Secret – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Fri, 09 Dec 2011 16:35:24 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 https://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg Secret – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr 32 32 La main invisible de la Chine https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/la-main-invisible-de-la-chine https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/la-main-invisible-de-la-chine#respond Mon, 12 Dec 2011 10:31:47 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2777 Savoir plus]]> Les médias évoquent régulièrement la piste de la compromission des secrets industriels et commerciaux au profit des intérêts chinois. Il faut dire que la figure emblématique du chinois « conquérant et dominateur » marque en profondeur l’opinion publique française. Ce stéréotype repose sur un mélange d’attraction et de répulsion. La puissance économique de la Chine inquiète autant qu’elle fascine. La nature anxiogène de la mondialisation économique et le stress de l’hyper compétition plaident en faveur de la main invisible de la Chine… Le chinois est partout…

Bien sûr, il y a sans doute une part de vrai dans la menace chinoise mais on trouverait des preuves beaucoup plus tangibles en cherchant dans trois directions: la prédation des matières premières (notamment main mise sur les « terres rares ») ; la captation de l’innovation technologique et la contrefaçon industrielle. Pour servir ses ambitions et soutenir son développement, la Chine peut assurément compter sur une diaspora mondiale pratiquant le renseignement d’opportunité et sur le talent prodigieux de ses hackers.

Au bout du compte, même si les menaces extérieures et l’espionnage industriel existent, la fuite de données confidentielles est le plus souvent d’origine « interne ». Le risque d’un salarié qui parle trop (par bêtise, par méconnaissance ou par malveillance), l’échange d’informations confidentielles par mail ou par les réseaux sociaux provoquent d’avantage de dégâts que les manœuvres offensives chinoises. Les risques sont donc essentiellement humains. Et le mirage puissant des stéréotypes ne saurait occulter cette réalité.

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Publier ses bilans https://jacques.breillat.fr/renseignement-commercial/publier-ses-bilans https://jacques.breillat.fr/renseignement-commercial/publier-ses-bilans#respond Fri, 04 Dec 2009 02:13:18 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=1782 Savoir plus]]> La Loi fait obligation aux sociétés commerciales de publier chaque année leur bilan financier. Pourtant, certains chefs d’entreprise décident volontairement de ne pas respecter cette obligation légale. Ils préfèrent commettre sciemment un délit ; assorti il est vrai d’une sanction pécuniaire modeste.

Il existe plusieurs raisons « objectives » à la non publication des bilans. On peut vouloir dissimuler ses profits ou au contraire cacher des pertes. Mais le plus souvent, l’objectif est de ne pas dévoiler à la concurrence ses résultats, sa structure de coûts ou son positionnement sur le marché. En effet, dans un contexte hyper concurrentiel, le bilan offre de précieuses informations « ouvertes » aux spécialistes d’intelligence économique : poids des effectifs, masse salariale, outil de production, évolution du chiffre d’affaires, recours à la sous-traitance… Dans un environnement international, la volonté de secret des chefs d’entreprise français sera d’autant plus forte que les autres pays Européens ou les Etats-Unis n’imposent pas de règles de transparence aussi draconiennes que les nôtres.

A contrario l’absence de communication des résultats annuels peut engendrer des doutes de la part des clients, des fournisseurs ou des banquiers concernant la solvabilité de l’entreprise. Si le secret protège effectivement des indiscrétions, le secret peut aussi inquiéter les partenaires commerciaux…

Article paru dans Aquitaine Presse Service (APS), N° 1692

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Protection du secret: « De la Défense nationale à l’entreprise ? » https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/protection-du-secret-de-la-defense-nationale-a-lentreprise https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/protection-du-secret-de-la-defense-nationale-a-lentreprise#respond Fri, 05 Dec 2008 20:51:09 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=223 Savoir plus]]> En matière de protection des informations stratégiques, les méthodes de management ont largement emprunté aux techniques de protection du secret de la Défense nationale. Or, nous savons qu’il est impossible aujourd’hui de transformer une PME/PMI en bunker… C’est l’air du temps : « On ne peut pas ne pas communiquer ». Pour autant, il n’est pas nécessaire de dire tout, à tout le monde, tout le temps… Le principe de toute protection des informations repose donc sur la segmentation des informations à  » forte valeur ajoutée « . Dans le glossaire qui suit, nous faisons un parallèle entre les concepts de protection du secret de Défense et la protection des savoir-faire en entreprise, le résultat est saisissant…

