énoncée par Marc Granovetter en 1973.

Un lien faible relie un individu à une connaissance sociale éloignée (un « ami d’ami » par exemple). Pour M.Granovetter, la différence entre un lien fort (famille, amis proches) et un lien faible repose in fine sur la combinaison de quatre critères : la fréquence (on consacrerait plus de temps à un lien fort) ; l’intimité (quasiment absente d’un lien faible) ; l’émotion (empathie caractéristique des liens forts) ; la réciprocité des services rendus (plus élevée dans un lien fort). Marc Granovetter démontre que les liens faibles sont finalement beaucoup plus utiles que les liens forts. Selon ce sociologue, les «liens faibles servent bien souvent à jeter des ponts locaux entre des ensembles d’acteurs qui autrement seraient isolés, ou encore qui ne pourraient se rejoindre que par des détours beaucoup plus longs ».

L’importance des liens faibles provient du fait que ces « ponts locaux » créent des chemins plus nombreux et plus courts vers l’information stratégique. La coupure d’un lien faible engendre donc, en moyenne, plus de dégâts dans les probabilités d’interaction que la suppression d’un lien fort. Les liens faibles nous connectent à des personnes qui évoluent dans un environnement très différent du nôtre, nous offrant  des opportunités que n’aurions jamais pu déceler sans elles. En conclusion, l’altérité représente donc à la fois la richesse, la puissance et la force des liens faibles. A l’époque du Web 2.0 et des réseaux sociaux, la leçon des liens faibles mérite assurément d’être méditée.

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La main invisible des réseaux ? https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/la-main-invisible-des-reseaux https://jacques.breillat.fr/lobbying_desinformation/la-main-invisible-des-reseaux#respond Sat, 09 Jul 2011 16:12:52 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2714 Savoir plus]]> L’intelligence économique s’intéresse à la dynamique d’influence des réseaux. Nous sommes tous au moins participants de quatre types de réseaux. Le réseau familial est largement hérité (« on ne choisit pas sa famille »). Le réseau scolaire contient les camarades d’école ou d’université (très actifs avec les associations d’anciens). Le réseau professionnel est composé des collègues et des relations de travail. Le réseau de sociabilité résulte de différents engagements (syndicats, associations, clubs, partis politiques…).

Avec  Internet il est désormais possible de s’affilier à des réseaux existants (communautés de passionnés, d’amis ou de professionnels) mais aussi de créer ou structurer son propre réseau. La loi de Metcalfe nous rappelle que « la valeur d’un réseau est égale au carré de ses utilisateurs » car l’intérêt d’un réseau tend à s’accroitre beaucoup plus vite que la somme de ses utilisateurs. Plus un réseau est dense, plus il se révélera  profitable pour l’ensemble de ses membres.

Le sociologue Cameron Marlow a mis en exergue le décalage entre le nombre d’amis affiché sur Facebook et le nombre de véritables amis avec lesquels on entretient des échanges réguliers. En fait, même si les internautes collectionnent en moyenne 130 amis sur Facebook en 2010, ils ne dialoguent vraiment qu’avec un petit nombre d’entre eux : tout au plus 4 pour les hommes et 6 pour les femmes. C.Marlow avance l’hypothèse selon laquelle la croissance d’un réseau personnel au-delà du nombre de Dunbar, c’est-à-dire 148 personnes, ne produit plus que des contacts occasionnels ou passifs. Il existerait une limite cognitive théorique applicable au nombre de personnes avec lesquelles il est possible d’entretenir des relations sociales stables, actives et régulières. Il ne faut donc pas fantasmer sur la « main invisible » et la puissance des réseaux. Et l’ingénierie sociale des réseaux ne conduit pas nécessairement à la théorie du complot.

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