Information – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr Le blog de Jacques Breillat Sun, 28 Oct 2012 11:32:32 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 https://jacques.breillat.fr/wp-content/uploads/2009/02/cropped-jb1-32x32.jpg Information – Intelligence économique, Information et Influence… https://jacques.breillat.fr 32 32 Créer de la valeur : exploiter l’information https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/creer-de-la-valeur-exploiter-l%e2%80%99information https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/creer-de-la-valeur-exploiter-l%e2%80%99information#respond Tue, 06 Nov 2012 11:33:02 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2966 Savoir plus]]> Les spécialistes d’intelligence économique parlent couramment du cycle de l’information, cycle de la veille ou du cycle du renseignement. Ils caractérisent ainsi une approche en quatre étapes : définir les besoins de l’entreprise, collecter, exploiter et diffuser l’information. Chaque étape comporte ses propres facteurs de succès.

La phase de définition des besoins se réalise à partir d’un diagnostic stratégique sur le positionnement de l’entreprise (matrice SWOT, PESTEL…). On mesure le besoin d’informations nécessaires pour préparer une décision ou conforter un projet opérationnel. Cela revient à se poser ces questions triviales : « Qu’est-ce que je veux savoir ? », « Qu’est-ce que je dois savoir ? ». Simultanément, on s’interroge sur la topographie des sources, pour définir en amont les zones les plus propices aux résultats. La phase de collecte consiste à rechercher de l’information sur le terrain, en mobilisant les canaux et capteurs de l’entreprise : archives, web, presse spécialisée, entretien avec des fournisseurs, salon professionnel… Cette phase d’investigation est généralement exaltante. Elle repose sur la traque, l’investigation et la mobilisation des réseaux humains. Après l’euphorisante recherche d’information, la phase de l’exploitation s’avérera la plus aride et exigeante. Désormais, il s’agit de valider, traiter, analyser et synthétiser les informations recueillies. Pour cela, il faut les recouper afin savoir si elles sont fiables et crédibles. C’est un travail laborieux, durant lequel l’expert doit écarter toute forme de préjugé, s’attacher aux faits significatifs, dissocier l’essentiel de l’accidentel, ne pas faire de déduction hâtive… La posture de l’analyste implique une prise de distance et de hauteur. L’exploitation est aussi la phase la plus créatrice de valeur car elle donne du sens aux données recueillies en les objectivant et les contextualisant. La dernière phase consiste à diffuser l’information à la bonne personne et au bon moment. C’est une phase de communication active vers les destinataires (comité de direction, groupe de projet…) et vers la mémoire de l’entreprise (capitalisation sur l’intranet).

On mesure ainsi les efforts que doivent réaliser les organisations, avant de pouvoir éclairer la prise de décision, prévenir les menaces et saisir les opportunités. C’est pourquoi l’intelligence économique n’est jamais un processus spontané.

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La notion d’information utile est-elle utilisable ? https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/la-notion-d%e2%80%99information-utile-est-elle-utilisable https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/la-notion-d%e2%80%99information-utile-est-elle-utilisable#respond Mon, 08 Oct 2012 10:15:06 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2936 Savoir plus]]> L’intelligence économique est souvent définie comme « la maitrise et la protection des informations stratégiques utiles aux décideurs publics et privés ». Personnellement, j’ai toujours eu beaucoup de d’interrogations par rapport à cette notion d’information « stratégique utile ».

En amont du processus stratégique, nous avons effectivement besoin d’éclairer la prise de décision. Parmi le flot d’informations  collationnées, certaines vont alors nourrir directement la prise de décision et d’autres seront écartées comme non signifiantes.  La plupart des informations ne prendront de la valeur qu’au terme d’un cycle de comparaison et de mise en perspective. Reconnaissons alors simplement qu’en amont, aucune information n’est « en soi » et « pour soi » jamais donnée comme stratégique. Elle ne pourra le devenir que par un processus de révélation,  à l’issue d’une  laborieuse phase de traitement et d’analyse par des experts.