  • L’avis de sécurité est « la conclusion émise par un service spécialisé à l’issue d’investigations au sujet d’une personne et visant à détecter et évaluer les vulnérabilités de cette personne. L’avis de sécurité est une aide à la décision d’habilitation, mais il ne lie pas l’autorité responsable de la décision ».  En entreprise, on évalue le  » risque humain  » au moment du recrutement. Ainsi, le fait de recruter un cadre venant de la concurrence peut constituer une opportunité  (connaissance la partie adverse, accès à l’information interne du concurrent, récupération d’un fichier client…) mais aussi une menace (attaque judiciaire en concurrence déloyale, fiabilité du nouveau salarié ?…).

  • Le besoin d’en connaître est la « nécessité impérieuse de prendre connaissance d’une information dans le cadre d’une fonction déterminée et pour la bonne exécution d’une mission précise ». En entreprise, le  » besoin d’en connaître  » correspond à la participation au projet. En fonction de la gestion de projet, certaine personne détiennent l’information ou pas.
  • Une classification est une « catégorie d’informations ou supports protégés classifiés  » au niveau Très Secret Défense (TSD) , Secret Défense (SD) ou Confidentiel Défense (CD). Elle répond à la nécessité de cloisonnement découlant du  » besoin d’en connaître ».  En entreprise, on pourra procéder à une classification, en fonction du niveau de responsabilité exercée (approche hiérarchique) ou en fonction de la participation au projet (approche fonctionnelle). La difficulté résulte généralement du fait que le management d’équipe favorise les échanges. Un cadre chargé d’un dossier stratégique pourra être tenté pour se valoriser, d’échanger l’information qu’il détient avec d’autre salariés (logique de pouvoir).
  • La compromission est « la prise de connaissance, certaine ou probable, d’une information ou support protégé par une ou plusieurs personnes non autorisées ».  En entreprise, cela signifie que le détenteur d’une information protégée a commis une indiscrétion interne ou externe. Cette indiscrétion interne résulte de la violation d’une obligation de confidentialité incluse dans le contrat de travail. En cas d’indiscrétion externe, on invoquera souvent de la violation d’une obligation de loyauté envers l’employeur résultant du contrat de travail ou la violation contenue dans une clause de secret professionnel.
  • La confidentialité est « le caractère réservé d’une information ou d’un traitement dont l’accès est limité aux seules personnes admises à la (le) connaître pour les besoins du service, ou aux entités ou processus autorisés. » En entreprise, la confidentialité consiste à réserver l’accès et l’usage de certaines informations à des personnes nommément désignées pour en connaître.
  • On appelle information « tout renseignement ou tout élément de connaissance susceptible d’être représenté sous une forme adaptée à une communication, un enregistrement ou un traitement. » En entreprise, la qualité de l’information sera fonction de sa valeur ajoutée. Ainsi telle information sera jugée  » critique  » si sa compromission suffit à remettre en question la stratégie ou la pérennité de l’entreprise.
  • Une information sensible est une information « dont la confidentialité, la disponibilité et l’intégrité ne procèdent pas du secret de la défense nationale tel que défini par les articles 413-9 à 413-12 du code pénal et le décret 98-608. » Une information sensible est néanmoins protégée par des dispositions telles que l’obligation de discrétion professionnelle, le secret professionnel, les textes sur les données nominatives et les obligations contractuelles.  En entreprise, l’information  » sensible  » est appelée  » information critique  » c’est à dire de nature à compromettre l’existence de l’entreprise.
  • La mise en éveil est « la démarche effectuée par le service spécialisé auprès de la personne à habiliter, pour la sensibiliser sur ses vulnérabilités découvertes au cours de l’enquête. » En entreprise, il s’agit de sensibiliser les différents échelons de l’organigramme et le comité de direction aux risques informationnels.
  • La mise en garde est « la démarche effectuée par le service spécialisé visant à sensibiliser le chef du service employeur sur l’existence d’éléments pouvant présenter des risques de vulnérabilité pour la personne à habiliter. »  En entreprise, il s’agit de sensibiliser le chef d’entreprise aux risques, vulnérabilités et menaces qui pèsent sur lui ou sur son organisation.
  • La procédure d’habilitation est « la procédure qui consiste à vérifier qu’une personne peut sans risque pour la défense nationale ou pour sa propre sécurité, connaître des informations ou supports protégés dans l’exercice de ses fonctions. »  En entreprise cela signifie qu’il est nécessaire pour le chef d’entreprise de désigner certaines personnes pour accéder à certaines informations de façon privilégiée ou exclusive sur certains projets.
  • La sensibilisation est « l’instruction périodiquement prodiguée aux personnes habilitées ou susceptibles d’être habilitées et destinée à leur faire prendre conscience des enjeux de la protection du secret de la défense nationale, des sanctions judiciaires et administratives encourues et de la nécessité d’appliquer les mesures de sécurité prescrites. »  En entreprise la logique est identique. Il faut effectuer des  » piqûres de rappel  » sous forme de tests d’intrusion ou de compromission pour éviter le relâchement  » naturel  » de toute personne en charge d’informations protégées.
  • Un système d’information est un « ensemble des moyens humains et matériels ayant pour finalité d’élaborer, traiter, stocker, acheminer, présenter ou détruire l’information. » En entreprise aussi la protection des informations résulte d’une approche globale centrée non seulement sur la technologie informatique mais aussi sur la prise en compte des vulnérabilités humaines et organisationnelles.
  • Le timbre est la « mention figurant sur un support d’information précisant son niveau de classification et, le cas échéant, son usage national exclusif. Le timbre possède des caractéristiques définies (dimensions, aspect). »   En entreprise, on apposera un  » cachet  » sur chaque document : confidentiel, diffusion restreinte… Seul ce timbre peut permettre de responsabiliser les salariés de l’entreprise. Sur le plan du Droit du travail, à noter que le timbre est indispensable à toute logique de sanction disciplinaire en cas de compromission du secret par des salariés.
  • La vulnérabilité est « un fait relatif à la situation d’une personne et qui amoindrit les garanties qu’elle présente en termes de protection des informations ou supports protégés. Il s’agit d’une fragilité qui peut entraîner des pressions de diverses natures et qui doit être prise en compte pour accorder avec ou sans restriction, refuser ou retirer l’accès aux informations ou supports protégés. » En entreprise, il convient d’évaluer au moment du recrutement mais aussi dans le déroulement du contrat de travail quelles sont les vulnérabilités des salariés. Cette démarche doit être compatible avec la détention d’information nomination individuelle (prescription de la CNIL) et la réalité des faits (pas de procès d’intention)..
  • On appelle zone réservée « les locaux et emplacements qui font l’objet de mesures de protection matérielle particulières et dont l’accès est réglementé et subordonné à des conditions spéciales. » En entreprise, la notion de  » zone réservée  » se matérialise à partir de zones dont l’accès est restreint. L’accès à certaines zones est alors réservé au personnel disposant d’un badge. De même, les visiteurs font l’objet d’une attention particulière. Des circuits de visite sont déterminés selon le type de visiteur et la sensibilité des informations.