Si nous nous situons sur le plan opérationnel, cette notion « d’information utile » ne nous éclaire pas vraiment beaucoup plus. Une information ne sera souvent considérée comme utile à un décideur, que si elle s’avère mobilisable. La labellisation de l’utilité d’une information reviendrait tautologiquement à reconnaitre a posteriori comme utile, toute information utilisable et utilisée par le décideur. Ce serait oublier que certaine informations utiles sont peuvent être négligées et passer inaperçues. Leur niveau de pertinence et leur valeur de signal faible sont carrément sous-estimés. Un filtre décisionnel n’est jamais infaillible. Il subit des altérations en fonction des effets de groupe, de la prégnance des stéréotypes, de la rigidité des schèmes culturels et des distorsions de perceptions. Et lorsque des informations utiles sont découvertes, il est parfois trop tard. Dans l’action, il s’agit toujours de donner la bonne information, à la bonne personne et au bon moment.

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Management stratégique de l’information https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/management-strategique-de-linformation https://jacques.breillat.fr/veille-strategique/management-strategique-de-linformation#respond Mon, 23 Jan 2012 11:22:47 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2798 Savoir plus]]> Dans ses travaux de 2003, le professeur Fayard démontre que le cycle consistant à définir des besoins stratégiques, collecter, traiter, analyser et diffuser l’information est un mouvement itératif et presque sans fin.  Dans notre société de la connaissance, « les informations, au même titre que le temps, ne peuvent pas plus être arrêtées par une main que l’eau d’une rivière ». C’est pourquoi la valeur intrinsèque et stratégique d’une information pour une entreprise « se situe plus dans le flux que dans le stock ». Finalement, l’information n’a aucune valeur statique, en elle-même ou pour elle-même. C’est bien dans l’échange qu’elle va vivre, se transformer et prendre sens pour les acteurs économiques.
Contrairement aux idées reçues, l’information ne se dégrade pas dans l’échange. La contextualisation et la temporalité sont essentielles. L’information doit être transmise à la bonne personne au bon moment pour prendre de la valeur. Elle inscrit son intelligibilité dans le cadre d’un projet ou d’une séquence stratégique. Et l’utilisateur ultime doit pouvoir se l’approprier pour prendre des décisions. Au final, c’est ce qui différencie le chef d’entreprise du bibliothécaire. Les experts appellent cela le management stratégique de l’information.

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Les amis de mes amis… https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/les-amis-de-mes-amis https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/les-amis-de-mes-amis#respond Fri, 24 Sep 2010 07:00:44 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2333 Savoir plus]]> Les conclusions d’une étude du cabinet Sophos de 2009, auprès de 500 entreprises françaises, montrent que 72% des firmes estiment que le comportement de leurs salariés sur les réseaux sociaux peut « mettre en danger la sécurité de leur activité ». Cette étude confirme que les réseaux sociaux sont devenus « l’un des principaux vecteurs pour la fuite de données et le vol d’identifiants » (article sur ZDNet). Des études similaires menées aux Etats-Unis par Proofpoint vont dans le même sens. Même si l’e-mail reste le principal vecteur de fuites de données confidentielles, 25% des entreprises interrogées enquêtent sur la divulgation d’informations confidentielles causées par des messages laissés sur des blogs, des sites de discussions et des réseaux sociaux (article disponible en anglais).

Une expérience récente menée par Bitdefender auprès d’un échantillon de 2000 personnes utilisatrices (toutes professions confondues) des réseaux sociaux consistait à soumettre une « friend request » (« une jeune femme blonde de 21 ans » qui demandait à « devenir ton amie »). Les résultats révèlent que 86% des usagers ayant accepté la demande de cette amie « test » travaillaient dans le secteur des technologies de l’information. La principale justification invoquée pour accepter cette demande était que « c’est une personne charmante » pour 53% des personnes interrogées… Après une demi-heure de test, 10% des utilisateurs ayant accepté la demande communiquaient des informations personnelles comme leur adresse et numéro de téléphone. Deux heures plus tard, 73% commençaient à révéler des informations de nature confidentielle : projet de nouvelles technologies, projets en développement, plans et stratégies (cf. l’article en anglais, sur BitDefender.com).

Ces conclusions montrent que si le Web social permet aux entreprises des détecter des opportunités, il est aussi un facteur de menaces pour le patrimoine informationnel. Autrement dit, les amis de mes amis ne sont pas toujours mes amis…

Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 24/09/2010

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Ne pas tout dire à tout le monde, tout le temps… https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/ne-pas-tout-dire-a-tout-le-monde-tout-le-temps https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/ne-pas-tout-dire-a-tout-le-monde-tout-le-temps#respond Fri, 10 Sep 2010 08:00:07 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=2312 Savoir plus]]> A l’heure du Web 2.0, l’entreprise « ne peut pas ne pas communiquer ». Pour être compétitive, elle doit avoir des relations avec ses clients, ses fournisseurs, ses partenaires, et plus généralement avec l’ensemble des parties prenantes. Cela signifie qu’un filet de protection sur la communication externe des informations ne saurait avoir pour conséquence de transformer littéralement l’entreprise en « cage de Faraday ». La démarche méthodique de protection des informations reposera avant tout sur une posture intermédiaire, mesurée et équilibrée, c’est-à-dire « sans fausse naïveté, ni paranoïa ». Elle consistera notamment à inventorier le patrimoine immatériel de l’organisation pour pointer les informations les plus importantes. Elle permettra de déterminer la valeur propre de chaque information pour fixer des priorités de protection sur certaines d’entre elles. La protection ne peut être « chirurgicale ».

Une fois réalisée cette phase de marquage des informations à valeur ajoutée (on parle de classification), l’entreprise devra adopter une organisation et des procédures internes permettant de détecter d’éventuelles attaques extérieures ou des compromissions des informations sensibles (mise en place de veille, réalisation des tests d’intrusion…). Cette démarche de management de l’information stratégique consiste donc à inclure la sécurité de l’information dans le processus décisionnel. Elle revient à résoudre une équation simple : « Comment ne pas tout dire, à tout le monde, tout le temps ».

Article paru dans la rubrique Les Clés de l’IE, APS, 10/09/2010

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Collecte d’informations par Internet : utiliser le Dublin Core https://jacques.breillat.fr/methode/collecte-information-internet-dublin-core https://jacques.breillat.fr/methode/collecte-information-internet-dublin-core#respond Sat, 22 Aug 2009 08:00:39 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=1525 Savoir plus]]> Chercher sur Internet est une chose, trouver en est une autre… Face à la quantité exponentielle de documents et à la grande variété de contenus (sons, textes, données chiffrées, podcast, images…), le traqueur d’informations sur Internet doit désormais savoir utiliser des méthodes de segmentation permettant de sélectionner le type de fichier recherché. Les spécialistes considèrent que cette démarche de segmentation doit s’appuyer sur « l’interopérabilité structurelle des métadonnées », c’est-à-dire sur l’existence de dénominations et de standards permettant de trier les sources avec pertinence (voir en ce sens Gilles Balmisse, La recherche d’information en entreprise, ed.Lavoisier, 2007, p.76 et suiv.). Au sein de ces standards, la norme de Dublin Core présente 15 éléments utiles faisant l’objet d’un certain consensus.

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L’utilisateur expérimenté de Google pourra aisément retranscrire ces éléments du Dublin Core dans la formulation de requêtes. Il utilisera notamment les fonctions « Recherche avancée » (langue, format, titre…) pour préciser ses questions. Dans un second temps, l’analyse des « propriétés » de chaque fichier (date, type…) et une rapide investigation sur les auteurs (publicateurs, contributeurs…) permettront d’évaluer la pertinence des sources ainsi collectées.

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Gestion de l’information : risquer le partage https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/gestion-de-linformation-risquer-le-partage https://jacques.breillat.fr/protection_des_informations/gestion-de-linformation-risquer-le-partage#respond Mon, 03 Aug 2009 08:00:15 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=1508 Savoir plus]]> L’information est désormais au centre de la vie des entreprises. L’information « opérationnelle » fournit de précieux indicateurs de gestion (tableaux de bord, procédures qualité…) et permet d’enrichir le management de projet (conquête de nouveaux marchés, lancement de nouveaux produits…). L’information stratégique aide à définir les avantages concurrentiels et à assurer la compétitivité des entreprises à long terme (positionnement stratégique). Si nous prenons une image, pour toute organisation l’information est donc à la fois un carburant (c’est-à-dire un moyen) et une étoile (c’est-à-dire un objectif).

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C’est pourquoi les processus de valorisation de l’information sont devenus particulièrement complexes.  La réussite d’un projet tient souvent à la capacité d’échange au sein des équipes. La société du savoir encourage la synergie des compétences, et notamment la  « fertilisation croisée » fondée sur des échanges pluridisciplinaires. Inversement, le partage des connaissances augmente considérablement les risques de  « fuites ». L’information peut alors échoir à des personnes non habilitées à en connaître, à des personnes mal intentionnées et même à des concurrents. Il existe donc bien un paradoxe de l’échange informationnel : « l’information est valorisée si elle est échangée, mais plus elle est échangée, plus elle risque de profiter à des parties extérieures concurrentes de l’entreprise » (O.Hassid, La gestion des risques, Dunod, 2008, p.21).