    Source: Instruction générale interministérielle sur la protection du secret et des informations concernant la défense nationale et la sûreté de l’État n° 1300/SGDN/ PSE/SSD du 25 août 2003

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Les grands secrets ne sont écrits nulle part https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/les-grands-secrets-ne-sont-ecrits-nulle-part https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/les-grands-secrets-ne-sont-ecrits-nulle-part#respond Thu, 30 Oct 2008 17:32:52 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=217 Savoir plus]]> Intervention prononcée lors de la cérémonie de prestation de serment des Postiers de Bordeaux en présence de M.Fenni Directeur de la Poste le 30 octobre 2008

« Les grands secrets ne sont écrits nulle part ». Pourtant, depuis la nuit des temps l’homme a découvert les techniques lui permettant de graver, de dessiner et d’écrire… De grottes de Lascaux à la pierre de rosette, du papyrus de l’Egypte antique à l’imprimerie de Gutenberg, de la sténotypie à l’écriture numérique et ses milliards d’e-mails… La pensée profonde s’est faite message matériel , écriture mais aussi symbole.

« Les grands secrets ne sont écrits nulle part ». C’est pourquoi il a été nécessaire de protéger les secrets de la correspondance privée contre les indiscrétions, notamment celles du pouvoir politique et de l’inquisition policiére. Ce mouvement de protection de la vie privée n’a pas été spontané. Il est étroitement lié à la construction des libertés publiques et de la démocratie dans notre pays, mais cette reconnaissance du droit au secret des correspondances est aujourd’hui fragilisée par les évolutions profondes de la société.

Nous sommes dans une société de communication ou l’information circule dans des quantités exponentielles. Des milliards d’informations s’échangent par Internet, un email fait le tour du monde en 7 secondes et la quantité des informations disponibles s’accroît de façon vertigineuse. Au point même que le Professeur Di Cosmo parle  » d’infobésité  » pour caractériser cette réalité.

Nous sommes dans une démocratie pluraliste ou la transparence est devenue une référence sociale, pour ne pas dire un dogme. Aujourd’hui, tout doit être transparent. Transparence comptable des entreprises, transparence des débats parlementaires, transparence médicale…. Nous sommes dans un monde ou chacun se donne à voir : la publicité des grandes marques, le marketing des produits aux vertus imaginaires, la star académie, le loft, le blog, la web cam… On le voit bien, sous l’effet des technologies de l’information et de la communication, les frontières entre la vie privée et l’espace public s’estompent inexorablement…Les téléphones portables sonnent au restaurant, dans la rue et même dans les églises !

Et pourtant, il n’y a pas de démocratie sans  » secret « . Le libre choix démocratique repose largement sur le secret de l’isoloir qui seul garantie l’expression d’un vote  » libre et sincère « . Il n’y a pas non plus de liberté individuelle sans protection de la vie privée ; une partie de notre liberté consiste à écrire sans craindre d’être lu par des yeux indiscrets, loin de la censure et du contrôle du pouvoir.

Cette évolution de la société démocratique questionne évidemment notre cérémonie d’aujourd’hui. En effet, par la prestation solennelle du serment, vous devenez des défenseurs de la liberté des correspondances et par conséquence de la liberté d’expression et de conscience. Sentinelles aux  » avant postes « , vous devrez donc résister aux assauts de la transparence.

C’est pourquoi il existe des textes juridiques pour vous aider à garantir le secret des correspondances.

La convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 rappelle en son article 8,  » le droit au respect de la correspondance « . Au sein de l’Union européenne , le secret de la correspondance est garanti par la Directive européenne 97/66 du 15 décembre 1997 qui fait obligation aux États membres de garantir, par leur législation, la confidentialité des communications passées par la voie des télécommunications et d’interdire  » à toute autre personne que les utilisateurs, sans le consentement des utilisateurs concernés, d’écouter, d’intercepter, de stocker les communications ou de les soumettre à quelque autre moyen d’interception ou de surveillance, sauf lorsque ces activités sont légalement autorisées « .

De même, il existe un régime de sanction sévère en cas de violation du secret des correspondances. Toute atteinte aux envois de toute nature confiés au service de La Poste, détournement, destruction, ouverture, vol du contenu ou révélation du contenu, constitue non seulement une faute professionnelle d’une extrême gravité mais aussi un délit réprimé par le Code Pénal (art.226-15 et art.432-9).

En qualité de postier, vous êtes appelé à détenir des informations internes qui doivent demeurer confidentielles, qu’elles portent sur la connaissance des modes opératoires, mesures de sécurité, règles en matière de manipulation de fonds et de valeurs ou sur les données relatives aux clients (situation personnelle, adresse, colis reçus, correspondances reçues, etc.). L’utilisation de ces dernières doit être strictement limitée au bon fonctionnement des services de La Poste. Ces informations ne sauraient, en dehors des cas expressément prévus par la loi, être diffusées à l’extérieur de La Poste ou communiquées au sein de l’entreprise, à d’autres collègues postiers qui n’ont pas à en avoir connaissance, c’est la notion du besoin d’en connaître.

N’oubliez pas qu’au-delà des obligations légales du code pénal, le serment professionnel que vous allez prêter repose sur un fondement moral. Les codes, les lois et les normes ne remplaceront jamais l’éthique individuelle de chacun et de chacune. En prêtant serment, vous reconnaissez librement (le serment est un acte personnel), vous reconnaissez aussi solennellement (le serment est un acte public) que vous êtes prêts à défendre les valeurs de votre métier.

La prestation de serment est un acte capital de la vie professionnelle qui vous engage pour toute votre carrière professionnelle, au respect des devoirs et des obligations de votre fonction.

C’est pourquoi mesdames et messieurs, au-delà du code pénal, le serment fait de vous aujourd’hui les membres d’une communauté professionnelle. Votre comportement individuel engagera à présent l’institution de La Poste dans son ensemble.

C’est pourquoi mesdames et messieurs le serment professionnel comporte en lui-même un grand risque: le risque du parjure; c’est à dire d’être définitivement flétri et désigné comme un individu dépourvu de morale. Votre comportement individuel vous engage à présent sur l’honneur.

Au delà de la technicité des règles de droit, le simple citoyen que je suis vous souhaite de réussir dans cette mission essentielle puisque  » les grands secrets ne sont écrits nulle part « 


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Secrètes correspondances https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/secretes-correspondances https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/secretes-correspondances#respond Fri, 24 Oct 2008 19:25:54 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=68 Savoir plus]]> Le secret des correspondances fait partie des droits fondamentaux des personnes prévus explicitement par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Le code civil prévoit à l’article 9 que chacun a le droit au “respect de sa vie privée”. En cas de violation du secret des correspondances, l’article 226-15 du Code pénal prévoit une peine allant jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. La loi du 10 juillet 1991 a étendu cette protection à toutes les “correspondances émises par la voie des communications électroniques”, c’est-à-dire aux e-mails.
On le voit, le secret des correspondances est donc d’application large parce qu’il est une garantie essentielle des libertés individuelles. Dans le cadre du droit du travail, le juge est venu préciser l’étendue du secret des correspondances. Retenons que l’employeur ne peut jamais consulter les mails des salariés identifiés comme “personnels”, même s’il avait pris des dispositions visant à prohiber les échanges privés durant la journée de travail. Pour les échanges strictement professionnels, l’employeur dispose de plus grandes latitudes pour contrôler la réalisation effective des missions du salarié. Il pourra donc vérifier les messages professionnels des salariés sous réserve de respecter deux conditions. Premièrement, l’employeur doit avertir officiellement les représentants du personnel qu’il procédera à de tels contrôles (obligation d’information préalable). Deuxièmement, il doit user de moyens légaux qui ne soient pas démesurés par rapport aux objectifs de contrôle (obligation de proportionnalité). Le juge veillera scrupuleusement à maintenir l’équilibre entre les contrôles légitimes de l’employeur et le respect de la vie privée de chaque salarié.

Jacques Breillat

Article paru le 24-10-2008 – dans APS N°1643 – Les clefs de l’intelligence économique

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Economie de la connaissance https://jacques.breillat.fr/concepts/economie-de-la-connaissance https://jacques.breillat.fr/concepts/economie-de-la-connaissance#respond Fri, 11 Jul 2008 20:07:05 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=93 Savoir plus]]> Nous sommes entrés dans un monde de la connaissance. Cela signifie que la production de connaissances nouvelles est un facteur de puissance et de prospérité. Aujourd’hui, les connaissances s’échangent et se monnayent au niveau international. Ce profond mouvement de la “société de la connaissance” entraîne une redéfinition des règles du jeu économique.
Premièrement, nos économies développées sont devenues plus vulnérables car la connaissance immatérielle est facilement appropriable par celui qui n’a pas fait l’effort de la produire. Dans une société de la connaissance, la tentation de tricher est grande. Même les stratégies industrielles les plus sophistiquées, consistant à conserver le secret, incluent que toute avance est provisoire. Il s’agit au mieux de retarder le plus longtemps possible un pillage programmé. Deuxièmement, la connaissance s’apparente davantage à un bien de production que de consommation. Elle amorce un cycle sur lequel s’appuieront cumulativement d’autres connaissances pour se développer à leur tour. Dès lors, la découverte de quelques uns devient inévitablement un jour celle de tous. Ce phénomène cumulatif entraîne un accroissement exponentiel de la somme des connaissances. C’est pourquoi, toute tentative de stockage des données est à la fois vaine et vouée à l’échec.
La valeur de l’information ne résulte plus prioritairement dans sa détention et dans sa capitalisation, mais dans sa juste compréhension. Les experts en intelligence économique doivent savoir articuler la gestion des flux et d’information avec une prise de décision. Le chef d’entreprise doit être capable d’extraire des informations et d’analyser son marché, en fonction de ses enjeux et de ses projets. Car c’est le traitement de l’information qui est créateur de valeurs et de richesses.