Le management des risques en entreprises ne peut donc plus faire l’impasse sur l’émergence des risques informationnels. Dans un contexte marqué par le développement du Web 2.0, des démarches collaboratives et participatives, la prise en compte du risque informationnel est devenue incontournable. Une telle démarche nécessite à la fois de formaliser des protocoles d’échange (dans le cadre de la gestion de projet, d’une charte Internet…) et de définir le niveau d’habilitation des acteurs en fonction des besoins d’en connaître (procédure de cloisonnement). Quelques questions basiques à se poser : « Qui aura accès à l’information ? » ; « A quel moment ? » ; « Pourquoi ? ». Il convient d’articuler la circulation des flux d’information en transversalité pour déterminer les logiques de destination. Selon ce principe : « On ne peut pas dire tout, à tout le monde, tout le temps »…

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Evaluer ses sources https://jacques.breillat.fr/methode/evaluer-ses-sources https://jacques.breillat.fr/methode/evaluer-ses-sources#comments Fri, 24 Jul 2009 08:01:34 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=1482 Savoir plus]]> Les spécialistes de l’Intelligence économique (IE) sont confrontés à une difficulté majeure : « Comment évaluer la pertinence et la crédibilité d’une source ? ». En effet, il convient d’adopter systématiquement un recul critique sur toute information recueillie. Cette posture s’impose lorsque l’on travaille sur Internet, car le meilleur côtoie le pire… D’un côté, on trouvera le point de vue scientifique de l’expert ou l’étude de marché réalisée dans les règles de l’art. De l’autre, l’opinion du quidam, la rumeur (Hoax) et le mauvais exposé du mauvais étudiant…

Par rapport à l’évaluation des sources, on pourra commencer par analyser les qualités intrinsèques du document recueilli. Des éléments comme la date, l’auteur ou l’organisation peuvent fournir de précieuses indications.

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On peut ensuite utiliser une échelle issue du renseignement consistant à « coter » la source et à évaluer l’information. La source qui délivre l’information est-elle a priori : fiable (A), sérieuse (B), assez fiable (C), pas toujours fiable (D) ? L’information recueillie est-elle : sûre (1), probable (2), vraisemblable (3), douteuse (4) ? En croisant ces deux indicateurs, on peut ainsi discriminer et dissocier les informations. Par exemple, le point de vue de l’expert sera noté (A,1) car la source est fiable et l’information plutôt sûre.

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Pour autant, quelle que soit la méthode, il existe deux limites. Premièrement, on peut toujours passer « à côté » d’une information capitale et ne pas voir un « signal faible » annonciateur de bouleversements stratégiques. Deuxièmement, on peut accorder une importance excessive à une information fausse et se laisser « intoxiquer »… Voilà qui doit inviter les spécialistes de l’IE à toujours faire preuve d’humilité.

Article paru dans « Les clés de l’Intelligence économique »,
APS, vendredi 24 juillet 2009

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S’informer pour prospecter https://jacques.breillat.fr/renseignement-commercial/sinformer-pour-prospecter https://jacques.breillat.fr/renseignement-commercial/sinformer-pour-prospecter#respond Fri, 05 Jun 2009 07:19:45 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=1301 Savoir plus]]> L’information est souvent la clef de l’avantage concurrentiel. Elle peut notamment rendre les équipes commerciales plus compétitives et faciliter la prospection de clientèles nouvelles. En effet, la compétition forte entre les produits et les services entraîne un nivellement et une certaine indifférenciation des offres commerciales. Dans ce contexte, la connaissance de la cible commerciale s’avère déterminante et incontournable.

Plus le commercial connaît l’entreprise cliente, plus il est à même de formuler une proposition adaptée. En comprenant mieux les orientations d’un marché clé, le commercial peut définir des cycles d’achat pour peser au moment le plus opportun. L’équipe de vente a donc besoin de disposer de moyens de collectes d’informations commerciales. Certaines entreprises ont compris l’avantage décisif qu’elles peuvent tirer d’un couplage entre des tableaux de bord d’information et des pratiques de gestion  des connaissances (knowledge management).  Elles présentent ainsi les informations en tenant compte du profil de chaque commercial afin de rendre l’information intelligible et utile sur le plan opérationnel.

Pour tout commercial, il est vital de disposer de « la bonne information, au bon moment » afin d’identifier ses cibles, de brosser des propositions réalistes et de conclure des affaires. Les règles du démarchage ont profondément changé. Dans une société de l’information comme la nôtre, l’information est devenue une richesse et une source de valeur ajoutée.