Jacques Breillat

Article paru le 11-07-2008 dans APS N°1633 – Les clefs de l’intelligence économique

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Cybersurveillance des salariés https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/cybersurveillance-des-salaries https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/cybersurveillance-des-salaries#respond Tue, 25 Mar 2008 20:26:59 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=105 Savoir plus]]> Les technologies de l’information et de la communication donnent parfois lieu à des abus de la part des salariés : consultation de sites Internet “douteux”, téléchargements illicites, diffusion d’informations confidentielles, importation de virus… La liste est longue des risques associés à Internet. Face à ces risques, l’employeur peut être légitimement tenté de cybersurveiller les salariés pour sanctionner les abus éventuels. Mais il faut être prudent car la Cour de Cassation a indiqué dans son arrêt NIKON du 2 octobre 2001 que “le salarié a droit, même au temps et au lieu de travail, au respect de sa vie privée, celle-ci impliquant en particulier le secret des correspondances”. Autrement dit, pas question pour un employeur de fouiller dans les mails d’un salarié pour prouver une faute de ce dernier.
Pour valablement contrôler les salariés, il faut donc satisfaire au respect de la vie privée en justifiant de l’emploi de moyens de contrôle “proportionnés” au but recherché et en consultant les instances représentatives du personnel. Il est conseillé de fixer les obligations des salariés dans une Charte d’utilisation des systèmes d’information intégré au règlement intérieur. On n’oubliera pas aussi de prévenir la CNIL pour la déclaration des fichiers. L’intelligence économique “défensive” requiert de protéger les savoir-faire et les informations stratégiques de l’entreprise. Les équipes doivent prendre conscience de la valeur économique des informations. Pour autant, on ne peut pas faire n’importe quoi en matière de cybersurveillance.

Jacques Breillat

Article paru le 25-04-2008 dans APS N°1622 – Les clefs de l’ntelligence économique

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De la supériorité de l’informel https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/de-la-superiorite-de-l%e2%80%99informel https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/de-la-superiorite-de-l%e2%80%99informel#respond Fri, 11 May 2007 22:17:36 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=147 Savoir plus]]> Parmi la masse d’informations économiques en circulation, on distingue les informations dites “formelles” des informations dites “informelles”. Les sources d’informations formelles sont toujours inscrites sur un support qu’il soit papier, filmographique ou informatique. Entre la presse spécialisée, la télévision, la radio, les banques de données, les brevets, les informations légales et les études publiées… Le chef d’entreprise n’aura donc que l’embarras du choix.En revanche, l’accès aux sources “informelles” est plus problématique. En matière informelle, le décideur économique doit être “pro actif” en interrogeant des concurrents, des partenaires ou des fournisseurs. Ainsi, on pourra se rendre dans des colloques, des congrès ou des salons. Certains feront jouer leurs réseaux personnels pour obtenir la bonne information au bon moment. D’autres iront jusqu’à organiser des entretiens de recrutement pour débriefer les cadres de la concurrence. L’imagination est ici sans limite, mais attention !En intelligence économique, le renseignement humain demeure une activité délicate. On prétend que “les grands secrets ne sont écrits nulle part”. Pour cette raison, la collecte d’informations informelles offre indéniablement une valeur ajoutée bien supérieure à celle des informations formelles. Elle n’est pas pour autant sans risque. Le chef d’entreprise devra agir avec méthode, tact et discrétion en restant dans un cadre strictement légal.

Jacques Breillat
Article paru le 11-05-2007 dans APS N°1578 – Les clefs de l’Intelligence Economique

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