Article paru dans la revue APS, « Les clés de l’IE »

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« Incentives » et Intelligence économique (1/2) https://jacques.breillat.fr/knowledge-management/incentives-et-intelligence-economique-12 https://jacques.breillat.fr/knowledge-management/incentives-et-intelligence-economique-12#respond Tue, 05 May 2009 18:23:59 +0000 http://jacques.breillat.fr/?p=1281 Savoir plus]]> Les incentives sont des actions qui ont pour finalité de motiver les équipes de l’entreprise en changeant radicalement de cadre et de décor pour permettre au personnel de se ressourcer. Cette logique managériale d’origine anglo-saxonne est fondée sur l’idée qu’il n’y a pas que le salaire qui permette de « remobiliser les troupes », et qu’en plaçant les équipes dans une ambiance différente on peut faire naître des relations humaines nouvelles. Parce qu’elle touche directement à l’humain, la démarche incentive peut devenir un excellent vecteur d’installation, de propagation et d’accélération pour la démarche d’Intelligence économique.

En matière de motivation des équipes, chaque manager doit mener une double réflexion, à la fois sur lui-même et sur ses collaborateurs. D’une part, il doit se pencher sur sa propre motivation. Cette auto-analyse un peu « narcissique » l’amènera à se poser les « bonnes questions » : « Pourquoi conduire cette démarche d’intelligence économique ? » ; « En quoi est-elle importante pour l’entreprise ? » ; « Quels sont nos objectifs à court et moyen terme ? » ; « Qu’est ce que je veux savoir ? » ; « Qu’est ce que je dois savoir ? »…

L’ensemble de ces questions basiques est en prise directe et articulé avec le projet de l’entreprise, c’est-à-dire avec sa stratégie et son positionnement dans l’environnement concurrentiel. D’autre part, le manager doit aussi se pencher sur la façon de stimuler la motivation de ses collaborateurs. « Comment les faire adhérer à la démarche d’IE ? » ; « Comment encourager la collecte et la remontée d’informations ? » ; « Comment les amener à travailler en transversalité, c’est-à-dire dépasser les réflexes trop individualistes et les cloisonnements trop rigides ? » ; « Pourquoi alimenter la dynamique d’intelligence économique de l’entreprise ? » ; « Qu’est-ce que cela rapporte à l’individu et/ou au collectif ? ». Bien sûr, dans la pratique, les deux aspects sont intimement liés, car un manager démotivé ou qui ne partagerait pas les informations avec ses équipes serait finalement un manager démotivant. Sur ce point, il faut essayer de faire la part des choses entre le « dit » et le « non-dit ». En effet, j’ai rencontré à plusieurs reprises des managers qui disaient explicitement vouloir échanger de l’information, et qui se plaignaient du peu d’engouement des collaborateurs à nourrir le processus d’IE. En fait, en analysant précisément les pratiques, j’ai pu constater que ces managers étaient de véritables « puits sans fond ». Ils ne renvoyaient jamais d’informations à leurs équipes. Sans même s’en rendre compte, de tels managers stérilisaient par leur attitude le cycle de l’information, car une simple règle de réciprocité s’impose. Pourquoi partagerais-je l’information que je possède avec  quelqu’un qui ne partage rien et qui ne dit jamais « merci » ? Le mécanisme psychologique d’accaparement qui consiste à considérer que « ce qui est à vous est à nous » mais que « ce qui est à nous est à moi » ne mène nulle part en IE.  Pour être crédible et susciter l’adhésion, le manager doit se conformer à une certaine « règle d’exemplarité ».

Mais même motivé pour mettre en place une dynamique d’IE, la bonne volonté seule ne suffit pas à implémenter durablement le processus d’IE.  A l’instar de la veille stratégique, la démarche d’IE est un processus « continu et itératif ». Il n’est pas suffisant d’amorcer ce processus, il faut aussi l’entretenir dans le temps en stimulant tous les vecteurs humains et techniques de collecte. A l’image de la la noria, la remontée d’informations doit elle-même alimenter en permanence la collecte d’informations nouvelles. Sinon, la source va lentement et inexorablement se tarir et la roue va s’arrêter de tourner…

Pour parvenir à ces fins, les managers doivent savoir communiquer, responsabiliser, orchestrer et entretenir un climat de confiance (suite à venir).

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